24.08.2009

Roulette libyenne

111394712_e39954fa5d_m.jpgHans-Rudolf Merz a probablement joué à la roulette russe. C’est la sale impression que me laisse le coup de force faiblesse du président de la Confédération dans l’affaire des otages suisses retenus en Libye.

L’Appenzellois donne l’impression d’avoir joué quitte ou double et d’avoir abattu sur une seule mise toutes les cartes qu'il avait dans son jeu.

Certains ont beau estimer que Merz s’est comporté comme un paysan appenzellois fraîchement descendu de son alpage qui ne connaîtrait rien à la diplomatie, son coup sera peut-être, mais seulement peut-être, fatal à l’arrogance du « frère guide ». Il est fort possible que Hans-Rudolf Merz ne soit pas un spécialiste de la diplomatie, il n’empêche que depuis le temps que la crise dure, que le Conseil fédéral reçoit des informations, des analyses, des mémos du Département fédéral des affaires étrangères et des services secrets suisses, celui qui est tout de même licencié en HEC et docteur en sciences politiques devait bien avoir une « petite » idée des conséquences possibles de ses choix.

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13.01.2009

«Tsahal» : un dérapage sémantique organisé ?

Site officiel des forces de défense israéliennesPour tout le monde, et surtout pour la presse qui en use et en abuse, «Tsahal» signifie «armée de l’Etat d’Israël». Mais qui a déjà remarqué que «Tsahal» s’écrit avec une majuscule et est utilisé sans article exactement comme s'il s'agissait d'un nom propre ?

Pourtant «Tsahal» n’est en fait qu’un acronyme dont l’origine est à rechercher du côté de l’hébreu «TSva» pour «armée», «Hagana» pour «de défense» et «LéYisraël» pour «d'Israël» ou, littéralement, «armée de défense d’Israël». Un acronyme que l’on ne se donne même plus la peine d’épeler comme «CFF» ou comme «CICR» et que l’on n’écrit plus tout en majuscules comme le veut l’usage.

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31.12.2008

Les brumes de Gaza

rafah.jpgJe ne sais pas s’il y a des brumes le matin sur Gaza, je n’y suis jamais allé. J’imagine bien par contre qu’il y a des nuages de poussière, des odeurs d'explosifs et de mort provoqués par les missiles et les obus de l’armée israélienne.

En vérité, la brume est plutôt dans mon esprit, car je vais vous faire un aveu, je ne comprends pas grand-chose à ce conflit. Oh, je sais bien qu’un blogueur, de surcroît politique, est censé avoir un avis sur tout. Eh bien ce n’est pas mon cas.

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05.10.2008

Ralph Nader : le troisième homme dont on ne parle jamais

Ralph NaderIls sont tous les deux favorables à envoyer deux ou trois brigades supplémentaires en Afghanistan. Ils prêchent l’immunité pour les compagnies téléphoniques qui ont collaboré aux écoutes illégales entreprises par l’administration Bush. Ils veulent tous les deux maintenir l’embargo à l’encontre de Cuba. L’un est contre l’assurance maladie nationale et l’autre affirme ne jamais avoir dit qu’il fallait essayer d’en établir une. L’un comme l’autre veulent augmenter l’exploitation des ressources pétrolières. L’un et l’autre croient au libre marché et au libre commerce. Pour tous les deux, l’Iran constitue une grande menace. Ils sont également favorables à l’énergie nucléaire et ils affirment vouloir augmenter la taille de l’armée.

Ces deux-là c’est du pareil au même, it’s two sides of the same coin !
Leurs noms ? John McCain et Barak Obama.

Il veut quitter l’Irak dans les six mois et couper le gâchis du budget militaire, il ambitionne d’interdire les armes nucléaires. Il désire que le Moyen-Orient revienne aux frontières de 1967. Il promet une assurance maladie nationale et un pouvoir accru de la justice face aux crimes, aux fraudes et aux abus des entreprises. Il préfère l’énergie solaire à l’énergie nucléaire. Il milite pour des salaires décents et l’amnistie des toxicomanes non-violents.

Enfin il veut destituer Georges W. Bush, le président le plus destituable de tous les temps aux Etats-Unis.

Il, c’est celui qui n’a pas de parti, pas de budget de campagne et aucune chance. Mais le grand-père de la politique américaine, le phénix des présidentielles américaines est le seul choix possible à mes yeux.

Il, c’est Ralph Nader. Merci pour ta ligne et ta fraîcheur grandpa.

