30.11.2009
Le pyromane Freysinger fait de l’auto-allumage
Que l’initiative visant à interdire la construction des minarets ait aggloméré la peur des uns et la haine des autres ne fait aucun doute. Malheureusement pour les promoteurs de cette initiative – l’UDC tant bien que mal camouflée derrière un comité paravent dans lequel on ne trouve presque que des UDC – un succès équivaut à un apaisement des peurs des premiers et au tarissement d’une source de succès des seconds.
Une sorte de calme après la tempête. Un calme confirmé par la retenue et la modération de la Coordination des organisations islamiques en Suisse (COIS) qui se dit «surprise» et «déçue» par le résultat de la votation.
Tout le problème pour les fachos de l’UDC est donc de maintenir la machine infernale en mouvement afin qu'elle puisse continuer à véhiculer ses messages de haine et leur donner la plus large audience.
07:18 Publié dans Droits populaires | Lien permanent | Commentaires (81) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : freysinger, haine, incitation, islam, minaret, peur, votation
07.10.2009
Affiches à l’affiche
Bien évidemment, les affiches de l’UDC sont depuis longtemps maintenant des chefs-d’œuvre de provocation malsaine. Des affiches qui essaient, et souvent réussissent, à emporter une partie de la population dans le tourbillon pervers du racisme, de l’exclusion, de l’intolérance et de la haine.
Dans la campagne pour l’initiative visant à interdire la construction de minarets en Suisse, l’UDC, qui ne l’aurait pas lancée, mais qui, bien évidemment la soutient, a sorti l’artillerie lourde habituelle : dessins simplistes, évocateurs, percutants efficaces.
Rien de nouveau sous le soleil voilé par les volutes nauséabondes udcéiennes de ce début d’automne : comme le dit très justement un publiciste dans Le Temps «c’est de l’islam de comptoir». Cette simplification à outrance de la publicité politique est une constante dans les partis populistes et l’UDC n’y échappe pas. Au contraire, elle y excelle et elle cultive cette compétence qui semble bien être la seule qu’elle possède.
13:35 Publié dans Droits populaires | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : affiche, exclusion, haine, initiative, interdiction, islam, minaret
01.07.2009
Soutenons les Iraniens
Voici, en version brute de coffrage, l'appel lancé initialement par soutenons-les-iraniens.fr et relayé par soutenons-les-iraniens.ch. Un appel que, bien évidemment, je vous engage à signer.
Ainsi, ces millions de manifestants ne seraient que «poussière» selon le président sortant Ahmadinejad ? Ainsi, son propre peuple n'existerait pas ? Par son coup de force électoral, le régime des mollahs décrète l'infaillibilité d'un pouvoir théocratique prétendûment supérieur aux choix rationnels des citoyens.
En interdisant les manifestations, en censurant les médias, en procédant à des arrestations massives et arbitraires, en coupant les moyens de communication, il cherche le pourrissement avant l'affrontement. Le mouvement populaire pacifique des Iraniens peut marquer le début d'une nouvelle ère en Iran qui voit le peuple revendiquer la démocratie. Nous voulons lui dire que le monde le regarde en admirant son courage.
- Nous demandons la libération de tout-e-s les manifestant-e-s arrêté-e-s
- Nous demandons le respect du droit des journalistes de rendre compte librement des évènements en cours
- Nous demandons l'arrêt des violences sur les manifestants
- Nous demandons la cessation des tirs meurtriers
13:54 Publié dans Droits populaires | Lien permanent | Commentaires (86) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ahmadinejad, appel, arrestation, iran, iranien, manifestation, mollah
03.05.2009
La police lausannoise roule les mécaniques
Le bilan de l’opération policière menée dans le cadre de la manifestation du 1er mai a de quoi faire sourire : des cagoules et quelques dizaines d’œufs remplis de peinture*. Tu parles d’armes de destruction massive !
