24 Heures

07.11.2009

Un autre nMBA

creepy.jpgAlors que les autorités, les milieux artistiques, les défenseurs du patrimoine, du paysage ou du service public se sont copieusement entredéchirés sur la localisation et le statut du nouveau Musée des beaux-arts vaudois, une discrète structure artistique fomentait dans le plus grand secret une révolution culturelle.

Donald s’est donné pour but « l'organisation d'expositions d’artistes contemporains dans des lieux inédits et la production d'éditions et de multiples en séries limitées ».

Cette structure artistique a été crée en 2004 par Robin Michel et Elise Gagnebin-de Bons. Actuellement elle occupe, elle habite plutôt, un minuscule espace dans une vitrine accrochée à l’une des colonnes situées en face de l’ancien cinéma Atlantique à la rue Saint-Pierre 4 à Lausanne.

Cet espace artistique accueille actuellement un festival d’interventions « gore » mis sur pied par Virginie Morillo. Ainsi, depuis le 23 octobre et jusqu’au 1er janvier prochain, on pourra découvrir, en plein centre ville et en pleine rue, les réalisations des cinq artistes invités.

Un concept, certes miniature, mais ouvert et accessible à tous. L’art dans la rue, que demander de plus ?

Quoi de plus ? Cela me semble évident : une tripotée de vitrines du même type, de taille variée - et pourquoi pas des grandes ? – disséminées dans la ville, juste histoire de faire venir l’art à l’Homme, plutôt que de s’entêter à traîner, parfois de manière très artificielle, l’Homme à l’art.

Un musée des beaux-arts de rue, donc. Une ville musée à ciel ouvert et un joli pied de nez à ceux qui veulent absolument transformer Lausanne en centre commercial à ciel ouvert.

Merci Donald.

02.09.2009

Muséothérapie

Slogan Nuit des musées 2009Vous prenez les musées lausannois, une ou deux agences de « com » et d’événementiel, la Banque cantonale vaudoise, vous mettez le tout dans un shaker, vous agitez vigoureusement pendant plusieurs minutes et vous obtenez un cocktail explosif, un concept branché, follement hype et tendance dont tout l’état d’esprit se résume en un seul slogan :

« Sortez de la crise, entrez dans vos musées »

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29.04.2009

Hélas, Emile …

Hélas, Emile... répétitionsQuand une metteuse en scène monte un spectacle à partir des textes d’une autrice dont le rêve a été d’écrire un livre sur une grande cause, comme la mort des forêts, et qui n’a écrit que sur les relations entre les femmes et les hommes, cela donne « Hélas, Emile … ».

Amélie Plume, l’autrice genevoise dont la metteuse en scène Evelyne Knecht a digéré, décortiqué, découpé puis remonté et assemblé six romans et une pièce de théâtre (rien que ça !) pour en faire un spectacle d’une heure vingt, a peut-être bien écrit sur une grande cause, ou du moins sur une cause éternelle : l’homme, la femme et le couple.

Grâce aux relations privilégiées que j’entretiens avec l’outrecuidante metteuse en scène qui a eu le culot de hacher menu l’œuvre d’Amélie pour en faire « plus que du Plume », comme le dit elle-même l’autrice, je peux vous affirmer qu’elle nous a concocté un spectacle d’excellente tenue dans lequel il y a matière à rires et à réflexions. Les premiers facilitant les secondes, même s’ils sont parfois un peu jaunes. Pas de prise de tête donc, juste des évidences, presque des banalités, qui, judicieusement présentées permettent d'amorcer des débats intérieurs salutaires.

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19.04.2009

« La peinture est ma thérapie »

I am sick - sybz [asf]Il y a une dizaine de jour, le radical Pierre Maudet, le Monsieur Propre de Genève, se lançait dans une guerre sans pitié contre les tags et les graffitis. Ce genre de combat, perdu d’avance, à moins d’utiliser des moyens disproportionnés, a déjà été mené à Lausanne par son clone lausannois Olivier Français. Une opération qui a connu un succès modéré : il n’y a qu’à regarder les murs de la ville pour s’en rendre compte.

