24 Heures

05.08.2009

Bling bling : please shut up !

Qu'on les pende par les couilles en or !Dans un somptueux bureau de la banque d’investissement américaine Goldman Sachs.

Dépenser mon pognon avec discrétion ! Merde alors ! De quoi y s’mêle, Lloyd Blankfein avec ses déclarations ! Franchement… À quoi ça sert d’gagner du pognon, si c’est pour dépenser avec discrétion ?

(…)

Pi d’abord, comment j’vais faire pour dépenser mes millions avec discrétion ? C’est pas possible ! Une galette, ça se remarque, c’est pas discret !

Ou alors…

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11.02.2009

Je vous ai apporté des bonbons

merz.jpgOr donc, le grand argentier confédéral a annoncé à grand renfort de flonflons et de trompettes le deuxième (second ?) volet de son plan de relance pour terrasser l’horrible crise qui ne cesse de nous menacer.

Au menu : une injection de 700 millions dans la machine économique helvétique. Dans ces 700 millions, on trouve 390 millions de dépenses anticipées pour des infrastructures routières et ferroviaires et 310 millions de dépenses nouvelles. Qui dit dépenses anticipées dit dépenses qui auraient de toute manière été faites. Drôle de relance. Une relance à la Sarkozy qui, lui aussi, rénove tout ce qui aurait du être rénové et amélioré depuis longtemps. Mais passons …

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05.11.2008

Krach ou pas Krach ?

EconoclatseAlexandre Delaigue est un économiste qui enseigne à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr et qui a co-édité le livre Sexe, drogue... et économie. C’est surtout un économiste qui fait de réels efforts pédagogiques pour expliquer de manière compréhensible les subtilités de l’économie. C’est aussi un économiste qui me semble détonner avec l’air du temps et les affirmations de certains selon lesquelles il suffirait de quelques corrections magistrales à des personnalités - déchues - de la grande finance pour que tout aille mieux.

C’est enfin un économiste qui s’est exprimé de manière très claire dans La Liberté du 3 novembre dernier, tout comme il s’exprime simplement sur son blogue éconoclaste - L’économie pour les nuls et les autres.

Il n’est pas vraiment de gauche, c’est le moins que l’on puisse dire, mais il a des choses très intéressantes à dire. Voici quelques points forts de son interview.

Pour commencer, l’enseignant de Saint-Cyr relève que la presse s’est largement fourvoyée dans le traitement de l’actualité économico-financière de ces dernier mois : les jours de krach et de déprime se succédaient avec les jours d’envolées boursières et d’euphorie : les responsables, selon lui, la télévision et la radio qui présentent les informations boursières comme un «bulletin météo».

Par ailleurs, il relève que les milliards partis en fumée n’ont pas disparu contrairement à ce qu’affirme la presse. Pour illustrer sa position, Alexandre Delaigue s’aventure dans l’analogie suivante :

Si je vous vends 100 francs un vélo et que vous le passez sous un rouleau compresseur dans un mois. Il est parti en fumée. Les 100 francs, eux, sont toujours là, mais c’est moi qui les ai. Si quelqu’un récupère la carcasse et vous en donne 10 francs, vous avez perdu un vélo et récupéré 10 francs. Si celui qui récupère la carcasse la transforme en lampe et la revend 90 francs, il gagne 80 francs et quelqu’un a une lampe. Les 100 francs, je les ai toujours et la lampe existe. Dans cette histoire, je ne vois qu’un perdant: vous. Vous aviez 100 francs et vous n’en avez plus que 10. Aucun billet de banque n’a été brûlé ou maltraité dans cette petite histoire. L’argent n’a été que transféré.

Pour lui, la question essentielle est donc de savoir que deviendront les actifs réels cachés derrière les cours de la bourse et leur volatilité. Les sources de la crise sont plus dans la politique du crédit que dans les fluctuations parfois épidermiques du cours des actions.

Il pointe aussi du doigt le spread, c’est-à-dire la différence du taux de crédit entre l’emprunt et le prêt.

Il relève également que la presse et les politiques utilisent souvent une terminologie inappropriée ou de surface - récession, krach, rekrach – ou alors des propos rassurants ou, au contraire, pouvant créer la panique. À titre d’exemple, il affirme qui si Sarkozy ou Bush affirment que l’économie va tenir, c’est pour rassurer et éviter l’effondrement, alors qu’à l’opposé certaines entreprises licencient en prévision d’une récession qu’ils contribuent à déclencher.

