14.11.2009
Grippe A : est-il prudent d’être prudent ?
Il y a en Suisse 13 millions de doses de vaccin contre la grippe H1N1, pour un montant total de 93 millions de francs, qui attendent preneur. Selon un sondage effectué par Isopublic à la fin du mois d’octobre dernier, moins de 10% des personnes interrogées envisagent de se faire vacciner. Un flop quoi.
Pour ma part, plusieurs spécialistes de la santé m’ont encouragé à le faire alors que d’autres sont plus que réticents. Bref, si même pour un biologiste de formation il est difficile de se faire une idée précise, il y a gros à parier que la population dans son ensemble doit se poser bien des questions.
Pour l’instant, les autorités tentent d’informer alors que les médias tentent également d’informer mais aussi de polémiquer.
Tous les pays européens et les collectivités publiques possèdent un site Internet consacré au sujet et tous ont leur plan pandémie. Le virus rôde, chacun doit se préparer à l’accueillir comme il se doit : avec méthode et fermeté.
Il n’empêche que des voix discordantes et sceptiques, voire carrément rebelles se font entendre.
14:03 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : grippe, h1n1, prudence, vaccin, vaccination
12.05.2009
Soleil orange
Alors que le ministre de la santé Pascal Couchepin nous entonne le refrain du principe du « pollueur-payeur » appliqué à la santé avec son « ticket modérateur » à 30 balles (on se réjouit d’avance du ticket de rationnement), le médiatissime président du PDC, Christophe Darbellay, envisage dans le dédale de ses circonvolutions cérébrales une variante du soleil vert.
Pour Darbellay, Soleil vert n’est plus tout à fait qu’un film et, du coup, il en est venu à se questionner sur le coût de la mort : « Faut-il débourser 50'000 fr. pour traiter un cancer lorsqu’il n’y a plus d’espoir ou vaut-il mieux développer les soins palliatifs pour alléger les souffrances de la personne concernée ? ». Le démocrate-chrétien avouait le lendemain qu’il n’aimerait pas répondre à cette question si cela concernait un proche, mais cela ne l’empêche pas cependant de se poser la question pour les autres et surtout dans un contexte très précis : dans celui de la réduction des coûts de la santé.
07:25 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : coût, darbellay, mort, soins palliatifs, solidarité, vie
06.05.2009
Prends garde Couchepin !
Le ministre de la santé a réussi à convertir la majorité des élus du Conseil fédéral à soutenir un ensemble de mesures pour lutter contre la hausse des frais médicaux. Parmi ces mesures, la fameuse taxe de consultation de 30 francs pour chacune des six premières visites chez le médecin.
Les participants de la table ronde du mois dernier ont eu beau lui expliquer toutes les bonnes raisons pour lesquelles ils n’en voulaient pas, le ministre octodurien s’entête, persiste et signe.
Le moins que l’on puisse dire est que le Rhône de la pensée fait l’unanimité contre lui et sa mesure. Il s’est mis à dos presque tous les partis politiques, sauf le sien (et encore), la FMH, la Fédération suisse des patients, l’AVIVO suisse, de la FARES et le Conseil suisse des Aînés. Je m’arrête là car la liste s’allonge de minute en minute.
Tous ces opposants s’accordent pour considérer cette mesure inefficace, antisociale, administrativement lourde, entre autres. En un mot comme en cent : bonne à jeter.
20:53 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : arrêté, avivo, édération suisse des patients, conseil suisse des aînés, consultation, couchepin, fares
16.04.2009
Et si la caisse unique …
Le moins que l’on puisse dire est que la nouvelle disposition couchepinesque visant à maîtriser les coûts de la santé fait la quasi-unanimité contre elle. Pensez donc, introduire une taxe de 30 balles pour les consultations ambulatoires ! Quelle riche idée ! Ou plutôt quelle idée de riche !
Une idée de riche. Oui. Ou, en tout cas, une idée pour les riches qui vont pouvoir continuer à se ficher éperdument des coûts de la santé. Trente balles de plus, trente balle de moins, quelle importance ?
Par contre, il n’y a pas besoin d’être devin ni d’être convié au « sommet de la santé » de la semaine prochaine pour savoir qui va maîtriser les coûts de la santé : la maîtrise sera inversement proportionnelle au revenu disponible à la fin du mois. Ainsi les pauvres vont réfléchir à quatre fois avant d’aller chez le médecin, la classe moyenne – tiens les classes elles existent encore, mais la lutte a disparu – à deux fois et les riches pas plus qu’avant.
On voudrait introduire une médecine à deux vitesses – ou plutôt à géométrie variable – que l’on ne s’y prendrait pas autrement.
12:29 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : consultation, couchepin, franchise, maladie, médecin, médecine, taxe
20.02.2009
Conflit d’intérêt ? Mais non, intérêts communs !
La socialiste zürichoise Jacqueline Fehr avait demandé, par le biais d’une initiative parlementaire, que les personnes siégeant dans le conseil d’administration d’une caisse-maladie ou de santésuisse ne puisent plus accéder au Parlement fédéral. Pour elle, il convenait leur appliquer les mêmes règles d’incompatibilité que celles qui qui frappent le personnel de la Confédération et celui des entreprises contrôlées par l’Etat comme la SUVA par exemple.