Toujours est-il que les magistrats libéroradicaux se sont jetés, à quelque 8 ans d’intervalle, dans une croisade – essentiellement médiatique – contre ce qu’ils considèrent comme des actes majeurs d’incivilités : le graffiti et le tag.

Pour les élus genevois et lausannois, les tags et les graffitis sont des manifestations de «microdélinquance» et correspondent à des «souillures» et des «pollutions visuelles» qui renforcent le «sentiment d’insécurité». Fichtre, la situation est désespérée ! Dans un célèbre préavis datant de 2001, la Municipalité de Lausanne faisait d’ailleurs un joli amalgame entre l’état déplorable de certains WC de la ville, leur usage comme local d’injection, le lavage de la voirie et le graff.

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22.12.2008

Acharnement muséologique

entreeMBA.jpgMoins d’un mois après la votation populaire sur le projet de nouveau Musée des beaux-arts au bord du lac à Bellerive, Yvette Jaggi revient sur les causes de son refus par le peuple.

Parallèlement, l’Institut M.I.S. Trend publie les résultats d’une enquête portant les raisons qui ont poussé les Vaudois Lausannois à refuser le projet Ying-Yang.

Selon le sondage, la cause principale de refus est la localisation du musée sur les bords du lac. Il semblerait même que les sondés préfèrent un musée au centre ville et plus particulièrement à Rumine.

Voilà qui est intéressant, car ces résultats corroborent assez exactement les raisons mises en avant par le comité référendaire «Pas au bord du lac».

Ce qui est encore plus intéressant, c’est l’analyse que l’ancienne Syndique de Lausanne fait de cet échec. Une analyse que 24 Heures publie sur la même page et dont il fait sa «Une» et son «Point fort».

En exergue, Yvette Jaggi affirme «Une copie conforme au projet de Bellerive serait mortelle.» On ne peut que lui donner raison, mais pouvait-elle dire autre chose ? Bien évidemment non, mais – car il y a un «mais» – elle n’en est pas très loin.

C’est en tout cas le sentiment que suscite son affirmation selon laquelle le projet de Bellerive réunissait, «coïncidence rare» – sous-entendu qui ne se renouvellera peut-être pas ou plus – toutes les missions d’un tel musée : missions de conservation, de recherche, d’éducation, de divertissement et économique.

Un peu plus loin, la présidente de la fondation suisse pour la culture Pro Helvetia, avance que «Peut-être que l’emplacement n’était pas fédérateur. Mais un objet culturel, on le rend fédérateur.» Pourquoi ce «peut-être» ? Ce projet n’était pas fédérateur, qu’on se le dise ! Et que signifie ce «on le rend fédérateur» ?

La réponse se trouve quelques lignes plus avant : «Je suis persuadée que seule la conviction emporte la conviction.» Que faut-il comprendre par là ? Qu’il aurait été possible de faire avaler la pilule aux Vaudois si le comité pro Bellerive avait trouvé l’oiseau rare capable de leur faire prendre des vessies pour des lanternes ? Que l’échec est une question de forme et pas de fond ?

Je m’interroge et je trouve un élément de réponse un peu plus loin, lorsque Mme Jaggi s’exprime sur la question de savoir qui doit piloter un nouveau projet : «Il faut que quelqu’un l’incarne, et que cela se sache, se perçoive. Il faut communiquer du fond de l’âme.»

On ne parle plus de musée, ni de culture, on ne parle de communication. Tout est question d’emballage et de mise en scène. De la pure technique de vente. La même que celle utilisée par une célèbre marque de machine à laver qui tente d’incarner ses produits au travers d’une ancienne joueuse de tennis.

Et moi qui croyais naïvement que pour faire aboutir un projet et pour le vendre (!), il fallait qu’il soit bon. Pas excellent, simplement et modestement bon !

Pour la fin de son interview, l’ancienne magistrate socialiste résume cette technique de vente en une phrase qui en dit long : «Pour mener à bien certains projets, il faut de la conviction, de la sincérité, mais aussi de la ruse et du culot.»

