16.11.2008
Vers un crach alimentaire
Je vous avais déjà signalé la diffusion de L’or bleu, un documentaire consacré à la problématique de l’eau et accompagné d’une fiche pédagogique.
Aujourd’hui, je récidive avec la faim dans le monde.
Un peu plus d’un mois après que les USA aient voté un plan de sauvetage de 850 milliards de dollars pour sauver la finance américaine, alors qu’il en suffirait de 30 par an pour éradiquer la faim dans le monde, cette problématique mérite bien que l’on y consacre une soirée télé. Au moins pour savoir.
Vers un crash alimentaire, un film d’Yves Billy et Richard Prost sera diffusé sur TSR 2 dimanche 16 novembre à 20h35 et lundi 17 novembre à 22h20, puis sur Arte le mardi 2 décembre à 21h00.
Bien entendu, ce documentaire est accompagné d’un dossier pédagogique avec des activités pour le secondaire I et II.
Rappelons que cette série de documentaires fait partie de la série Histoire vivante co-produite par la TSR et qu'elle fait l'objet d'un accompagnement pédagogique proposé par la Communauté de travail des oeuvres d'entraide Alliance Sud, la Fondation Education et développement et E-media.
Sur le même thème, on s'intéressera aussi au dossier d'Alliance Sud sur la faim et les agrocarburants.
16:54 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alimentation, alliance sud, arte, faim, histoire vivante, tsr
22.09.2008
L'or bleu
Un blogue, ça sert à faire part de ses opinions et réflexions, mais ça sert aussi à recevoir des informations utiles et intéressantes et surtout à les transmettre plus loin, à les partager.
C’est ainsi que j’ai reçu hier, via mon formulaire de contact, une annonce des plus intéressantes pour les enseignants comme pour toutes les personnes intéressées à la problématique mondiale de l’eau.
Le film L'or bleu (Belgique, France, 2007, 53mn, Arte / RTBF) réalisé par Damien de Pierpont sera diffusé sur Arte le samedi 27 septembre à 18h05, puis sur TSR 2 dimanche 28 septembre à 20h35 et lundi 29 septembre à 23h.
Ce documentaire analyse les questions de la gestion et de l’accès à l’eau autour de la problématique de la privatisation de l’eau en France et au Maroc.
Pour pouvoir aller plus loin que le simple visionnement de ce reportage, le projet «Actualité et éducation à la citoyenneté mondiale», a établi des fiches visant à donner aux enseignants et aux élèves* des pistes pédagogiques pour aborder cet événement d’actualité.
De manière plus générale, ce projet qui s’étendra à quatre films choisis parmi les documentaires diffusés par l’émission Histoire vivante (TSR), est le fruit d’un partenariat entre Alliance Sud, secteurs Documentation et Education, E-media, la Fondation Education et Développement, La jeunesse débat et Films pour un seul monde.
Nul doute que ce premier film et son accompagnement pédagogique saura retenir l’attention des enseignants, mais aussi d’associations telles qu’Acidus ou encore celle de Les eaux glacées du calcul égoïste.
* du Secondaire II et en Formation professionnelle (à mon avis).
- Crédit photographique : ©Need Productions.
14:26 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : arte, eau, enseignement, film, or bleu, pédagogie, rtbf
02.04.2008
Je ne veux pas devenir un indic de la brigade des stups
Pourtant c’est bien l’avenir que me réserve le député Haury avec son idée géniale – piquée au président de l’UDC valaisanne Raphaël Filliez – de confier une nouvelle mission à l’école : traquer les consommateurs de haschisch en les soumettant à des tests d’urine ou de salive.
S’il est parfaitement exact que la consommation de substances psychotropes présente des risques du point de vue de la santé et de la vie en société, il est aussi vrai que la chasse au fumeur de chichon proposée par le député écololibéré aura des conséquences sur les relations qu’entretiennent les enseignants et leurs élèves.
Pendant que certains pédagogistes, plus ou moins illuminés, veulent faire de l’enseignant une sorte de couteau suisse capable d'instiller, en plus des savoirs, des savoir-faire, des savoir-être (?) et des compétences, le député Haury veut transformer les enseignants en indicateurs de la brigade des stupéfiants. En un mot comme en cent, le maître d’école – ce fainéant qui est plus souvent en vacances qu’au travail – doit endosser tous les costumes que les uns et les autres rêvent, et parfois réussissent, à lui faire endosser : du flic au psychiatre en passant par le papa ou la maman, le gentil organisateur, l’animateur, le médiateur et j’en passe.
