24 Heures

09.04.2009

Coco cola

tuKola Le régime cubain, tout révolutionnaire qu’il soit, ne constitue pas, à mon sens, un exemple à suivre.

Même si, en quarante années, le niveau de vie, les conditions sanitaires et le degré de scolarisation ont fait des énormes bonds en avant, il n’en demeure pas moins que Cuba emprisonne ses prisonniers politiques, ses délinquants d’opinion, ses journalistes critiques et ses syndicalistes.

Par ailleurs, la peine de mort y est toujours en vigueur. La dernière exécution capitale a envoyé dans les limbes trois jeunes cubains accusés de terrorisme parce qu’ils avaient détourné un bateau pour fuir l’île …

Il n’empêche que l’embargo américain, qui perdure malgré la chute du mur de Berlin et des républiques dites socialistes, nuit gravement aux droits économiques, sociaux et culturels des résidents de l’île aux cigares.

Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet, mais ce n’est pas le centre de mon propos.

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04.04.2009

Miam, miam … beurk !

laitguigoz.jpgComme beaucoup de petits Suisses des années soixante, mes premiers contacts avec l’univers Nestlé remontent à ma plus tendre enfance : je suis un « bébé Guigoz », c’est-à-dire un petit d’homme nourri à la poudre de lait de l’entreprise gruyérienne qui allait être achetée au début des années septante par le futur mastodonte de l’agroalimentaire Nestlé.

Aujourd’hui, la marque dont le logo représente une maman (ou un papa ?) oiseau qui donne la becquée à ses petits dans le nid, ambitionne de nourrir, ou plutôt de vendre de l’alimentation à, la terre entière. L’objectif du géant et de ses quelques adversaires sur le marché de la (mal)bouffe : conquérir le monde pour le gaver des produits issus de ses usines. Et exclusivement de ses usines, sinon ce n’est pas commercialement intéressant.

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12.08.2008

Vous avez dit thé froid ?

Thé froid maisonDepuis que le rédac’ chef du Matin Bleu a cru utile de proposer une recette de chien dans son édition du 6 août dernier et qu’il a promis de récidiver suite à un articulet critique sur mon blogue, je scrute le canard bleu (pas celui des WC, celui des boîtes de la même couleur !) avec attention.

C’est ainsi qu’hier j’y ai trouvé un article, commis en collaboration avec Bon à Savoir, traitant des thés froids du commerce. Un article «conso» qui, à juste titre, fait remarquer que l’on y trouve beaucoup de sucre (jusqu’à l’équivalent de 20 morceaux par litre) ou des édulcorants et de la caféine. Soit dit en passant, la théine est de la caféine.

Tout cela n’est pas très nouveau et j’ai personnellement l’impression que, chaque année, nous avons droit au même genre d’articles. Mais cela n’empêche pas les Suisses d’être en troisième position des pays consommateurs de thé froid après le Japon et Taiwan.

Tout cela n’empêche pas les mamans et les papas de se ringuer, en moyenne et par tête de pipe, 25 litres de thé froid par année. Tout cela n’empêche pas les buveurs de ce breuvage de s’enfiler du sucre, des édulcorants artificiels et de la caféine. Tout cela n’empêche pas les gens de remplir leurs poubelles de briques de carton qui de tétraédriques sont devenues parallélépipédiques mais toujours revêtue d’une couche d’aluminium et de polyéthylène.

Bref tout cela ne nous empêche pas d’acheter une version préfabriquée d’une boisson que l’on peut très bien se faire soi-même à moindre coût et avec une facilité stupéfiante.

C’est à l’occasion d’une visite d’amis et de leurs filles que j’ai pu m'en rendre compte. Pris à court de thé froid - il faut dire que j’en ai jamais - il m’a fallu improviser. Et vite. Un coup de Google et je tombe assez rapidement sur Sans sucre ajouté, le blog du goût tenu par Catherine Dubouloz Chantre qui nous propose une recette de thé froid simplissime.

On met le thé à infuser dans de l’eau FROIDE pendant quelques heures ou une nuit. Les proportions sont d’environ 10 g ou 2 cuillères à soupe de feuilles de thé pour 1 litre d’eau ou une belle carafe. On en met un peu plus si les feuilles de thé sont encore entières, grandes et volumineuses, un peu moins si les feuilles sont brisées et concentrées. On laisse macérer le breuvage au frigo.
On filtre après 8 à 12 heures et on utilise cette boisson comme un sirop: s’il est trop fort et trop concentré, on le rallonge avec de l’eau froide (un litre d’eau où le thé a infusé permet de faire environ 3 litres de thé froid).


Vous l’aurez compris, il ne faut surtout pas faire un thé chaud pour le laisser ensuite refroidir. Selon Catherine, cela permet de garder le thé plus longtemps, cela évite que la caféine passe en solution (cela reste à démontrer, mais c’est effectivement probable puisque la caféine est moins soluble à froid qu’à chaud) et cela évite l’amertume.