Elle a juste oublié les moyens, qui n’ont d’ailleurs pas manqué, à moins qu’ils soient l’expression actuelle de la conviction et de la sincérité. Quant à la ruse, il semble probable que les Vaudois soient assez malins pour la déjouer. Une aptitude dont il faudra tenir compte la prochaine fois.

17.11.2008

Musée des beaux-arts : la chronique de Jacques Poget

Ce billet sera sans doute le plus court de l'histoire de ce blogue, du moins pour un moment.
Il faut dire que la chronique de Jacques Poget dans Les Matinales sur Espace 2 se suffit à elle-même.
C'était samedi dernier, la voici.

13.11.2008

Notre patrimoine caché

Burnand "Le paysan"Moi qui croyais que les partisans du Musée de beaux-arts à Bellerive étaient des pseudos-intellectuels-bobos-blings-blings-bétonneurs-avides-de-retombées-touristico-économiques, j’en suis pour mes frais …

Je me suis complètement trompé et j’en ai honte !

Tout au contraire, ce sont de sympathiques et joyeux drilles à l’esprit joueur et primesautier.

Jugez plutôt : en page 2 du tout ménage de l’Association «Un Musée pour tous les Vaudois» - allez, avec le lien, je ne suis pas chien - on peut lire cette phrase visant à inciter les citoyens à glisser un «oui» dans l’urne : «Pour enfin admirer notre patrimoine caché.»

Juste en dessous, pour illustrer ce propos, on trouve la photographie d’une toile d’Eugène Burnand, Le paysan, censée être enfouie dans les tréfonds de l’actuel Musée des beaux-arts.

C’est grâce à cette oeuvre que nos amis de «oui-au-musée» nous donnent l’occasion d’apprécier toute la finesse de leur esprit facétieux.

Ils nous proposent une sorte de partie de cache-cache artistique des plus amusantes : découvrir les œuvres cachées, non pas dans les caves du Musée des beaux-arts, mais aux quatre coins du canton !

Eh oui, l’œuvre cachée n’est pas cachée !
Elle est exposée depuis 17 ans au Musée Burnand à Moudon et on peut la voir !
Si, si, on peut la voir avec ses yeux, pour de vrai.

Ajoutons que cette toile appartient à la Confédération, qu’elle fait partie de la Collection Gottfried Keller et que la Confédération l’a mise en dépôt auprès du Musée des beaux arts de Lausanne qui l'a placée à Moudon.

Sacrés plaisantins !
Jouer à cache-cache avec le patrimoine, voilà une forme de culture vivante qui me plaît bien.

À moins que … à moins que ceux qui ont eu la bonne idée de placer cette photo dans ce tout ménage aient oublié que cette toile se trouvait au Musée Burnand.

À moins que M. Fibicher ait oublié que l’œuvre confiée au Musée des beaux-arts avait été remise aux bons soins du Musée Burnand de Moudon.

C’est pas pour dire, mais moi, si j’étais un généreux donateur, un conservateur qui ne sait plus trop où sont les chefs-d’oeuvre du «patrimoine à partager» qu’on lui confie, ça ne me rassurerait pas …

04.09.2008

Guinguette de la Résistance 2008

Affichette de la Guinguette de la Résistance 2008La politique, c'est bien, mais la fête aussi. C'est pourquoi la section lausannoise du POP & Gauche en mouvement organise chaque année la «Guinguette de la Résistance» sur l'esplanade de la Cathédrale à Lausanne.

Cette année elle aura lieu samedi 6 septembre prochain dès 18 heures, avec au menu - culturel - Os Minhotos et Sabor Latino. Pour en savoir plus sur les premiers, un groupe folklorique portugais, je vous propose un article de Diane Gilliard.

Os Minhotos, sur un rythme à trois temps

Le groupe folklorique portugais Os Minhotos est un habitué des fêtes de la Fourmi rouge à Renens. Cette année, il vient à Lausanne chanter et danser pour la Guinguette de Résistance. Palmira Mendes et Florbella Teixeira racontent comment est né et a perduré ce groupe fondé il y a 35 ans par des travailleurs portugais saisonniers.