Pour Delaigue, il faut «éviter l’emballement, cesser de jouer avec les courbes de la bourse et se chamailler sur qui a vu venir la crise en premier». De toute façon personne n’a vu arriver ce qui arrive : certains se sont trompés de secteur économique et ceux qui ont flairé que la bulle immobilière exploserait ont pensé que cela n’aurait aucune conséquence.

Alexandre Delaigue termine en expliquant comment, selon lui, corriger le tir : avec des réglementations prudentielles, des exigences en capital fortes qui rendraient les acteurs économiques plus fiables et des structures bancaires plus petites permettant d’éviter l’obligation de tout faire pour empêcher une grosse structure de tomber.

Selon lui, «Les grandes banques comme UBS sont des nids potentiels à problèmes.»

01.11.2008

C’est par où la vérité ?

commentaires.comD’ordinaire, Philippe Barraud, l’animateur de commentaires.com, est un chroniqueur «anti-néo-conformiste», entendez par là «rétro-conformiste», assez cohérent. Mais, depuis la crise économique mondiale. Il a tendance à perdre ses repères.

Dans un billet intitulé «Crise : l'art de jeter de l'huile sur le feu», celui qui est aussi le rédacteur en chef du magazine Tout Compte Fait, s’en prend à la classe politique – de gauche – qu’il accuse de jeter de l’huile sur le feu de la crise bancaire «alors même qu’à ce jour les Suisses n’ont pas été lésés directement par la crise financière».

Dans un autre billet, publié neuf jours plus tard, Philippe Barraud s'attaque cette fois à la RSR qu’il dénonce pour avoir engagé des chroniqueurs faisant subir leur «catéchisme gauchiste» aux auditeurs et déplore que ceux qu’il qualifie d’idéologues ne fassent pas l’effort pédagogique «[d’expliquer] ce monde compliqué qu’est la finance à des gens qui n’en sont pas familiers, mais qui vont subir de plein fouet les effets de la crise.»

Bon, alors, il faudrait savoir, les habitants de la Suisse : lésés ou pas lésés ? Si la nuance réside juste dans un effet retard, cette acrobatie intellectuelle n’est pas à l’honneur de son auteur.

Une chose est certaine en tout cas, FRC Magazine le concurrent associatif de Bon à Savoir, le partenaire consommation de Tout Compte Fait, a mis en place une plate-forme pour réunir les personnes lésées par la crise bancaire et cette plate-forme a déjà reçu plus de 300 appels de personnes qui se sont laissé refiler, parfois sans le savoir des titres pourris.

15.10.2008

Crise financière : attention au petit crédit

BANK nowS’il y en a qui doivent se frotter les mains en coulisses, ce sont bien les sociétés de crédit à la consommation ou petit crédit. Encore faut-il qu’elles aient des fonds à prêter pour pouvoir bénéficier de la manne qui se profile.

Une chose semble semble certaine : les conséquences économiques du krach d’octobre 2008 auront des retombées sur ce qu’il est convenu d’appeler maintenant «l’économie réelle», c’est-à-dire l’économie dans laquelle l’argent ne se fabrique pas tout seul, mais grâce à la sueur de ceux qui travaillent.

Ces retombées auront pour conséquences vraisemblables une stagnation des salaires et une augmentation du chômage. La France n’annonce-t-elle pas déjà 30 à 40'000 chômeurs de plus dans les prochains mois ? Même si notre ministre de l’économie se veut rassurante (méthode Coué ?) à ce propos, je serais bien étonné que la Suisse en réchappe sans y laisser quelques plumes.

Qui dit chômage et emploi en berne dit diminution des revenus. Qui dit diminution de revenu dit diminution de la consommation et qui dit diminution de la consommation dit récession. Et la spirale s’emballe. Mais comme il faut bien que la machine économique, qui postule la croissance infinie, se remette en marche, il y en a qui vont avoir tout intérêt à relancer cette fameuse croissance et la consommation qui y est la source.

C’est là qu’intervient le petit crédit. Un petit crédit que les banques et les publicitaires vont agiter comme une carotte devant le museau d’un âne pour inciter les ménages à consommer. Certains vont marcher dans la combine, parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement ou parce qu’ils ont admis une bonne fois pour toutes qu’il n’y a pas de vie sans consommation, et vont s’endetter pour de longs mois et, parfois, de courts plaisirs.

La machine économique sera fort aise de s’ébrouer à nouveau et de recommencer – poursuivre – son cirque infernal pour le plus grand bonheur des banques qui, ainsi, pourront se faire plein de blé sur le dos de ceux qui cèdent au chant des sirènes du petit crédit et qui vont le payer cher.

