15.04.2009

L’arroseur arrosé

Juriens.com par 24 heuresDans son édition de ce jour, 24 heures a mis la main sur une perle pas très rare : le site Internet pas très à jour d’une petite commune. Parmi d’autres, il est fait mention de celui de Juriens, un village du pied du Jura qui compte 270 habitants selon le site de l’Union des communes vaudoises (UCV).

Selon la journaliste, Juriens et d’autres communes proposent sur leur site des informations qui ne sont pas de première fraîcheur. Selon la greffe de Pomy, le site Internet n’est pas une priorité. On ne peut lui donner totalement tort …

Tout est question de forces de travail. Si l’on suppose que Juriens est aussi bien dotée que Lausanne en employés communaux, une simple règle de trois permet d’estimer leur nombre : un !

Oui, un, ou peut-être zéro ou deux, pour s’occuper de toutes les tâches dévolues à une municipalité : administration des biens de la commune, gestion du domaine public, service de la voirie, police, lutte contre le feu, greffe, contrôle des habitants et j’en passe. Dans ces conditions, on peut bien imaginer que le site ouaibe passe un peu au second plan.

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23.12.2008

Coca et les ravis

Santon "Le ravi"En ces temps de fêtes, rien n’est plus important que le commerce. Du moins pour certains.

C’est en tout cas ce que Coca-Cola Service France a dû se dire lorsqu’une idée sournoise a germé dans la tête perverse des mercaticiens.

À la base, il s’agit de taper dans un réservoir de plus en plus inépuisable : les internautes et spécialement ceux qui sont émerveillés par les vues aériennes de Google Maps.

L’idée obscène est donc la suivante : pour Noël, on va proposer à ces idiots de surfeurs de décorer virtuellement leur maison ou celles de leurs amis en leur donnant l’occasion d’y coller des loupiottes de formes variées allant du sapin à l’angelot en passant par le cœur tout en y tirant un avantage en contrepartie. Un avantage publicitaire et peut-être même en fichier de données.

L’installation de la décoration se fait en trois étapes. Premièrement préciser l’adresse sur Google Maps, deuxièmement choisir sa décoration parmi la petite dizaine proposée et troisièmement enregistrer la décoration.

Et c’est là que ça se gâte : pour enregistrer sa décoration virtuelle, la proie du marchand de boissons sucrées doit saisir son adresse email et cocher les deux options dont la première précise «J’accepte de recevoir des emails de la part de Coca-Cola» et la seconde «J’accepte que mes données personnelles soient traitées conformément aux informations sur la protection des données.»

En dessous on trouve l’explication suivante à propos de la protection des données : «L’enregistrement de l’adresse email ne sera utilisée à des fins autres que celles prévues pour l’envoi du message. Elle ne sera pas transmise à des tiers non autorisés, ni utilisée à des fins publicitaires. L’adresse sera supprimée immédiatement après l’envoi du message.»

Quel charabia !

En cochant la première case, on accepte donc de recevoir des emails alors qu’un seul suffit pour recevoir en retour le lien qui vous permettra de diffuser votre décoration de Noël au monde entier.

En cochant la deuxième case, on accepte que notre adresse email ne serve qu’à l’envoi d’un email contenant le lien permettant d’accéder directement à notre décoration virtuelle, qu’elle ne serve qu’à cela, qu’elle soit détruite immédiatement après l’envoi du message et qu’elle ne soit pas diffusée à des tiers «non autorisés».

Bref, avec tout ce blabla, on ne sait pas exactement à quoi notre adresse va servir. Difficile de faire mon clair.

Le brouillard s’épaissit encore plus, lorsque l’on clique sur le lien «Mentions légales», voilà ce qu’on peut lire : «L'utilisateur est notamment informé, conformément à l'article 27 de la loi Informatique, fichiers et libertés du 6 janvier 1978, que les informations qu'il communique en répondant s'il le souhaite aux formulaires présents sur le site sont nécessaires pour participer aux jeux présents sur le site et permettent de répondre à sa demande, et sont destinées à Coca-Cola Services France, responsable du traitement, à des fins de gestion administrative et commerciale.»