Le Minho, c'est une région au nord du Portugal, tout près de l'Espagne. Os Minhotos, c'est un groupe de musique et de danses populaires de cette région, fondé par des migrants de la première génération. C'était vers 1974, juste après la Révolution des œillets qui a renversé la dictature et mis fin à l'occupation coloniale du Portugal en Afrique australe et en Guinée-Bissao. Regroupés dans l'Association démocratique des travailleurs portugais émigrants de Lausanne (ADTPEL), ils ont été quelques-uns à fonder un groupe musical et de danse, pour supporter la séparation d'avec leur famille et sentir encore un peu le pays.

En ce temps-là, les travailleurs ne pouvaient être que saisonniers, et ils étaient nombreux à travailler dans le bâtiment. C'est en écoutant les musiques du pays qu'ils ont appris à chanter, danser, jouer de l'accordéon et des autres instruments, sans partition, tout à l'oreille! Certains compagnons d'origine sont partis, mais aujourd'hui encore, l'accordéoniste de l'orchestre est un des fondateurs. Il est accompagné de joueurs de tambourins, de planches qu'on racle avec un bâton, de petites guitares portugaises qui ressemblent au ukulélé des Hawaïens. En tout, l'orchestre compte une vingtaine de musiciens, dont deux chanteuses et un chœur.

Leur répertoire, comme dans beaucoup de musiques populaires, c'est l'expression dansée et chantée des travaux des champs: la cueillette du maïs, les moissons, mais aussi les histoires d'amour et de séduction. Tout cela se danse en couple, sur un rythme à trois temps, comme la valse. Composé de jeunes gens qui souvent ont commencé à danser quasiment au berceau, amenés par leurs parents, Os Minhotos tient beaucoup, aujourd'hui encore, à ses «Enfantines»: vingt-cinq enfants de 4 à 12 ans, qui font généralement l'ouverture des spectacles du groupe. Ensuite viennent les adultes, huit à dix couples de danseurs.

Le groupe compte environ une soixantaine de personnes, Portugaises et Portugais de la région de Lausanne. Aujourd'hui, ce sont les enfants des fondateurs qui animent Os Minhotos. Ils y sont venus, amenés tout enfants par leurs parents, dès que les pères saisonniers obtenaient un permis de séjour. Palmira Mendes et Florbella Teixeira ont repris le flambeau de la tradition; pour baigner encore dans leur culture, retrouver ce qu'elles appellent «une vraie famille» le vendredi soir, consacré toute l'année aux répétitions. Elles y sont arrivées à 12 ans et ont fait tout le parcours du groupe des «Enfantines» aux grands. À peine ont-elles pris quelque distance à l'adolescence avant de revenir …

Aujourd'hui, l'ADTPEL existe toujours, mais subit l'érosion de la vie associative qui frappe nombre d'associations. Seuls restent actifs les membres qui font partie du groupe folklorique ou s'intéressent au football. Il n'empêche: les deux jeunes femmes responsables aujourd'hui de Os Minhotos continuent à trouver important de venir danser et chanter pour une cause de gauche!

Diane Gilliard

23.08.2008

Musée des beaux-arts : coup de grâce présidentiel

Pas au bord du lacSi certains pays connaissent la «grâce présidentielle», c’est-à-dire un pouvoir conféré au président de certains états d’annuler ou d’alléger une peine. Depuis hier, le canton de Vaud vient peut-être d’être le théâtre du premier «coup de grâce présidentiel».

C’est en tout cas l’impression que donnent les propos du radical Pascal Broulis, président du Conseil d’Etat, lorsqu’il se confie aux journalistes Jérôme Cachin et Michaël Rodriguez à propos du futur (?) nouveau Musée des beaux-arts (nMBA) de Bellerive. Le conseiller d’Etat estime que le projet architectural s’apparente à un «acte manqué» et considère que les partisans du projet ne devraient pas trop insister sur sa localisation «au bord du lac» du musée.

Autrement dit, ni le contenant, ni l'emplacement ne conviennent. Dans ces conditions que reste-t-il au projet de nMBA à Bellerive ?

La réponse présidentielle est claire : ce sera un fantastique outil de promotion économique. Un outil de promotion économique ?

Et moi qui croyais que l’on parlait d’art et de culture.