Personnellement, je recycle des bouteilles en PET que je remplis d’eau et dans lesquelles j'introduis 2 sachets de thé divers et variés, selon mon goût, un jus d’un demi citron, puis j’enfile ça une nuit au frigo. Et hop, j’obtiens du thé froid sans sucre, frais, qui étanche ma soif et en plus je ne porte pas toutes ces briques et je n’ai pas de déchets. À part deux sachets.

Le bonheur simple quoi. Merci Catherine.

28.02.2008

Mange et tais-toi !


Laile ou la cuisseLe Matin révèle aujourd’hui que les élèves du Gymnase de Morges ont décidé de boycotter la cafétéria parce qu’ils estiment que la nourriture est trop souvent «industrielle et surgelée». Notez bien qu'ils n'ont pas simplement dit «mauvaise» ou «dégueu». Pour sa part, la directrice juge la mesure de rétorsion disproportionnée.

Au Gymnase du Burier, la directrice a entendu les revendications des étudiants et a rompu le contrat avec le restaurateur mis en cause.

Dans le canard gratuit concurrent 20 minutes, Andrew Gordon, le directeur général du DSR affirme à propos des gymnasiens et par comparaison avec les étudiants des universités et les apprentis : «Ils ont un rapport différent à l’argent. Plus idéalistes, ils ont moins les pieds sur terre que les jeunes apprentis ou universitaires». Autrement dit, les gymnasiens ne connaissent rien aux réalités de la vie, ce sont de doux rêveurs complètement déconnectés du monde qui les entoure qui ont le culot de ne pas se satisfaire de ce qu'on leur sert. Qui ont l'outrecuidance de ne pas vouloir manger de la nourriture «industrielle et surgelée».

Ma maman, qui était commerçante, m'a toujours expliqué que l'on traite ses clients avec respect. Les affirmations de M. Gordon m'incitent à penser que le DSR communiquerait autrement s'il n'était pas assuré de conserver son public captif forcé de manger de la nourriture «industrielle et surgelée».

Par ailleurs, il convient de relever que le directeur général de l’entreprise de restauration sait de quoi il parle quand il parle d’idéalisme. Preuve en est les buts de la fondation DSR :

Contribuer dans les relations humaines à la promotion des principes et valeurs d'inspiration chrétienne; favoriser, en particulier par la pratique d'une saine hygiène de vie, la bonne entente entre les êtres humains et éveiller en eux la conscience de leurs devoirs individuels et sociaux, ainsi que la volonté de les pratiquer; soutenir à cet effet les oeuvres ou actions répondant à ce but, en particulier celles dont peuvent bénéficier les militaires suisses et celles émanant des fondatrices.
En matière de saine hygiène de vie et de bonne entente entre les êtres humains, il y a encore du travail.
Pour ce qui concerne le contenu des assiettes, il est probable qu’il soit plus inspiré du rata militaire que des plats de la semaine du goût.

Mais bon, je suis un idéaliste tout comme ces gymnasiens un peu trop revendicateurs qui ne veulent pas ingurgiter les bons petits plats que l'usine leur concocte.

04.08.2007

Chat l'eau perie


Eau en bouteille pour chatsParmi les saloperies que notre société de consommation essaye de nous refiler, c’est-à-dire nous obliger d’acheter, il y en a une qui dépasse de loin toutes les autres sur l’échelle de la bêtise et de l’inutilité : l’eau pour chat ! L’eau en bouteille pour chat !

Oui, vous avez bien lu, vous ne rêvez pas, on trouve maintenant dans le commerce, dans les supermarchés COOP, des bouteilles d’eau pour chat – et chien – des bouteilles d’eau, des vraies, comme celles destinées aux humains, en PET, transbahutées par camion depuis la Forêt noire, là où se trouve la source ( !), puis depuis l’Alsace, là où se trouve la société qui commercialise ces produits : Special Waters SAS.

On n’arrête pas le progrès !

Pour justifier l’achat de cette eau, la société avance :

(…) l'eau du robinet ne fera pas de mal à votre animal mais son goût et son odeur peuvent le rebuter et faire en sorte qu'il n'en boira pas beaucoup. C’est pourquoi on peut observer des animaux qui boivent dans les lacs, les flaques d’eau, ou même les bacs à plantes. Ce qui n'est pas mieux puisqu’il y a risque d'être contaminé par le virus de la leptospirose...