Dans ces conditions, comment voulez-vous que les élèves s’y retrouvent ? Comment voulez-vous qu’ils sachent à qui ils s’adressent ? Comment voulez-vous qu’ils aient la moindre confiance et le moindre respect pour cette espèce de girouette qui change de costume et de casquette à tout bout de champ ? Comment voulez-vous que nous autres enseignants puissions faire notre travail avec crédibilité si vous nous imposez en permanence votre numéro de transformiste digne d’Arturo Brachetti.
Après ce mouvement d’humeur, je préfère m’en remettre à l’excellent Jean Martin, ancien médecin cantonal, et à mon billet consacré à la proposition du valaisan chasseur d’adeptes de la fumette.
Mais, avant de quitter mon clavier j’aimerais, Monsieur Haury, vous poser une petite question qui me turlupine : si un de vos jeunes patients, écolier, vient à votre consultation avec les yeux du fumeur de beuh, que faites-vous ? Une petite prise de salive ou d’urine et un coup de fil la brigade des stups ?
- Crédit image : photographie de RoOobie sous licence Creative Commons.
20:32 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : école, cannabis, dépistage, drogue, haury, sang, urine
09.09.2007
La lettre fleuve de Sarkozy aux enseignants
Cette semaine, 850'000 enseignantes et enseignants français ont reçu la lettre envoyée par Nicolas Sarkozy, mais rédigée par Henri Guaino. Il en coûtera demi-million aux finances hexagonales.
Cette lettre, d’une longueur extrême, est fort bien écrite. Du grand art. Elle brosse le poil des enseignants dans le bon sens, elle énonce des valeurs dans lesquelles personne ne peut ne pas se reconnaître, du moins en partie. Elle enfonce des portes ouvertes et recèle de nombreux de poncifs. Tout se passe plus ou moins bien jusqu’à l’avant-dernier paragraphe où le masque tombe. Avant-dernier paragraphe, c’est-à-dire suffisamment longtemps après le début de la lettre pour que la majorité des lecteurs ait eu le temps de laisser retomber son attention. Voici ce fameux avant-dernier paragraphe et l’interprétation que j’en fais.
Dans l'école que j'appelle de mes vœux où la priorité sera accordée à la qualité sur la quantité, où il y aura moins d'heures de cours, où les moyens seront mieux employés parce que l'autonomie permettra de les gérer davantage selon les besoins, les enseignants, les professeurs seront moins nombreux. Mais ce sera la conséquence de la réforme de l'école et non le but de celle-ci. Et, je m'y engage, les moyens qui seront ainsi dégagés seront réinvestis dans l'éducation et dans la revalorisation des carrières. Il s'agit d'être plus efficace, non de rationner. Et il s'agit d'être efficace non seulement pour atteindre un objectif économique, non seulement pour que demain notre économie dispose d'une main d'œuvre bien formée, mais aussi, et peut être surtout, pour que nos enfants soient porteurs de valeurs de civilisation, pour qu'une certaine idée de la civilisation continue de vivre en eux.
En clair, les élèves auront moins d’heures de cours. Ils devront donc faire plus et mieux en moins de temps, comme leurs parents. C’est ce que l’on pourrait appeler «travailler moins pour apprendre plus». À moins que le choix ne soit de se contenter de former à l’essentiel pour que les petits Français soient juste opérationnels dans l’économie sarkozienne. Ou peut-être les deux.
Par l’autonomie de la gestion des moyens, l’égalité des chances entre les écoles et les régions sera reléguée aux oubliettes, mais la «saine concurrence» entre les établissements permettra de faire «plus avec moins».
Les enseignants seront moins nombreux et ils pourront – ou devront – appliquer à la lettre le grand principe sarkozien : «travailler plus pour gagner plus». Mais attention, comme les moyens seront «mieux employés», ils seront alloués à ceux qui le mériteront, c’est le salaire au mérite qui permettra par la même occasion de revaloriser certaines carrières en faisant payer la facture de la revalorisation à ceux qui ne le mériteront pas.
«Il s’agit d’être plus efficace, mais non de rationner», mais si d’aventure l’efficacité de la diminution du nombre d’heures de cours, l’optimisation des moyens d’enseignements et le salaire au mérite aboutissent à des économies substantielles, le président hexagonal ne s’en plaindra pas. Il n’aura pas rationné, il aura juste amélioré le fonctionnement de l’école.
L’enseignement doit être efficace pour atteindre un «objectif économique». Voilà qui est clair : l’enseignement doit fournir à l’économie de Sarko de bon petits travailleurs formés à la soumission, à la flexibilité, à la mobilité, à l’individualisme et à la consommation qui sont les «valeurs de la civilisation» ultra-libérale du président.
Un jolie et longue lettre qui se termine fort mal …
- Crédit photographique : kevinzim sous licence Creative Commons.
15:31 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