La preuve en image de tout cela est ici :


11.09.2008

S’éclater en musique

Gustavo DudamelChose promise chose due, voici l'article, signé Myriam Tétaz, qui n'a pas pu être publié par 24 Heures pour cause d'incompatibilité informatique.

Mieux que l’alcool, la drogue et les botellones, la musique révolution! «Vous changerez le monde», a lancé un certain José Antonio Abreu, musicien, économiste, devenu ministre de la culture au Venezuela. Il a fondé le premier orchestre de jeunes du pays. Il y en a maintenant plus de 250: orchestres de la petite enfance de 4 à 7 ans, d’enfants de 7 à 15 ans, de jeunes de 15 à 22 ans. L’Orchestre de jeunes Simon Bolivar du Venezuela, qui groupe les meilleurs musiciens dirigé par Gustavo Dudamel, issu de ses rangs, tourne sur les scènes les plus prestigieuses du monde. Il joue en ce moment au Festival de Lucerne.

Le monde n’a peut-être pas encore changé, mais bien la vie de plus de 250.000 enfants et adolescents du Venezuela, dont 60% vient des milieux les plus défavorisés. A ce gosse, déjà neuf fois condamnés pour vols et drogue, on a donné une clarinette – «à ne pas tenir comme un pistolet, l’ami!»-, à ces malentendants sans avenir, on a appris à chanter. Certes ils ne passeront pas tous, comme ce jeune contrebassiste, de la rue à la Philharmonie de Berlin. Pas question d’en faire des petits Mozart, comme le demandait bêtement un journaliste de la RSR l’autre matin. Est-ce qu’on enseigne l’allemand pour faire des petits Goethe et les maths pour faire des petits Einstein?

Ce que ces enfants apprennent, par la pratique d’un instrument dans un orchestre, c’est la persévérance, la concentration, la discipline, mais aussi la camaraderie, la coexistence, la tolérance et la joie de vivre. «On apprend à être», me confiait avec enthousiasme et émotion un Vénézuélien de Lausanne qui a vécu sur place le début de l’aventure, en 1975. Etre, trouver sa place, indispensable qu’on soit chef d’attaque ou dans le rang. La compétitivité y est dès lors positive: il ne s’agit pas d’être meilleur que les autres, mais d’accéder à son niveau d’excellence pour que l’orchestre sonne et que la musique soit belle, musique classique ou latino-américaine.

«La musique transforme l’adversité en espoir», prétend Abreu. Il ajoute: «L’art n’est pas le monopole des élites, mais un droit social pour notre peuple. Le jour où nos écoles incluront dans leur programme de base l’enseignement de l’art à tout élève, de l’enfant de 2 ans à l’étudiant d’université, le monde sera changé.» C’est vrai tout autant pour ces milliers de laissés-pour-compte, d’exclus de la société vénézuélienne que pour des jeunes d’autres classes sociales, chez nous et ailleurs, qui ne trouvent de remède à leur mal de vivre que dans des botellones ou la violence gratuite. Il serait bon de s’en souvenir alors que court la récolte de signatures pour l’initiative en faveur de la musique à l’école et le jour où on devra la voter!

Le «système national des orchestres symphoniques de jeunes et d’enfants du Venezuela», on l’a compris, dépasse les simples considérations artistiques ou culturelles, c’est un mouvement social et éducatif qui insère les jeunes dans la société, sans qu’il y perdent leur fantaisie, leur espièglerie, leur frénésie de vivre. Des jeunes comme les autres, mais qui ont appris à «être».

Myriam Tétaz
Conseillère communale POP

07.09.2008

Qui a dit ?

À peine égoutté, essoré, séché de l’épouvantable rincée prise hier soir pendant la Guinguette de la Résistance, je vous propose une activité un peu plus confortable : un petit jeu du « qui a dit ? ».

C’est, Myriam Tétaz, ma collègue de parti qui, en faisant un peu de tri dans ses livres est tombée sur la citation suivante :

Faisons notre travail : tuons nos ennemis aussi vite que nous le pouvons et aussi impitoyablement que nous le devons ?

Est-ce Oussama Ben Laden, Manuel Marulanda le chef des FARC, le Général Guisan, Adolf Hitler, Georges Bush, Joseph Staline, Nicolas Sarkozy, Élisabeth II du Royaume-Uni ou encore Kim Il-sung ?