La menace est simple, si votre animal boit de l’eau dans la nature, il risque de choper une maladie contagieuse pour l’homme et vous la transmettre. Il est donc indispensable de lui donner de l’eau en bouteille … Ce qu’ils oublient de dire, c’est que cette maladie est surtout fréquente dans les pays … tropicaux, là où cette eau en bouteille n’est pas vendue. Ce qu’ils oublient aussi de dire, c’est que le Ministère français de la santé prévoit d’autres mesures de prévention que de donner de l’eau en bouteille à son compagnon :
Il convient d’éviter de se baigner en eau douce lorsqu’on est porteur de plaies. De plus, il faut signaler à son médecin la notion de baignade dans les deux semaines précédentes en cas de fièvre. Outre les mesures de protection individuelle, il existe une vaccination qui peut être recommandée pour les professionnels concernés par la leptospirose en fonction de l’importance de leur exposition.


Bref, il n’y a pas de raisons médicales pour donner de l’eau en bouteille à son chat ou son chien.

À part cela, ces eaux sont additionnées de tout plein de produits censés améliorer la santé de votre animal qui transforment la chose en une sorte d’alicament comme il en existe de plus en plus pour les humains. Ah ! Anthropomorphisme quand tu nous tiens ! En voici la liste :
  • de l' eau minérale naturelle, saine et contrôlée de la Forêt noire.
  • des antioxydants, 100% naturels tels que les polyphénols de raisin ou des extraits de thé vert.
  • de la Vitamine C : autre antioxydant qui renforce aussi l’effet positif des polyphénols.
  • des Fibres solubles de blé pour une meilleure digestion et assimilation de la nourriture.
  • un Polyol, diurétique naturel et reconnu pour améliorer la miction, faire fonctionner le système rénal et donc contribuer à une meilleure santé.

L’autre argument de vente, réservé aux chats, est le suivant :
le chat : c'est un buveur difficile. Il faut obligatoirement stimuler son envie de boire afin d’empêcher que la concentration urinaire augmente et que la fréquence de l’élimination urinaire diminue, facteurs majeurs de risque de formation de calculs.


On se dit alors que la société a trouvé le produit miracle qui va faire que minet va se mettre à boire comme un trou. Eh bien non, car on apprend plus loin ceci :
Water Cat® ne contient pas d’appétant pour « attirer » l’animal vers la boisson comme cela peut se trouver dans certains produits pour Animaux Domestiques.

(Vous aurez remarqué que, pour Special Waters SAS "Animaux Domestiques est un nom propre)

Bref, l’eau pour chat ou et chien ne sert à rien d’autre qu’à enrichir la société qui la produit et la distribue.

Un autre point, le nerf de la guerre : l’argent. Cette saleté pour bestiole coûte, en Suisse 1,70 francs le demi-litre ! Soit 3,40 francs le litre ou encore 1700 fois plus cher que l’eau du robinet à Lausanne !

Je laisserai la conclusion à un vétérinaire présent sur la toile : le Dr Vét. Olivier Sassot :
Que penser des boissons du commerce vendues pour les animaux ? Bière pour chiens, boissons aromatisées ou lait pour chats n'ont d'autre intérêt que d'amuser les maîtres qui acceptent d'en faire la dépense. La seule utilité de la boisson est l'eau qu'elle contient. Elle désaltère et assure l'hydratation de l'organisme. Elle compense l'évacuation d'eau par les urines et l'évaporation par le halètement. Elle permet aussi aux femelles d'allaiter leurs petits.


J’allais oublier un dernier « détail ». Si les chats et les chiens ont maintenant accès à l’eau en bouteille, beaucoup d’êtres humains ont accès à rien du tout, comme le précise l’Unicef-Suisse :
Ainsi, chaque année, plus de 1,5 millions d’enfants meurent avant l’âge de cinq ans des suites de diarrhées liées au manque d’eau. A l’échelle de la planète, 425 millions d’enfants et de jeunes vivent dans des ménages sans eau potable. Plus de 980 millions de mineurs n’ont pas d’installations sanitaires à disposition.

14.07.2007

L’agriculture contractuelle en Suisse romande


Les Jardins du FlonPour fêter dignement le jour anniversaire de la prise de la Bastille de la Révolution de nos voisins français, j'ai bien envie de vous inciter à commencer une révolution alimentaire.

 

Vous en avez assez de manger des légumes qui viennent de l’autre bout du monde, parfois en avion. Vous préférez faire vivre des producteurs de votre région plutôt que de donner vos sous à Migroop. Vous attachez de l’importance à la manière selon laquelle les produits que vous mangez sont cultivés et aux conditions de travail de celles et ceux qui cultivent «votre» jardin. À l’occasion, vous auriez bien envie de faire connaissance, en plein champ, avec les carottes, les pommes de terre ou les melons qui finiront dans votre estomac.

 

Alors, l’agriculture contractuelle est faite pour vous.

 

Voici une liste non exhaustive des associations et coopératives qui proposent cette forme d’agriculture de proximité soutenue par le syndicat Uniterre.