Si avec toutes ces déclarations contradictoires et approximatives Coca n’arrive pas à justifier qu’il est autorisé à utiliser nos adresses email à des fins commerciales, je veux bien boire une bouteille cul sec de son breuvage phare.

Je ne dis pas que le groupe mondialisé nous pique nos adresses email pour en faire mauvais usage (quoique), mais comme un internaute averti en vaut deux, mieux vaut être prudent et ne pas laisser traîner ses données personnelles n’importe où : un email poubelle ou une fausse adresse conviennent très bien.

Il est bien entendu aussi possible de ne pas participer à ce genre de petits jeux dont l’un des buts est de profiter de votre «temps de cerveau disponible».

P.S. Dans la tradition santonnière provençale, le ravi est le personnage attachant et un peu simplet qui accueille Jésus avec une joie simple. De nos jours, les ravis accueillent avec un air un peu benêt d’autres messies …

20.12.2008

Coup d’balai

balai.jpgIl y a ceux qui s’énervent au moindre papier gras jeté au sol et ils n’ont pas forcément tort. Il y a ceux qui hurlent au crime pour le moindre tag (à ne pas confondre avec graffiti) et ils n’ont pas totalement tort. Il y a ceux qui maugréent à chaque crotte de chien qu’ils rencontrent et ils ont raison : les petits sachets mis à disposition dans les poubelles au nom de squale ne sont pas faits pour les chiens, mais pour leurs maîtres.

Il y a ceux qui, excédés par toutes ces «incivilités», n’arrêtent pas de crier à «l’insécurité» galopante. Ceux-là ont tort, parce qu’on n’a jamais vu un papier gras, un tag ou une crotte de chien sauter à la gorge d’un passant. Ils ont surtout tort, parce que toutes ces petites discourtoisies ne sont pas grand-chose en regard des grands problèmes : la pauvreté dans le monde, la faim, les sans-papiers qui meurent noyés sur une barcasse de fortune, les salariés exploités, les … j’en passe et des pires.

Néanmoins, aujourd’hui, il y a une manifestation de manque de savoir-vivre qui commence à me gonfler sérieusement.

Et ça se passe sur la plateforme de blogues de 24 Heures qui est petit à petit envahie par des commentaires qui n’ont en fait qu’un lointain rapport avec le thème du billet.

Il ne s’agit pas ici des éternels réac qui hantent les commentaires et qui se reconnaîtront, il s’agit de marchands de soupe qui sont là pour promouvoir toutes sortes de sites, pour la plupart en anglais et toujours commerciaux. Bref des commentateurs qui dérogent à la charte des blogues et qui polluent le petit bout de toile mis à disposition par Edipresse.

Rien que ce jour, à midi pile, on comptait 16 commentaires publicitaires sur 20 dans la rubrique «Derniers commentaires». Et ça, ça m’énerve sérieusement. Je ne m’exprime pas sur les blogues de 24 Heures pour faire de la publicité, même indirecte pour des vendeurs de sonneries de téléphone, des publicitaires, des spécialistes du divorce en ligne (!) ou encore des vendeurs de batteries électroniques.

Merci à l’équipe ouaibe du canard de faire quelque chose. Un grand coup de balai s’impose. Il en va de la crédibilité de l’outil, des journaux et d’Edipresse.

14.09.2008

Sitemeter : le mieux est l’ennemi du bien

Sitemeter homepageDepuis toujours j’utilise l’outil de statistiques Sitemeter pour mes sites et mon blogue. À l’époque j’avais été séduit par l’aspect dépouillé de l'interface et par la grande simplicité d’utilisation. En plus, l’affichage des informations était très rapide et il n’y avait pas besoin de se creuser la tête longtemps pour comprendre les différentes fonctionnalités de l’outil.

