29.10.2010

La main dans le sac

pinocchio.jpgClaude-Alain Voiblet, l’éminence flamboyante de l’UDC en terres vaudoises, est aussi actif sur son blogue qu’il l’est dans le cadre du conseil communal de Lausanne. On ne lit, n’entend et ne voit que lui.

Bien évidemment qu’une telle hyperactivité a parfois pour conséquence de tarir les sources du débat politique. À que cela ne tienne, quand les mines sont épuisées, il n’y a qu’à aller chercher un nouveau filon d’or ailleurs ou se débrouiller pour faire passer du plomb pour de l’or. Ou plutôt des vessies pour des lanternes

C’est exactement ce qu’a fait le chantre de l’UDC le 13 octobre dernier, tout excité qu’il était « de découvrir le 12 octobre 2010, une motion de la gauche, déposée dans la hâte, demandant à la Municipalité de mettre en œuvre une information des électeurs et des électrices de nationalité étrangère en vue des élections municipales de mars 2011. »

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08.08.2010

Les petites phrases assassines de Daniel Brélaz

insultes.jpgL'ex-futur candidat à la candidature au Conseil fédéral, mais néanmoins Syndic de Lausanne, a parfois des propos qui s'avèrent indignes de telles charges. En voici quelques exemples.
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A propos des gitans qui se sont installés pendant une dizaine de jours dans les hauts de Lausanne en y commettant quelques dégâts : « Avec les gitans, c’est inévitable. C’est dans leurs mœurs. Un trait de caractère profond. »

In 24 heures du 27 juillet 2010.
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A propos du city management et de Raymond Léchaire qui rejoint les opposants au city management : « Le patron romand du géant orange est à deux doigts de la retraite et aurait un besoin presque maladif de faire parler de lui. »
In 24 heures du 1er juillet 2008.
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A propos du city management et de Muriel Testuz membre de l’association « Super City management – Non merci ! »
« Je constate que Madame Testuz porte bien son nom. »
In 24 heures du 23 novembre 2007.
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22.11.2009

« La Gauche » est lancée

lagaucheestlanceeC’était hier, du côté de l’hippodrome de Schaffhouse, il était presque midi lorsqu’une assemblée d’un peu plus de 160 personnes était sur le point d’entamer les discussions du congrès qui allait aboutir à la naissance d’une nouvelle force politique de gauche.

Son objectif : réunir et unifier toutes les forces anticapitalistes et écosocialistes du pays.

Ils et elles étaient venus d’un peu tous les coins de la Suisse, parfois de loin. Ils auraient pu choisir de consacrer ce temps de voyage à aller passer le week-end à la montagne et même au bord de la mer ou à ne rien faire. Mais non, ils ont choisi de dédier leur samedi à donner naissance à un mouvement qui ambitionne de proposer une alternative à gauche (Alternative linke !) du PS et des Verts.

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06.08.2009

Merci Pascal !

Broulis candidat au Conseil fédéralPfouiii, c’est qu’on a failli attendre. Mais c’est fait. Enfin.

En pleine torpeur estivale, Pascal Broulis a dit oui ! Il partira à l’assaut du siège laissé vacant au Conseil fédéral par Pascal Couchepin. Pour peu que le Parti libéral-radical le veuille bien.

On s’impatientait un peu, car la feuilleton médiatique commençait à s’épuiser. Pensez, après quelques dizaines d’articles dans les médias romands à propos de son éventuelle candidature, il était temps de passer à l’acte et de dire non ou oui.

Oh Andy ! Dis-moi oui, Andy !

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07.02.2009

De la séparation des pouvoirs

Municipalité de Lausanne 2006-2011Depuis quelque temps, j’ai comme la désagréable impression que la Municipalité de Lausanne à tendance à régner de manière un peu autocratique sur la capitale vaudoise.

Ce sentiment est dû à toute une série de petits détails : des résolutions – certes non contraignantes – du Conseil communal qui ne débouchent sur rien, des initiatives, acceptées, par le Conseil communal que la Municipalité tarde ou affirme refuser de mettre en œuvre.

Le dernier «petit détail» en date concerne la Commission de gestion.

Pour mémoire, la Commission de gestion est chargée de contrôler l’administration du «ménage communal» par la Municipalité. Dans ce cadre, la Loi sur les communes (LC) précise que «La Municipalité est tenue de fournir à la commission de gestion tous les documents et renseignements nécessaires.»