Et tout cela même si certains économistes conseillent d’assainir le marché du crédit à la consommation pour sortir de la crise actuelle. Un conseil très utile quand on sait qu’en novembre 2006, le Crédit Suisse, qui lançait sa nouvelle banque de prêt à la consommation - BANK-now – se désolait que «jusqu'ici, en comparaison internationale, les Suisses étaient peu enclins à s'endetter.»

Et si, à défaut de parvenir à interdire la publicité, on apposait quelques avertissements bien sentis, qui ont fait leurs preuves, sur les publicités pour le petit crédit ? Des mises en garde du style :

Le petit crédit nuit à votre santé financière et à celle de votre famille.

13.10.2008

De mur à mur

Billets de MonopolyDans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, il y a donc à peine moins de 20 ans, le Mur de Berlin tombait. C’en était fini de la dictature dans les pays de l’Est, de l’opacité et de la domination soviétique sur la moitié de l’Europe, de l’économie planifiée. En un mot c’était la fin de ce que l’on appelait le «communisme».

C’était le début de la liberté, de la transparence, de la démocratie, le retour de la paix, la réunification et la victoire de l’économie libérale et capitaliste. C’était la fin d’un système inique et l’éclatante victoire d’un autre pétri de justice, le passage d’un régime réputé insoutenable à un autre promettant des lendemains qui chantent.

Le communisme est mort, vive le capitalisme !

Le lundi, noir, 6 octobre 2008, les bourses mondiales s’effondrent et tombent en morceaux, les banques sont au bord de la faillite, les assurances aussi. Mais la domination des marchés financiers, des banques et du capitalisme se poursuit grâce à un autre mur : un mur d’opacité, un écran de fumée qui soustrait aux regards un peu trop critiques les mécanismes qui font que, du jour au lendemain, des milliers de milliards de dollars peuvent s’envoler en fumée.

Un mur sur lequel les espoirs des petits épargnants, des cotisants aux caisses de pensions, des travailleurs des banques et des secteurs qui vont s’écrouler dans la foulée de l’effondrement de la bulle des crédits viendront s’écraser.

Un mur qui continuera à protéger la totale obscurité dans laquelle les mécanismes financiers créent de l’argent fictif dont la pousse se nourrit de l’expansion échevelée de la dette, des intérêts et de la fortune des prêteurs.

Un mur totalement fissuré que les banques centrales vont colmater à grands coups de dollars allègrement puisés dans les caisses des Etats elles-mêmes alimentées par les impôts de ceux dont l’argent ne travaille pas tout seul.

Un mur qui permettra aux chacals de continuer, bien à l’abri, leur poker menteur une fois que les milliards d’argent public auront permis de stabiliser la situation et de compenser leurs actifs pourris.

Il n’y a pas de doute, il y a des murs plus solides que d’autres, surtout lorsqu’ils sont virtuels et qu’ils offrent donc moins de prises. Jusqu’à quand la grande partie de Monopoly, où le but est de ruiner l’adversaire, continuera-t-elle ?

La réponse est simple : jusqu’au jour où ceux qui ne jouent pas au Monopoly auront pris conscience qu’ils peuvent faire quelque chose et qu'ils le feront.

11.10.2008

L’argent-dette

En cette période de crise – mais oui, putain c’est la crise ! comme le dit très justement l'une de mes blogueuses préférées – certains, moi le premier, commencent à se poser des questions.

C’est quoi l’argent ? C’est quoi la dette ? C’est quoi les crédits bancaires ? Comment l’argent se crée-t-il ? Comment l’argent «travaille-t-il» tout seul ? Comment peut-il y avoir autant d’argent et autant de dette ?

Autant de bonnes questions qui trouvent quelques éléments de réponse dans un film très didactique de Paul Grignon. Un film qui permet de (re)découvrir les «fondamentaux» comme on dit de nos jours.

En guise de mise en bouche, voici une citation de l’économiste John Kenneth Galbraith : «Le processus par lequel les banques créent de l’argent est si simple que l’esprit résiste à y croire.»


L'Argent Dette de Paul Grignon (Money as Debt FR) from Bankster on Vimeo.

19.08.2008

GM liquide à tout va

M Cadillac SRX Sport cool exotic carsAlors que le groupe américain General Motors n’en finit plus de voir ses cours boursiers chuter, l’ex-géant de l’automobile annonce qu’il va renouer avec une politique qu’il s’était bien juré d’abandonner : la politique au rabais, pardon la politique du rabais.