La police lausannoise avait pour objectif d’extraire – comme on extrait une dent cariée ? – les « autonomes » du « bloc révolutionnaire » avant qu’ils ne puissent agir de quelque manière que ce soit. Selon mes informations, la police aurait annoncé cette intention à la direction de la manifestation au départ à Saint-François. Cette dernière n’aurait rien trouvé à redire : qui ne dit mot consent.
00:53 Publié dans Droits populaires | Lien permanent | Commentaires (35) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 1er mai, arrestation, autonome, code-barres, fichage, fiche, manifestation
21.02.2009
Dur apprentissage du militantisme
Je ne sais pas trop de quand date la dernière initiative populaire radicale dans le canton de Vaud, mais une chose est certaine, je ne me souviens pas avoir vu des militants de ce parti battre le pavé lausannois pour obtenir les précieux paraphes.
Cela n’empêche pas que, par une belle journée d’automne 2008, des membres du Parti radical lausannois et de la coalition Lausannensemble s’élançaient dans les rues de Lausanne pour recueillir les huit mille et des poussières signatures nécessaires à soumettre au peuple leur volonté de supprimer le fameux impôt sur les divertissements. Un impôt prélevé sur les billets d’entrée des manifestations sportives et culturelles qui rapporte bon an mal an un peu plus de 5 millions à la ville de Lausanne.
19:18 Publié dans Droits populaires | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : divertissement, gilles meystre, impôt, initiative populaire, michael drieberg, pierre-antoine hildbrand
14.10.2008
Démocratique le PRD, vraiment ?
Il y a maintenant longtemps que l’on sait que l’UDC n’est plus un parti du centre, tant s’en faut. Ces derniers temps, on est en train de s’apercevoir que le Parti radical démocratique n’a bientôt plus de démocratique que le nom. Les deux évolutions ne sont d’ailleurs peut-être pas indépendantes l’une de l’autre.
Il est bien loin le temps – plus d’un siècle - où l’aile gauche du Parti radical, qui, depuis se les est faite rogner, revendiquait une extension de la démocratie directe.
Aujourd’hui, l’heure n’est plus à la promotion des droits démocratiques, mais à leur limitation. Il y a, à ma connaissance, au moins deux éléments tangibles de cette tentative de rationner des droits que nul autre ne conteste.
Premier exemple, qui va d’ailleurs nous conduire aux urnes le 30 novembre prochain, l’exclusion du droit de recours des associations en matière de protection de l’environnement et d’aménagement du territoire. Un excellent article d'Alex Dépraz y étant consacré sur Domaine Public, je ne m’étendrai pas d’avantage.
Le second exemple, et pas des moindres, est cette tentative du secrétaire politique du Parti radical démocratique vaudois de discréditer les partis politiques et les syndicats qui ont lancé le double référendum fiscal dans le canton de Vaud.
Pour le secrétaire politique, lancer un référendum est une «prise d’otage». Vous vous rendez compte : assimiler l’usage d’un droit politique à une prise d’otage donc à un acte terroriste !
Et le monsieur de justifier : «Les députés ont tranché: discussions terminées!»
C’est le pauvre Henry Druey, guide spirituel des Radicaux vaudois, qui doit se retourner dans sa tombe, lui qui avait soutenu, à la veille de la révolution, une Constitution plus démocratique, qui prévoyait le suffrage universel – masculin -, le référendum obligatoire en matière constitutionnelle et qui allait être à l’origine du droit d’initiative en matière constitutionnelle et législative et avait même proposé l’impôt progressif !
Non content de sombrer dans la métaphore terroriste, le petit secrétaire du grand et vieux parti se vautre dans la métaphore révolutionnaire et affirme : «Les adeptes du Grand soir ont frappé : ils lancent deux référendums.» À croire qu’il confond guillotines et stylos !
Si ce discours outrancier n’est pas du boniment, c’est que le PRD est devenu un parti populiste d’extrême-droite.
15:03 Publié dans Droits populaires | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : démocratie, droit de recours, fiscalité, prdv, radicaux, référendum
08.10.2008
Se réunir à l’heure d’Internet ?
En mai dernier, je commettais un petit billet dénonçant la marchandisation de l’espace public que constitue la transformation des salles de réunions des cantons et de vignerons de la gare de Lausanne en bureaux et commerces.