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17.12.2008

Le marché public au chef de la polcant est ouvert

dequattrohonte.jpgDepuis un mois, la presse - mais surtout 24 Heures -, le petit monde politique vaudois et les polices vaudoises et lausannoises ne parlent – presque – plus que de ça : les candidatures à la succession d’Eric Lehmann l’ancien chef de la police cantonale.

Depuis le 13 novembre dernier, nos canards favoris ont dressé une liste, pas forcément exhaustive, des prétendants possibles, au rang desquels on découvre, dès le lendemain du grand coup de balais, le juge d’instruction cantonal Jacques Antenen : «Pour le [successeur d’Eric Lehmann], le Conseil d’Etat se met en chasse, sans confirmer les rumeurs qui donnent favori le juge d’instruction cantonal Jacques Antenen.» (24 Heures du 13 novembre 2008).

Le lendemain, un nouvel article de 24 Heures dressait une courte listes des papables : Jacques Antenen et Denis Froidevaux, l’actuel secrétaire général du département dirigé par Jacqueline de Quattro. Ce dernier déclarait «Je ne réponds pas à cette question» de savoir s’il est candidat à la succession d’Eric Lehmann. Quant à lui, le premier finissait par déclarer «se poser sérieusement la question» et semblait recueillir l’appui de l’ancien chef de la police cantonale Pierre Aepli et de l’ancienne municipale de police lausannoise Doris Cohen-Dumani.

Enfin, le 20 novembre, un article du Temps consacré à la police unique vaudoise et au contre-projet à l’initiative d’Artagnan, on apprenait que le municipal de la sécurité et des sports lausannois Marc Vuilleumier ne serait pas contre la candidature de Gérald Hagenlocher et qu’il fait partie des papables.

Nous voilà donc avec trois candidatures plus ou moins assumées par les concernés. Puis silence radio jusqu’à samedi dernier, date à laquelle un article de 24 Heures s’étend sur les «plus» et les «moins», vus par la ministre de la sécurité et de l’environnement, de deux candidatures : celles d’Antenen et d’Hagenlocher. Le troisième larron a disparu du top three et a, semble-t-il, bien fait de ne rien dire sur le sujet.

Tout se passe donc comme si les présélections pour le poste de premier flic du canton avait lieu de manière publique. Et cette publicité ne plaît pas à tout le monde : chacun y va de sa petite remarque, du président du Conseil d’Etat aux députés UDC. De «No comment.» à «Cela ne m’empêche pas de penser» en passant par «Est-il nécessaire de mettre ce poste au concours et ainsi dépenser l’argent des contribuables, si la cheffe de la Sécurité a déjà choisi le futur commandant?»

Et la pauvre Jacqueline, vraiment ou faussement ingénue, de déclarer : «Je me suis fait avoir. (Soupir) J’en ai ma claque qu’on se jette sur une gaffe, plutôt que de commenter le gros travail qui vient d’être fait, et présenté il y a dix jours, pour trouver une solution à la réforme du système policier vaudois.» Pour faire bon poids, le quotidien vaudois nous gratifie en première page d’une photo de la ministre les yeux baissés comme si elle avait fait la bêtise de sa vie et comme si elle s’apprêtait à recevoir la correction du siècle par le président Broulis, tapi dans le flou de l’arrière-plan.

Las.

Personnellement, je ne vois pas de raison pour la ministre radicale de battre sa coulpe. Je trouve même plutôt bien qu’elle fasse état publiquement des avantages et des inconvénients de l’une ou l’autre des candidatures, surtout si celles-ci ont un rapport avec le poste à repourvoir. Si pour une fois les choses se passent de manière un peu transparente lors du choix des grands commis de l’Etat, ce n’est pas moi qui vais me plaindre.

Une chose est certaine, j’aime mieux être au courant des critères de choix avant que l’on apprenne, au détour d’un communiqué de presse que le conseil d’Etat a choisi un ancien journaliste devenu marchand de pinard et issu du même parti que son ministre de tutelle.

Et puis si on n’est pas d’accord avec le pré-tri de la magistrate ou avec ses critères, on peut au moins le lui dire ou même lui passer une bordée, pas sur la forme, mais sur le fond. Ça changerait un peu.