Et pourtant, en juillet 2003, GM et Ford se rendaient compte, tout à coup, après deux années passées à relancer la vente de voitures congelée par les événements du 11 septembre 2001 à grands coups de rabais et de prêts à taux zéro, que cette politique les menait droit dans le mur.

À vouloir se chiper parmi les parts de marché, les deux mastodontes en étaient arrivés à la brillante conclusion que leurs ventes n’augmentaient pas tant que cela et que par contre leurs marges diminuaient.

GM décidait alors, en 2004, d’arrêter avec sa «logique onéreuse de promotions permanentes, lesquelles ont représenté l’an dernier en moyenne 4 000 dollars par véhicule.»

«Il ne faut jamais dire fontaine je ne boirai pas de ton eau» est une devise qui aurait dû rester présente à l’esprit du constructeur automobile car en novembre 2006, la firme remettait le couvert et se relançait dans «un nouveau programme de promotions massives.»

Un programme dont l’objectif était de stimuler la vente de 4x4 freinée en 2006 par une augmentation du prix de l’essence qui, de 2,2 $ en janvier, était passé à 3,0 $ en octobre. Les voitures se vendirent au rabais, les marges diminuèrent et GM commença à fermer des usines et, bien entendu, à licencier.

De rabais en rabais, de diminution de marge en diminution de marge, GM s’est mis dans une panade épouvantable qui s’est traduite par une chute vertigineuse de sa valeur en bourse pour atteindre sa valeur historiquement la plus basse depuis 53 ans à la mi-août.

On parle même maintenant de faillite et certains estiment que GM devrait débloquer 15 milliards de liquidités pour passer l’année 2008 et continuer à espérer que ça aille mieux en 2009.

Un problème pas très nouveau surgit : comment faire pour obtenir rapidement de l’argent liquide ? Pour GM, c’est simple, il suffit de vendre des voitures et si possible de se débarrasser des stocks de gros SUV qui n’ont plus la cote, même chez les étatsuniens. Pour faire bon poids, la firme a aussi décidé de fermer des usines de 4x4 et de vendre la fameuse marque Hummer.

Un problème demeure : comment convaincre les étatsuniens d’acheter les 4x4 dont ils ne veulent plus ?

Pas compliqué : à grands coups de rabais … comme d’habitude. Elle est pas belle la spirale économique ?

02.04.2008

De la citygrenouille au cityboeuf

La solitude du city Père NoëlLe city management : vous savez, c’est cet «organisme chargé d’assurer la promotion et le développement du commerce lausannois et d’en concrétiser l’action» financé par un impôt dégressif – comme à Obwald – qui a été imposé par le Conseil communal aux commerçants de la ville de Lausanne pour, paraît-il lutter contre le dépérissement du commerce de la ville.

Le city management, c’est la syndicalisation forcée des gros et des petits commerçants dont l’objectif est de réunir des fonds pour faire venir des chameaux en ville à Noël, des courges à Halloween et mettre sur pied des garages à mômes – des haltes-garderies – pour la fête des soldes (!) du mois de juin.

Le city mangement c’est ce concept fumeux qui recycle des idées déjà anciennes et qui coûte proportionnellement beaucoup plus cher aux petits commerçants qu’aux géants du commerce de détail.

Mais le city management, c’est aussi la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf, c’est aussi un machin qui veut mettre son nez partout. Preuves en sont les propos de Christian Masserey qui rappelait lors du traditionnel apéritif de début d’année de l’Association des commerçants de Lausanne (ACL) :

À ceux qui ne l’ont pas encore compris, [Christian Masserey] redit que le city mangement n’a pas pour seule vocation l’organisation de manifestation de quartier, il s’agit d’un concept beaucoup plus large puisqu’il doit être associé au processus de décision d’une ville notamment en en matière de mobilité, de développement économique et d’urbanisme. (Extrait de l'édifiante revue Economie Lausannoise n° 1 2008)

 

C’est clair, à ceux qui ne l’ont pas encore compris, le city management veut pouvoir décider à l’égal du conseil communal ou de la municipalité. Bref, le city mangement veut prendre une partie du pouvoir et surtout veut dépasser le cadre légal qui lui a été attribué par le conseil communal. Un cadre légal qui consiste en «contribuer à structurer le commerce de détail lausannois, à le promouvoir et à le développer», ce qui n’est pas tout à fait la même chose que de co-décider de la politique de mobilité, d’urbanisme et de développement économique.