Entre-temps, l’association «Libérez la parole» s’est activée et a lancé une pétition qui a recueilli plus de 1400 signatures. Cette pétition a été remise hier au président du Conseil communal de Lausanne.
Non contente de s’investir en utilisant les moyens démocratiques à sa disposition, l’association a mis sur pied une conférence-débat public qui aura lieu demain jeudi 9 octobre à 20h00 à la Salle des Vignerons de la gare CFF de Lausanne.
Cette causerie permettra de poser, et de tenter de répondre, à une question un peu provocatrice : faut-il conserver des salles de réunions à l’heure d’Internet ?
Organiser un débat public dans une salle de réunion pour parler de tout cela est probablement déjà un élément de réponse.
Cette conférence-débat sera animée par des contributions de l’urbaniste Pascal Amphoux, de l’écrivain et chroniqueur Christophe Gallaz et du sociologue Olivier Glassey.
Entrée évidemment gratuite et ouverte à tous.
11:22 Publié dans Droits populaires | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cantons, cff, gare, réunion, salle, vignerons
01.06.2008
La baffe
Le parti du bouc a fait campagne avec une affiche nauséabonde montrant des mains supposées voler des passeports. Une campagne menée à coup de millions qui ne l’aura pas protégé d’une autre main, celle du «Peuple Souverain» qu’il vient de se prendre en pleine figure.
C’est ainsi, les citoyens et les citoyennes suisses ne veulent de naturalisations à la tête du client, ils ne veulent pas d’une naturalisation sur catalogue, ils ne veulent pas céder à la peur et à la xénophobie, ils ne veulent pas des recettes simplistes et populistes de l’UDC.
Mieux, dans le canton de Vaud, comme probablement dans beaucoup d’autres cantons, l’initiative de l’UDC obtient un score inférieur à celui du parti géniteur lors des récentes élections fédérales. La signification de ce résultat est claire, même les électeurs de l’UDC n’ont pas voulu de cette initiative aux relents écoeurants.
Voilà un excellent dimanche qui se termine sur une bonne claque aux mauvaises odeurs !
Et pendant ce temps le parti du bouc essaye de noyer le poisson de son échec en procédant à l’exclusion de sa conseillère fédérale et de sa section des Grisons.
- La suite dans l'émission interactive de la RSR.
- Crédit image : Juin Hoo sous licence Creative Commons.
13:35 Publié dans Droits populaires | Lien permanent | Commentaires (39) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : initiative populaire, naturalisation, udc
17.05.2008
Bas les masques ?
Personnellement, je n’ai jamais participé à une manifestation recouvert du moindre masque ou de la moindre cagoule. Il n’y a pas de quoi en être fier et encore moins d'en avoir honte. C’est comme ça, c'est mon choix.
Par contre, la loi mise en consultation par le Conseil d’Etat vaudois qui vise à interdire le port des masques et cagoules lors de certaines manifestations me laisse sceptique. Elle me laisse sceptique quant à son opportunité, à son efficacité et à sa mise en œuvre. En voici sa teneur.
Art. 17 MANIFESTATIONS
1 Lors de manifestations impliquant un usage accru du domaine public, est interdit le port :
a. de toute tenue vestimentaire ou de tout autre équipement propre à empêcher l'identification, tels que masques, cagoules, casques ou tout autre dispositif ayant pour effet de dissimuler le visage,
b. de tout objet propre à porter atteinte à l'intégrité corporelle ou à causer un dommage matériel, notamment les objets piquants, tranchants, contondants, explosibles ou projetant des substances.
2 La Police cantonale peut autoriser des exceptions en rapport avec le but de la manifestation.
3 Le matériel porté ou utilisé en violation de l'interdiction peut être séquestré par la Police cantonale.
4 Quiconque contrevient au présent article est passible de l'amende.
5 La négligence, la tentative et la complicité sont punissables.
Première remarque : dans son exposé des motifs, le Conseil d’Etat «part du constat que les perturbateurs visés ont pour usage de se dissimuler le visage avant de passer à l'action». La photo ci-contre qui a été prise lors de la manifestation «anti-Blocher» du 18 septembre dernier est là pour illustrer mes doutes à propos de ce constat. Mon expérience personnelle me montre aussi que certains n’hésitent pas, dans le feu de l’action, à se laisser aller, masqué ou non.