Il est bien évident que la bonne réponse ne se trouve probablement pas parmi les personnes évoquées ci-dessus et donc la question demeure : de quelle bouche haineuse a bien pu sortir cette horreur, dans quel cerveau submergé par les phobies a-t-elle pu naître ?

À vous de trouver la réponse et de la reporter dans les commentaires ci-dessous ou dans ceux de mon blogue miroir.

Bonne chasse.

Dernier détail, n’essayez pas de googler cette phrase, le moteur qui sait tout ne vous donnera pas la réponse.

[edit du 10 septembre]

Avec un peu de retard, voici la réponse.

L'auteur de cette mémorable phrase

"Faisons notre travail: tuons nos ennemis aussi vite que nous le pouvons et aussi impitoyablement que nous le devons"

est l'ex-candidat à la vice-présidence des USA et sénateur républicain John McCain. Cette citation a été relevée par Susan George et retranscrite dans son livre Un autre monde est possible, Editions Fayard, 2004, p.261

Vu que l'ex-candidat à la vice-présidence est l'actuel candidat à la présidence cela promet !

[/edit du 10 septembre]

14.08.2008

Un taxi à Pékin

Un taxi à PékinOu Xiari nuan yangyang, c’est d’abord le titre d’un film de Ning Ying qui a obtenu le Don Quixote Award en 2001 et qui raconte les tribulations d’un chauffeur de taxi amoureux, très amoureux ...

Mais un taxi à Pékin, c’est surtout un doux euphémisme, parce que des taxis il y en a 70000 à Pékin.

Septante mille taxis ! C’est comme si toute la ville de St-Gall n’était peuplée que de chauffeurs de taxis. Pour un membre du Conseil intercommunal des taxis de la région lausannoise qui compte, en tout et pour tout, 250 «taxis gris», cela laisse songeur.

Notons tout de même au passage que la ville de Pékin, qui compte donc 70000 taxis pour 12 millions d’habitants, dispose d’un taxi pour 170 habitants. La région lausannoise qui dispose de son côté de 250 taxis pour environ 275 mille habitants ne dispose que d’un taxi pour 1100 habitants. Il faut cependant reconnaître que le taux de motorisation est, pour l’instant, beaucoup plus important à Lausanne qu’à Pékin.

Évidemment, quand une ville de cette taille possède un tel nombre de taxis, on est pratiquement face à une société dans la société. Une société qui doit avoir beaucoup à dire, à raconter.

Voici quelques éléments à propos des taxis pékinois glanés ici et là.

Première anecdote, pour toute la durée des JO, les chauffeurs de taxis auront l’interdiction d’avoir le crâne rasé ou de porter la barbe. Quant aux femmes, elles n’auront pas le droit d’arborer des coupes de cheveux «trop extravagantes». Question d’image paraît-il

Par contre, toujours pour la bonne image, les taximen ont été priés de revêtir l’uniforme pour cette grande occasion olympique : chemise jaune, cravate rayée et pantalon bleu. Et peu importe la chaleur. Les récalcitrants, même par 40°C et 80% d’humidité, devront s’acquitter de la «modique» somme de 200-500 yuans (20-50 euros) en guise d’amende.

Catherine Mercier, journaliste de Radio-Canada envoyée à Pékin, nous apprend que d’autres directives encore plus strictes s’appliquent. Pendant le grand branle-bas olympique, les chauffeurs auront l’interdiction de manger dans leurs véhicules, même s’ils y passent 14 heures par jour, et auront l’obligation de se brosser les dents après avoir mangé de l’ail.

Pour permettre à leurs chauffeurs de communiquer facilement avec les amateurs de sport du monde entier qui vont déferler sur la ville chinoise, il semblerait que les centres de contrôle des taxis aient décidé d’utiliser les fonctions linguistiques des GPS. Mais toute cette électronique embarquée aurait aussi pour but de mettre sur écoute les passagers.

À vrai dire, mieux vaut être sur la bonne longueur d’onde avec les chauffeurs pékinois, car comme le rapporte Annie Poulin, une stagiaire journaliste québécoise : «À Pékin, le chauffeur demande au client s’il est capable de lui expliquer le chemin. Si le client doute, c’est fini… dehors ! Et j’exagère à peine.»