Ce déballage public me rassure pour une troisième raison : on a toutes les chances de ne pas s’offrir un remake et se retrouver avec, par exemple, une étoile médiatique, du genre Pascal Décaillet, comme chef de la police cantonale ! C’est déjà ça de pris.


  • Crédit photographique : ©Patrick Martin, 24 Heures.


P.S. Etrange, depuis que j'ai commencé à écrire ce billet, il neige comme jamais. Aurais-je détraqué le temps ?

11.12.2008

Concordoposition

Le chat et la paroleIl y a des jours comme ça où la lecture de la presse vous plonge dans la plus profonde perplexité.

À moins que ce ne soit le parti du tout nouveau conseiller fédéral qui ne sache plus très bien où il en est.

À moins, encore, que le fait de raconter tout et son contraire soit une garantie pour le ReacPartei de pouvoir continuer à raconter le contraire et son tout le plus longtemps possible.

Toujours est-il que, ce matin, la lecture de la presse nous a appris deux informations extrêmement contradictoires.

En page 2 du 20 minutes, le conseiller national valaisan à la queue de bouc cheval Oskar Freysinger annonce : « Avec l’élection d’Ueli Maurer, l’UDC n’est plus dans le jeu de l’opposition. Les jeux politiques sont finis. Il faut se mettre au boulot, surtout avec l’augmentation du chômage qui se profile. »

En page 5 du 24 Heures, le conseiller fédéral pas réélu pas réélu (ce n'est pas une faute de frappe), Christoph Blocher, affirme : « Nous sommes toujours dans l’opposition, mon activité reste donc entière. »

De là à dire que celui qui se croit encore le grand chef du parti du bouc n’est pas prêt de se mettre au boulot, qu’il se fout éperdument du chômage et qu’il va continuer ses petits jeux politiques, il n’y a qu’un pas.

Un pas que le chat de Geluck, publié ce jour, aussi dans le 20 minutes, a l’air d’avoir franchi sans s'en rendre compte.

30.11.2008

Compte dessus et bois de l’eau claire

Conférence de presse du conseil d'Etat vaudoisVoilà un peu le sentiment qui m’anime ce soir après avoir entendu la conférence de presse que le Conseil d’Etat a consacrée à la votation populaire sur le nouveau Musée des beaux-arts à Bellerive. Un projet refusé par 52,4 % des votants.

Un étrange sentiment que le péril bétonné, semi-privatisé, mal implanté, pas intégré n’a pas dit son dernier mot. L’ombre plane … et pourrait bien refaire surface là où on s’y attend le moins, c’est-à-dire là où il a coulé : à Bellerive.

C’est en tout cas ce qui se dégage des propos de la Ministre de la Culture Anne-Catherine Lyon qui a affirmé que le Conseil d’Etat allait remettre l’ouvrage sur le métier en y travaillant d’arrache-pied et qu’aucune solution n’était à écarter, y compris au bord du lac à Bellerive !

Son argument massue : les communes des bords du Léman ont été celles qui ont le plus accepté - plutôt le moins refusé - le projet gouvernemental. Le slogan «pas au bord du lac» est donc caduc. Une étrange argumentation quand on sait que les lausannois, parmi les principaux intéressés, ont refusé le bunker – malgré un appui massif de leur Municipalité – et que les électeurs des bords des lacs de Joux et de Neuchâtel ont boudé le projet.

Lac pour lac …

On voudrait nous préparer à accepter un projet «blanc bonnet, bonnet blanc» dans un futur proche que l’on ne s’y prendrait pas autrement.

Soyons clairs, personnellement, je ne considère pas comme une grande victoire le fait d’avoir contribué à torpiller l'entreprise mal née de musée de beaux-arts AU bord du lac, même si c’est face à la mobilisation massive de tout ce qui compte dans le canton.

Par contre, j’ose espérer que cela fera un peu réfléchir le Conseil d’Etat et la Municipalité de Lausanne pour qui cette votation populaire n’a l’air d’être qu’une petite anicroche sur le chemin de sa volonté triomphante.

Une volonté triomphante soulignée par la Municipale Silvia Zamora qui affirme haut et fort que l’avenir de la place de la Riponne et du Romandie est déjà scellé par ses soins : ce sera le nouveau haut lieu culturel de la jeunesse. Voilà une manière un peu cavalière de bétonner (!) un avenir que les Vaudois et les Lausannois veulent, comme semble le montrer leur vote, un peu différent de ce qui leur est proposé.