Une présentation un peu spartiate, mais une facilité d’utilisation remarquable.

Tout cela est bien fini.

La nuit dernière Sitemeter a eu la bonne idée de changer complètement son interface qui est maintenant en Flash et qui est d’une lenteur désespérante. Premier mauvais point.

Le deuxième mauvais point réside dans le fait que les graphiques et les rapports sont beaucoup trop petits, voire illisibles comme dans le cas du Visit report.

Petit détail, dans les cartes de géolocalisation des visiteurs, la Suisse n’existe pas ...

Pour terminer, deux cerises sur le gâteau. La première, j’ai beau demander à Sitemeter de se rappeler mon mot de passe et de mon adresse courriel, il ne veut rien savoir, il oublie et je dois à chaque fois tout retaper.

Je me suis dit que ce n’était pas grave et que j’allais changer le mot de passe fourni par Sitemeter pour le remplacer par un dont je me souviendrai sans peine et là, horreur, rien à faire ! Non seulement il oublie le nouveau mot de passe que je lui ai appris, mais en plus il oublie celui défini par Sitemeter. Conséquence, je suis bon pour en demander un nouveau.

Bilan : une ergonomie pas terrible, une esthétique un peu meilleure, de la lenteur en plus, des problèmes de mot de passe.

Tout pour regretter l’ancienne version …

08.08.2008

Excès de vitesse de Google Maps

m2 Bessières sur Google MapsLe moins que l’on puisse dire est que Google Maps ne perd pas de temps. On pourrait même dire qu’il est en avance sur son temps ou qu’il a de l’avance sur la musique.

C’est hier, à un bout du pont Bessières à Lausanne, que j’ai eu l’occasion de m’en rendre compte. Je sortais de chez Bolliger Fleurs, un fleuriste situé tout à côté de chez moi et caché pendant de nombreux mois par les palissades de chantier du métro m2, lorsqu’un touriste muni d’un plan de la ville et d’une carte ressemblant furieusement à une Google Maps m’apostrophe pour me demander :

- Monsieur, par où on rentre dans le métro ?
- Pardon ? Mais on ne peut pas Monsieur !
- Comment on ne peut pas ! C’est bien une station de métro, mais elle est entourée de grillages ! On rentre comment ?
- On ne peut pas, le métro n’est pas encore en fonction, il n’ouvrira pas ses portes au public avant le début septembre.
- Ah bon ! Mais … pourtant, sur Google Maps, les stations sont déjà indiquées !
- Ben … c’est qu’ils sont en avance. Je suis désolé pour vous.

Sur ces entrefaites, j’ai indiqué au monsieur le chemin de la place Saint-François et lui ai conseillé de prendre le bus n°2 pour aller à Ouchy.

Manifestement, Google Maps s’est un peu précipité dans la mise à jour de ses cartes. Bon, ce n’est pas dramatique, juste un peu ennuyeux pour ceux qui croient que ce qu’ils voient sur une carte existe vraiment.

Au fait, qui est responsable de ces cartes ?

Selon le © du bas de la page, il s’agit de la société Télé Atlas qui possède une succursale en Suisse à Neuenhof. Une société un peu trop pressée pour «mon» touriste et un peu trop approximative pour avoir timidement placé la station m2 du pont Bessières en plein milieu de celui-ci alors que les entrées se trouvent à son extrémité sud-est.

Si quelqu’un de Télé Atlas passe sur ce blogue, merci de déplacer votre repère d’environ 50 m !

15.11.2007

Ainsi Fon Fon Maudet et Mugny


Boîtier FONQuand des magistrats radicaux et verts ont, ou promeuvent, de bonnes idées au bout du Lac, il n’y a pas de raison de ne pas en faire autant au milieu du Lac. Ce d’autant plus qu’un ami internaute m’a mis le pied à l’étrier en m’envoyant un petit courriel pour me signaler la chose. Mais quelle chose au fait ?