Au fait, je ne saurais terminer ce billet sans souligner qu’il y avait plusieurs modèles de taxis pékinois : le Xiali qui est petit et rouge, le Fukang qui est une Citroën ZX et les «taxis noirs» appelés ainsi car ils sont illégaux. Il est bien clair que, pour cause de Jeux, ces anciens modèles ont été condamnés pour être remplacés par de rutilitantes Hyundai Sonata sud-coréennes mais fabriquées à Pékin.

Les taxis pékinois constituent tout un monde que le Syndic de Lausanne n’aura pas, ou peu, eu l’occasion de fréquenter. Voiture mise à disposition par le CIO oblige. Dommage pour lui.

12.07.2008

Guantanamito

Pirogues mauritaniennesSi tout le monde a entendu parler de Guantanamo, il y a fort à parier que peu d’Européens connaissent son petit frère Guantanamito.

Guantanamito est le surnom révélateur donné à une ancienne école qui sert de centre d’accueil pour migrants clandestins. Ce centre est situé à Nouadhibou, une ville de la côte atlantique au nord de la Mauritanie.

C’est de là que des milliers de migrants clandestins venant de différents pays de l’Afrique subsaharienne partent et c’est là aussi qu’ils reviennent pour y être détenus dans des conditions de surpopulation et d’hygiène désastreuses.

Si jusqu’alors les candidats à un hypothétique monde meilleur en Europe s’élançaient des côtes marocaines dans des embarcations de fortune, depuis février 2004 Rabat a signé un accord sur la réadmission des migrants subsahariens illégaux arrêtés en Espagne et a accru sa coopération avec les autorités de la Péninsule ibérique. Coup de chance, ou hasard, le Maroc et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) signait en mai 2006 un accord portant sur la mise en œuvre du projet «Migration et retour, ressources pour le développement» qui ambitionne «d'asseoir une bonne gestion des flux migratoires» et d’améliorer l'insertion professionnelle des migrants marocains en Italie ainsi que la mise en valeur des transferts de fonds des émigrés. Un prêté pour un rendu en somme.

Toujours est-il que depuis lors, les candidats à l’immigration illégale de l’Afrique subsaharienne sont contraints de s’embarquer à bord de cayucos, des barques plus grandes et plus résistantes que les pirogues appelées pateras. Bref, si auparavant il «suffisait » de franchir les 15 km du détroit de Gibraltar, depuis 2005, le voyage, qui part de la Mauritanie pour rejoindre les Canaries, compte 800 km d’océan et de dangers.

Tout se passe donc comme si l’Europe avait réussi à étendre sa sphère d’influence en matière de lutte contre l’immigration clandestine au delà du Sahara.

Pour faire bon poids et donc accentuer la pression sur les pays fournisseur d’immigration clandestine, il est utile de rappeler que l’aide au développement de l’Union européenne est conditionnée à la façon dont les pays bénéficiaires contrôlent leurs frontières.

Voilà comment, en quelques années, l’Europe a réussi à repousser les frontières et les responsabilités de l’immigration clandestine de l’Espagne, vers le Maroc puis vers la Mauritanie.

Voilà comment elle a réussi à convaincre les autorités mauritaniennes de mettre sur pied ces camps destinés à contenir les migrants clandestins avant de les renvoyer dans ce qui n’est pas toujours leur pays d’origine.

Voilà comment l’Europe a réussi à externaliser le contrôle de ses frontières et à sous-traiter le problème.

En attendant, en Mauritanie, ceux pour qui l’espoir s’envole tous les jours un peu plus, croupissent dans ce qui fut une école mais qui est devenu un camp de concentration où les vols, les viols et les tabassages par la police sont monnaie courante.

Faut-il encore ajouter que ce centre a été généreusement (!) payé par l’Espagne et que, comme le révèle le dernier rapport d’Amnesty International, il porte le graffiti suivant, bien en évidence sur l’un de ses murs :

À l’époque, quand les Blancs venaient en Afrique par la mer, on ne les traitait pas en clandestins ; pourquoi aujourd’hui, quand nous essayons d’aller par la mer en Europe, on nous traite de clandestins?

06.07.2008

Les « FARC et attrapes » de Viktor Dedaj

Des FARCDans le tohu-bohu médiatique qui entoure la libération d’Ingrid Betancourt, l’écrivain prend un peu de recul à travers une lettre ouverte aux FARC.

Dans son texte, l’auteur pose une quantité de questions intéressantes que la presse traditionnelle laisse de côté plus ou moins volontairement.

Parmi ces questions en voici quelques-unes.

Comment se fait-il que Uribe ait fait assassiner, en pleines négociations, Raoul Reyes le négociateur en chef des FARC ?