Deuxième remarque : si ce constat est valable, le travail de la police est grandement simplifié. D’un point de vue tactique, il suffit d’avoir à l’œil celles et ceux qui portent un masque pour pouvoir les cueillir à la première incartade. Pourquoi dans ces conditions vouloir interdire le port de ces stigmates révélateurs et se priver d’un indice permettant de mieux cibler l’action policière ?
Toujours du point de vue tactique, interdire le port de masques, de cagoules, de foulards, de lunettes à soleil, de perruques, de nez rouges … - la liste sera difficile à établir – risque bien de se révéler difficile à faire respecter. En effet, que fera la police à la vue de manifestants plus ou moins masqués ? Les arrêtera-t-elle sur le champ avec le risque de mettre le feu aux poudres sans raison ? C’est en tout cas ce qu’a estimé le canton des Grisons qui a renoncé à cette interdiction pour éviter une escalade de la violence. Et, reconnaissons-le, le canton des Grisons sait de quoi il parle puisqu’il accueille chaque année le World Economic Forum.
Le quatrième problème a été soulevé par la Ligue Suisse des Droits de l’Homme dans sa réponse à la consultation du projet de loi genevois allant dans le même sens :
Les libertés de communication couvrent également certaines formes d’expression non verbales, lorsqu’elles sont porteuses d’un message déterminé. Il en va ainsi, par exemple, des camouflages (ATF 117 Ia 472). Par conséquent, le droit cantonal ne saurait purement et simplement interdire le port de masques. De plus, ce dernier peut correspondre à un besoin légitime de protection de la sphère intime, empêchant qu’un manifestant puisse être reconnu par son employeur. Dans une période de crise économique avec un taux de chômage élevé, ce besoin de protection est particulièrement élevé.
Pour terminer, un dernier petit détail qui ne fait qu’ajouter à mon scepticisme : pour quelle raison les manifestants devraient-ils être identifiables en tout temps alors que les forces de police engagée lors de manifestations sont dispensées du port de leur numéro de matricule ?
- Crédit image : photographie empruntée pacifiquement à ©Keystone.
11:56 Publié dans Droits populaires | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cagoule, interdiction, loi, manifestation, masque, police
12.05.2008
Vous avez dit « marchandisation de l’espace public » ?
Depuis le 1er janvier 1999, date à laquelle les CFF sont devenus une société anonyme de droit public, j’ai le sentiment que nos Chemins de fer fédéraux sont sur la mauvaise voie et qu’ils investissent plus d’énergie à gérer leur parc immobilier qu’à développer des transports ferroviaires efficaces et accessibles.
Preuve en est cette dernière lubie qui consiste à transformer des salles de réunions d’utilité publique en bureaux et commerces. Par cette opération, les CFF visent à « rentabiliser » les espaces occupés par la Salle des Vignerons et la Salle des Cantons de la Gare de Lausanne.
Ces deux salles, idéalement situées et financièrement abordables, ont accueilli des réunions d’associations, de sociétés et de collectifs de tous les bords : des réunions des syndicats de la fonction publique au City management en passant par l’UDC et le POP & Gauche en mouvement.
Consacrer ces espaces, dont le plus grand peut accueillir jusqu’à 300 personnes, à la déesse économie constitue donc une perte sèche pour la vie démocratique, associative et politique de la ville de Lausanne et du canton.
Pour toutes ces raisons, je vous invite vivement à signer et à faire signer la pétition du collectif Libérer la parole.
- Crédit photographique : Guillaume Lederrey sous licence Creative Commons.
22:22 Publié dans Droits populaires | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cff, gare, lausanne, pétition, salle des cantons, salle des vignerons