S’il est vrai que le «non» est vraisemblablement le résultat d'une addition d’opinions différentes, il est au moins aussi vrai que le «oui» est probablement le résultat d’une conjonction d’avis disparates allant des acteurs de la culture à ceux de l’économie en passant par l’écrasante majorité des politiques. Avec une telle armada, un petit «non» devrait quand même faire grandement réfléchir et inciter le gouvernement à songer à une alternative un peu plus crédible qu’un «Bellerive bis».

Pour terminer ce billet, je ne saurais résister au plaisir de rapporter, en substance, les propos du Conseiller d'Etat François Marthaler, l’un des nombreux papas du m2, qui a trouvé le moyen de se remonter le moral en affirmant que Bellerive est devenu le centre ville de Lausanne grâce au métro automatique qui emmène plus de passagers vers le lac que vers le CHUV. Comme si ces passagers, une fois arrivés au bord du lac, ne rebroussaient jamais chemin et finissaient, engloutis à jamais, au fond du lac, comme le fantasmatique musée des beaux-arts À Bellerive.

23.11.2008

Qui va à la chasse perd sa place

Joachim_von_Sandrart_001.jpgOr donc, celui qui se prenait pour la diva du Conseil fédéral et qui en a été éjecté il y a un peu moins d’une année envisage son retour. La section zurichoise du parti du bouc a même plébiscité la candidature du conseiller fédéral non-réélu.

En fait, voilà un drôle de façon de faire de la politique. Une façon inconvenante de tenter de revenir sous la coupole par la fenêtre alors que le chef charismatique du parti nationaliste s’est fait mettre dehors par la porte.

Sans parler de la personnalité et de la politique du milliardaire politicien, il y a au moins trois raisons qui rendent le retour du vieux lion populiste pour le moins incongru.

Première raison : jamais, un conseiller fédéral non-réélu n’a réussi, ni même tenté, un retour à l’exécutif fédéral. On se demande bien pourquoi l’entrepreneur zurichois ferait exception et ne prendrait pas acte de son indésirabilitude comme l’ont fait avant lui Ulrich Ochsenbein, Jean-Jacques Challet-Venel et Ruth Metzler.

Certains rétorqueront que, lors des élections fédérales, le peuple aurait implicitement plébiscité Christoph Blocher sous prétexte qu’il figurait sur les affiches électorales du parti avec la mention «Soutenez Blocher - Votez UDC». Voilà un raccourci bien peu démocratique qui a même gêné aux entournures certains candidats UDC pur sucre comme Eric Bonjour qui déclarait au journal Le Temps : «Je n'ai rien contre les affiches de Christoph Blocher, mais cette campagne ne doit pas durer trop longtemps. Il serait sain que la campagne vaudoise s'oriente sur les candidats uniquement, car de nouvelles personnes s'engagent pour le parti et le peuple a le droit de faire leur connaissance». Résultat : la campagne vaudoise s’est tellement bien orientée sur les candidats qu’elle a élu les moins blochériens d’entre eux, au grand dam de Bonjour d’ailleurs.

Prétendre que les électeurs UDC plébiscitaient Blocher était un mensonge tactique à l’époque et devient une escroquerie aujourd’hui. Voici donc une deuxième bonne raison pour que l’Assemblée fédérale renvoie, le cas échéant, le guide du troupeau UDC à ses occupations.

Une troisième bonne raison de bouder le trop pressant candidat est qu’il fait partie de … l’UDC. Un parti qui a quitté de lui-même, et avec fracas, le Conseil fédéral pour rentrer dans l’opposition. Un parti qui a dû, pour mieux se marginaliser, exclure une conseillère fédérale de ses rangs et pousser dehors son second conseiller et sa section bernoise. L’UDC a donc renoncé explicitement à ses deux sièges au Conseil fédéral. L’UDC a choisi la stratégie de la marginalisation, de la victimisation, de l’autoexclusion et de l’opposition. C’est son choix, mais quand le choix est fait, on s’y tient. Au moins pour un certain temps. On ne passe pas juste une année dans l’opposition pour revenir à la première occasion. Même si – et surtout si – la cure d’opposition n’apporte pas les résultats escomptés ce qui n’est finalement pas étonnant puisque l’UDC blochérienne a toujours été dans l’opposition, même quand elle était représentée à l’exécutif fédéral par son maître à penser.