Pour la petite histoire, rappelons que, selon le Vulgaris médical, un acte manqué est «un acte d'apparence illogique, traduisant un désir inconscient, refoulé, exprimé de façon involontaire (par exemple le lapsus). C’est en quelque sorte la révélation involontaire de ce que le sujet ne peut pas exprimer consciemment.» L’encyclopédie ajoute plus loin : «L'acte manqué traduit un ou des échecs, des ratés du comportement qui sont susceptibles de révéler un conflit inconscient.»

Tout un programme en somme.

Le missile envoyé par Pascal Broulis n’a pas l’air, lui, d’être un acte manqué et, surtout, tombe à pic ou très mal, c'est selon, après les déclarations Pierre Keller, un autre radical, qui avouait le 30 juillet dernier à Michaël Rodriguez : «Je suis pour ce projet de musée - comme directeur d’une école d’art, je ne peux pas être contre. Mais je n’ai jamais caché que je n’étais pas totalement pour cette architecture. Le projet a été mal emmanché par l’architecte cantonal et la cheffe des affaires culturelles.»
Il termine sa confession en ajoutant «La mobilisation en faveur du musée est trop pâle et à être trop pâle, on risque de pâtir au verdict. Ce serait vraiment dommage, parce qu’on mérite un musée.»

Quant à Pascal Broulis, il affirme que «Si c’est non, le gouvernement reproposera un nouveau projet.»

Bilan de l’été radical, ou du moins du président du Conseil d’Etat et du directeur de l’Ecole cantonal d’art de Lausanne, en ce qui concerne l’objet nMBA : une architecture pas terrible, une localisation à n’évoquer qu’à mi-voix, un enthousiasme mitigé autour du projet, l’existence d’un plan B et la seule véritable nécessité : un musée.

C’est à se demander s’il ne faudrait pas inviter ces deux-là à faire partie du comité référendaire «Pas au bord du lac» et à leur proposer de rejoindre le Collectif pour un «Grand Rumine» !

09.07.2008

Feu rouge pour l’implantation à Bellerive du Musée cantonal des Beaux-Arts

Musée à BelleriveLe comité référendaire opposé à la construction à Bellerive du nouveau musée des Beaux-Arts a réuni 17’709 signatures, qui sont maintenant transmises aux communes pour validation avant d’être déposées officiellement à la chancellerie cantonale.

Le 18 juin dernier, le Conseil d’Etat, se basant sur une absence de décision des tribunaux de tout niveau sur le fond, proclamait : «Feu vert pour l’implantation du nouveau musée des Beaux-Arts à Bellerive», faisant mine d’ignorer la collecte de signatures en cours. Avec l’aboutissement de la demande de référendum, c’est bien face à un feu rouge que le projet se trouve placé. Le peuple vaudois devrait être appelé à se prononcer le 30 novembre prochain.

La volonté de préserver les rives du lac et de conserver au centre de la ville les activités culturelles ont été les motifs principaux de la plupart des signataires. La démesure du projet autorisé par le plan d’affectation, qui a pu être récemment comparé à l’ancien centre de tri postal de Lausanne, a permis de mettre en doute les montages visuels présentés par les promoteurs du projet de Bellerive. Bien des citoyens redoutent les conséquences financières de l’investissement prévu, sachant que, en parallèle, de nombreux autres millions devront être consacrés à la modernisation du Palais de Rumine. Les diverses «dérogations» légales que s’est indûment octroyé l’Etat ont choqué tous les citoyens qui se conforment à la loi. L’ambiguïté du soutien financier mixte Etat-sponsors, et le changement du statut du Musée cantonal qui en découlerait, ont aussi suscité des signatures.

Enfin la très large ouverture du comité référendaire à toutes les formations politiques, à diverses personnalités du monde culturel et de la défense de l’environnement, complète l’explication du succès de cette demande de référendum, sans oublier la participation très active des citoyens dans la collecte des signatures.

Le comité référendaire se réjouit de l’occasion offerte au peuple vaudois de se prononcer démocratiquement sur l’avenir du Musée cantonal des Beaux-Arts.

D'après le communiqué de presse du comité référendaire.


  • Crédit image : dessin emprunté espièglement à Burki.

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