Comment se fait-il que, en Amérique du Sud, seul le gouvernement colombien, dont certains parlementaires fraient avec les milices paramilitaires d’extrême droite, qualifient les FARC de «terroristes» alors que ce ne sont que de simples «ravisseurs» ?

Comment se fait-il que les «ravisseurs» FARC n’aient jamais été foutus d’envoyer une phalange ou un bout d’oreille de leurs otages comme tout ravisseur qui se respecte ?

Comment se fait-il que les FARC puissent passer pour des «narcotrafiquants» alors qu’ils sont pauvres comme Job et qu’ils ne sont donc pas même fichus de s'acheter, grâce à leurs narcodollars, des Ferrari, des piscines et des écrans plasma comme n’importe quel narcotrafiquant ?

Comment se fait-il que personne ne parle des «dizaines de syndicalistes, de militants des droits de l’homme, de journalistes curieux ou de simples opposants [qui sont] assassinés chaque mois, depuis des dizaines d’années» ?

Beaucoup de questions sans réponses explicites mais qui méritent pourtant que l’on s’y attarde en lisant l’article de Viktor Dedaj dans son intégralité.

22.04.2008

Une des causes de la crise tibétaine dans votre poche ?

Batterie Li-ion NokiaLes batteries de portables – téléphones, ordinateurs, iPod et autres – utilisent largement un métal léger aux propriétés électrochimiques très prisées : le lithium. Or, il se trouve que ce métal alcalin est présent en abondance au Tibet, sous forme dissoute, dans le lac salé Chabyer - ou Zabuye -, et que la Chine est devenue le plus gros producteur de batterie au lithium du monde.

C’est en tout cas ce que nous révèle Le Courrier d’hier par la plume de Marie-Martine Buckens dans un article édifiant mais très inspiré d’un de ceux de Green Energy News.

Tout cela est confirmé par le Minerals Yearbook du Gouvernement américain qui affirme que la production potentielle de lithium pourrait atteindre presque un tiers de la consommation mondiale de ce matériau en 2005.

Bien entendu, le Tibet recèle d’autres trésors naturels qui ne peuvent qu’attiser la convoitise des pays industrialisés, comme les USA, et, bien évidemment la Chine. Au nombre de ces trésors et ressources naturelles, on citera, en vrac, l’uranium, le pétrole, le gaz et … l’eau. De l’eau pour boire, mais aussi de l’eau à turbiner pour produire jusqu’au tiers des besoins électriques de la Chine.

Autant dire que, dans ces conditions, on comprend mieux pourquoi le Gouvernement chinois supporte assez mal les désirs d’indépendance du Peuple tibétain.

On comprend aussi un peu mieux pour quelles raisons les Etasuniens rêvent de planter un « consulat », et plus si entente, parce que la guerre, il ne faut pas y penser, la Chine ce n’est pas l’Irak, à Lhassa afin de mieux « observer » ce qui se passe au Tibet.

On comprend bien mieux pourquoi le Gouvernement chinois s’est fendu d’un chemin de fer, long de 4 561 km et faisant étape à Tanggula, la gare la plus haute du monde, reliant Pékin à Lhassa.

On comprend plus facilement pourquoi les certains pays – comme les USA et la France – crient plus ou moins fort, mais pas trop, contre le non-respect des Droits de l’Homme mais ne font rien.

On comprend tout à coup pour quelle raison l’on passe pour un collaborateur de l’impérialisme américain si l’on critique le Gouvernement chinois et ses méthodes qui font des dégâts humains aussi bien en Chine qu’au Tibet.

Le Tibet, on le découvre à l’occasion des J.O., est un réservoir de richesses pour la Chine et certains aimeraient bien se payer une tranche du gâteau. Mais, évidemment la Chine ne veut pas et, fidèle à sa tradition, le Gouvernement chinois, qui n’a plus rien de communiste ni de démocratique, flanque des beignes à ceux qui font remonter cette situation sur la scène de l’actualité mondiale.

Pensez donc, on ne badine pas avec le commerce, la croissance et le « progrès » !

Le seul tort du Tibet : occuper une position stratégique entre l’Inde et la Chine et être bourré de richesses. Un comble pour un pays où la religion dominante « valorise le non-attachement aux biens matériels et prône la vertu d'avoir moins de désirs, sans que cela ne se confonde avec un encouragement à la pauvreté. »

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