Le city management, c’est quand même une, mais une seule, grande réussite : c’est l’étincelle qui a mis le feu aux poudres de la création de la plus grosse association de commerçants de la ville : l’association «Super City management NON MERCI!» forte de 450 membres.

Enfin, le city management, contre lequel A Gauche toute ! se bat tout seul, constitue l’occasion pour mon groupe politique et moi en particulier de se faire traiter de poujadistes. Un qualificatif qui m’a même été attribué par un ancien conseiller communal socialiste, devenu député, alors qu’il était encore président du PSL et qui est très actif dans le domaine syndical. Ce camarade m’a expliqué avec conviction qu’il préférait négocier avec les gros commerçants (les gentils) avec qui il est possible de signer des accords et des conventions collectives qu’avec une multitude de petits commerçants (les méchants) qui ne respectent rien, qui ne sont pas organisés et qui ne pensent qu'à eux.

J’ai pris bonne note.

Mais aujourd’hui, je doute de la gentillesse de ceux qui signent des conventions collectives. Il n’y a qu’à lire les propos du city manager et co-artisan de la CCT lausannoise du commerce de détail Christian Masserey :

Christian Masserey ne peut s’empêcher de rappeler que l’entrée en vigueur de la CCT à des conséquences financières pour les commerces autrement plus importantes que la taxe du city management. (Extrait de l'édifiante revue Economie Lausannoise n° 1 2008)

 

Autrement dit : commerçants arrêtez de taper sur mon city business et attaquez-vous aux conditions de travail de vos employés. En voilà un partenaire fiable !

P.S. La pétition de l’association «Super City management NON MERCI!» qui a réuni 1100 signatures de commerçants est à l'ordre du jour du conseil communal du mardi 8 avril prochain.

27.01.2008

Couchepin tue une lueur de lucidité et d’espoir à Davos


Pascal CouchepinDans le cadre des comptes-rendus journalistiques sur le Forum de Davos, une petite phrase a attiré mon attention. Une petite phrase en forme de lueur de lucidité, donc d’espoir.

Cette petite phrase émane d’un économiste indien, le professeur indien John Itty, pour qui la croissance économique n’induit pas le développement durable et qui affirme que le bien-être des gens n’a rien à voir avec la croissance.

Il faut dire que le professeur indien sait de quoi il parle puisqu’il fait référence à l’explosion de la croissance de son gigantesque pays de plus d’1 milliard d’habitants qui «a créé des millions de déplacés, vidant les campagnes et engorgeant les périphéries des villes».

Pour défendre la croissance, Pascal Couchepin, Président de la Confédération devant l’Eternel, lui a répliqué une de ces formules péremptoires dont les politiciens ont le secret:

«La stabilité, c'est la mort.»

Surprenant cet attrait soudain d’un conservateur pour le mouvement et le déséquilibre. Étonnant pour un bourgeois cette répulsion pour un monde dans lequel la stabilité économique et politique est l’un des fondements de son action politique.

Et pourtant son parti n’est pas un exemple d’adepte du mouvement et du bougisme moderne.

C’est ainsi, par exemple que, lors d’un de ses discours devant le Parti radical vaudois, il déclarait en 2003 en vantant le système politique suisse: «C’est aussi grâce à la concertation entre les partenaires sociaux et à la stabilité du système politique.»

De son côté, Fulvio Pelli, le président du Parti radical suisse annonçait quelques instants avant la non-réélection de Christoph Blocher que son parti reconduirait tous les conseillers fédéraux sortants en justifiant: «Les élections du 21 octobre ont été le reflet d'un vœu de stabilité».

Le Parti radical ne serait-il donc plus en faveur, comme il dit, d’une «politique monétaire visant la stabilité à long terme»?
Le Parti radical voudrait-il vraiment que tout bouge, de plus en plus et des plus en plus vite?
Le Parti radical veut-il vraiment remettre en cause le peu d’acquis qu’il lui reste sur l’autel de la sacro-sainte croissance infinie.

Ou alors Pascal Couchepin est-il simplement incapable de voir et de comprendre que le mythe de la croissance infinie est un fantasme qui n’a rien à voir avec le bien-être de la majorité des humains, qu’ils soient de droite, de gauche ou apolitiques?

À moins qu’il ne désire livrer en pâture la Suisse et ses habitants à quelques multinationales et à quelques richissimes investisseurs, à moins que la précarité ne soit devenu le nouveau credo des Radicaux suisses.

À moins qu’il ne prenne exemple sur son voisin qui «déstabilise plus pour gagner plus».

  • Crédit photographique : photo empruntée malicieusement, mais sans mauvaises intentions à Swiss-image.ch

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