L’UDC est en quelque sorte partie à la chasse. À la chasse aux voix, à la chasse aux membres, à la chasse à la suprématie. Elle a laissé sa place et elle l’a perdue. Elle est dans l’opposition, qu’elle y reste !

Quant au siège laissé vacant par Samuel Schmid, deux partis peuvent donc légitimement le revendiquer : les Verts et le PDB. Si le Vert Recordon est une candidature de combat – il avoue lui-même avoir des chances modestes – il reste de la responsabilité du PDB de proposer une candidature de raison et d’assumer sa propre succession.

Réponse le 10 décembre, jour où l’Assemblée fédérale devra montrer qu’elle n’est pas une girouette et qu’elle ne tombe pas dans le piège qui consiste laisser choisir à l’UDC, selon son humeur du moment ou selon ses intérêts, quand elle gouvernementale et quand elle est dans l’opposition.


  • Illustration : huile sur lin de Joachim von Sandrart (1606-1668)

26.06.2008

De la provoc à la gangrène

Centrale nucléaire de GösgenLundi dernier, Daniel Brélaz, le syndic vert de Lausanne, déclarait au quotidien le Temps que «l'appoint [énergétique] soit des centrales à gaz soit du nucléaire est nécessaire. […]». Le lendemain, dans le même quotidien, il affirmait être favorable à un compromis global en matière d’énergie, mais déclarait ne pas inclure le «nucléaire dans ce compromis».

 

Et le Syndic d’accuser le journaliste de l’avoir mal compris. Et les camarades verts de crier à la trahison. Soit dit en passant, c’est fou le nombre de personnes qui comprennent mal Daniel Brélaz.

Tout cela rappelle un peu la déclaration, faite il y a un mois à peine, par le Ministre Leuenberger qui, pour rire, ou plutôt par provocation, annonçait envisager l'entrée en bourse des CFF et, ainsi, les privatiser en partie.

Et la presse de s’emparer, puis de commenter ces annonces et les camarades roses de crier au scandale.

Une provocation labellisée et une provocation camouflée ? Deux coups de sonde ? En tout cas, à coup sûr, une bonne pub dans les journaux et un message qui passe. Dans les deux cas. Dans le cas

Leuenberger, une façon d’attirer l’attention de la presse et peut-être de celle du public, sur les difficultés qu’il a de réunir l’argent indispensable au développement du réseau des transports publics. Dans le cas Brélaz, une façon de préparer l’opinion de la presse et probablement celle du public (bis), sur le recours inévitable aux centrales à gaz parce que les énergies renouvelables ne vont pas suffire, du moins pour le moment.

Deux pavés dans la mare pour réveiller les consciences. Mais deux pavés dans la mare qui font des vagues dans toutes les consciences et qui secouent tous les instincts y compris les mauvais.

À l’exemple de ce courrier des lecteurs, publié aujourd’hui dans de Le Temps, où Bruno Pellaud, président du Forum nucléaire suisse, se frotte les mains en affirmant «souhaiter l'émergence sur la scène politique de «Verts avertis», des Verts qui se démarqueraient des opportunistes qui les entourent à gauche et à droite, et qui s'engageraient politiquement pour faciliter le stockage définitif des déchets radioactifs.»

À l’instar de cette chronique d’Urs Gfeller, journaliste à la RSR, qui titrait le 22 mai dernier un billet du blogue Signature ainsi : «Le parti socialiste suisse, un dinosaure qui s’ignore». Un titre suivi d’un – mauvais – conseil «[…] s’il faut défendre la justice sociale il faut aussi et surtout plaider pour l’économie de marché.»

Ces avertissements sont clairs : il s’agit pour les Verts «crédibles» d’ouvrir grand la porte au nucléaire et pour les socialistes «modernes» de prendre fait et cause pour l’économie de marché. La réciproque coule de source : les Verts qui veulent sortir du nucléaire sont des rigolos et les Socialistes qui privilégient la justice sociale sont des ringards.

Et c’est avec ce genre de ballons d’essais, de coups de sonde, de provocations que l’on finit, petit à petit, par laisser percoler dans le cerveau de tout un chacun qu’il n’y a pas d’espoir en dehors du nucléaire et de l’économie de marché.

Je ne vous félicite pas messieurs.

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