Il s’agit de la promotion du Wifi communautaire par un partenariat avec la société espagnole FON qui a mis au point un système permettant de partager sa connexion Internet. Le principe en est simple. Tout internaute disposant d’une connexion haut-débit peut y brancher un petit routeur, appelé Fonera qui permet de partager, de manière sécurisée, une partie de sa connexion Internet avec d’autres internautes faisant partie de la communauté et passant à proximité du spot (point) Wifi. En échange, celle ou celui qui met à disposition une partie de sa connexion est autorisé à se connecter sur tous les autres points FON du monde.

La ville de Genève a récemment distribué gratuitement 500 boîtiers de ce type. Elle complète ainsi la couverture Wifi institutionnelle, celle de la ville, par une couverture privée mais solidaire.

Solidarité et service public, voilà une idée qui ne pouvait que séduire un popiste qui, du coup, envoie ce jour une motion au bureau de conseil communal.

18.06.2007

Blogues et responsabilité individuelle


Copie-écran du blogue d'Isabelle MoretDans son blogue, hébergé par 24heures, la conseillère nationale vaudoise Isabelle Moret annonce dans son premier billet :
Sur mon site, j’ai décidé qu’il n’était pas possible de poster des commentaires. En effet, mon travail est avant tout celui d’une Conseillère Nationale et pas celui d’une blogueuse professionnelle. Je ne peux donc consacrer du temps à gérer par exemple les commentaires illégaux. Par contre, sur le blog du 24 heures, vous pouvez vous exprimer sans retenue, dans les limites des conditions générales du site, dont je n’assume pas la responsabilité !
J’avoue que cette entrée en matière m’a un peu surpris, voire énervé ! J’ai compris cet avertissement de la façon suivante :
Je suis une élue du peuple qui a mieux à faire que de répondre aux débats que je déclenche en publiant – gratuitement – sur la Toile, donc dans le monde entier, mes positions politiques. Je laisse donc les journalistes de la version en ligne du journal se débrouiller avec les réactions que mes écrits peuvent susciter.
Je me suis donc rendu sur la « Charte d’utilisation des blogs » et ai pu y lire ceci sous la rubrique modération :
En cas de contenus contraires de quelque manière que ce soit au droit suisse en vigueur et aux CGU, aux bonnes mœurs et à l'ordre public, l'accès et la diffusion de tout ou partie d'un blog peuvent être suspendus ou supprimés par le fournisseur du Service. Le système se base également sur le principe de la veille communautaire, soit les contenus non conformes peuvent être signalés par tout Utilisateur du Service.

Pas très clair tout ça. Qui est responsable des réactions qu’un blogue peut provoquer ? Je n’ai pas le sentiment que cette charte permette d’y répondre. Un seule chose est certaine, personnellement je me sens responsable des réactions que je peux provoquer en publiant mes opinions sur un blogue. Manifestement ce n’est pas le cas de Mme Moret, même si elle est l’élue nationale d'un parti qui prône la responsabilité individuelle.

 

Dans le cas présent, elle a opté pour la « responsabilité individuelle assistée ».

 

J’ai quand même fait une petite recherche sur la responsabilité légale du blogueur – de la blogueuse – et je n’ai pas trouvé grand chose … Néanmoins voilà ce que déclarait l'avocat Sven Engel dans un article du Journal du Jura daté du 24 mars 2007 et intitulé « La liberté de Karl par le blog » :

Celui qui ouvre un blog est responsable, pas seulement de ses propos, mais aussi des commentaires qui lui sont faits. Il doit donc éviter que ceux-ci n'enfreignent la loi.
Donc, pas si sûr que cela que Mme Moret, toute avocate au barreau qu'elle soit, puisse se contenter de refiler la patate potentiellement chaude aux e-journalistes de 24heures !