19:06 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : assurance-maladie, caisse-maladie, conflit, intérêt, lobby, parlementaire, bourgeois
05.08.2008
VIH et anguille sous Roche
Du 3 au 8 août, la ville de Mexico accueille la XVII Conférence internationale sur le SIDA.
L’ouverture de cette conférence a lieu un peu moins d’un mois après que la firme pharmaceutique Roche ait annoncé qu’elle abandonnait la recherche portant sur de nouveaux médicaments destinés à lutter contre cette pandémie.
Selon la porte-parole de la société bâloise dirigée par Franz B. Humer et propriété des Oeri, Hoffmann, Sacher, de Novartis et d’un certain Martin Hebner :
Dans les cinq à six ans à venir, nous ne voyons pas de thérapie qui apporte une amélioration aux thérapies déjà existantes.
C’est ce qui s’appelle de la vision à court terme. Un choix que l’on pourrait traduire ainsi : on ne voit pas de moyen de mettre sur le marché une molécule profitable dans les années qui viennent alors on abandonne.
Voilà ce qui arrive quand on confie le soin de prendre en main la recherche à des multinationales. Quand le susucre financier n’est pas au rendez-vous, elles jettent l’éponge et passent à autre chose. À quelque chose de plus juteux.
Mais rassurez-vous, la société continuera tout de même à commercialiser ses produits actuels - Fuzeon, Viracept et Invirase - qui ont enregistré des ventes de 98,6 millions d'euros en 2007. Une paille par rapport aux 28,5 milliards de chiffre d’affaires du groupe pour la même année.
Abandonner la recherche sous prétexte que les molécules actuellement en essai clinique ne seraient «pas susceptibles d’apporter une innovation» tient plus du commerce que de la science. La recherche est faite de beaucoup d’échecs et parfois de victoire, c’est en tout cas ainsi que les entreprises pharmaceutiques justifient le prix de leurs produits. Cependant, ce qui me révolte le plus dans cette affaire, c’est qu’une entreprise, qui n’arrête pas de légitimer le prix – élevé – de ses médicaments par les coûts exorbitants de la recherche et du développement, puisse abandonner à leur sort les 33 millions de personnes infectées de par le monde pour se concentrer sur les activités qu’elle maîtrise le mieux, c’est-à-dire les plus rémunératrices.
Cela alors même que l'année 2007 a été l'année record pour la société, qui, avec ses 11,4 milliards de bénéfice, dépasse pour la première fois Novartis.
Mais tout cela n’empêche pas l’entreprise pharmaceutique de sponsoriser – pour se donner bonne conscience (?) – la Conférence de Mexico et d’avoir fait marcher, le 30 novembre dernier, plus de 12000 de ses employés en faveur des enfants atteints du SIDA. Cette marche caritative a rapporté plus de 4,4 millions de francs depuis 2003 et Roche se déclare «fière de l’engagement manifesté par ses employés».
Certain que les employés de Roche ne soient pas fiers du désengagement de son employeur sur le front de la recherche de traitement contre le SIDA.
20:57 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aids, fuzeon, hiv, invirase, médicament, roche, sida
13.07.2007
Dépistage urinaire du cannabis : et après ?
Le président de l’UDC valaisanne, Raphaël Filliez, vient d’avoir une de ces idées «remarquables» comme seuls les jeunes UDC dont les dents raient le parquet peuvent en avoir lorsqu’ils sont candidats quelque part. Sa proposition : soumettre les écoliers et les apprentis à des tests d’urine pour débusquer les consommateurs de cannabis.
Selon l’auteur de cette proposition, il s’agirait de pratiquer des tests d’urine «en cas de suspicion ou de manière aléatoire». Voilà donc que le jeune homme à peine sorti de l’université désire confier à l’école un nouveau rôle - un de plus ! – un rôle de police.
Je ne pense pas que beaucoup d’enseignant-e-s et de directeurs d’établissement accepteront d’endosser l’uniforme de policier pour assumer juste après leur rôle de pédagogue. Le premier rendant plus que délicat, voire impossible, l’accomplissement du second qui nécessite un minimum de confiance et de connivence. Comment traquer, et probablement dénoncer le consommateur de cannabis, le matin et lui enseigner les mathématiques, la géographie ou le français l’après-midi ? Le rôle de l’enseignant est d’enseigner et pas de jouer à l’inspecteur de la brigade des stups.
A supposer même que la société, les autorités et le corps enseignant acceptent cette nouvelle «mission» que l’UDC valaisanne veut lui confier, une question de taille se pose : quel sort sera réservé à celle ou celui qui aura été contrôlé positif au cannabis ? L’exclusion de l’école ? Des heures d’arrêts ? Une dénonciation pénale ? Une cure obligatoire de désintoxication ? Un cumul de toutes ces mesures ? Rien ? Autre chose ?
Dans tous les cas de figure, et quelles que soient les raisons pour lesquelles le jeune consomme du cannabis, un dépistage positif ne permettra pas de déboucher sur une démarche constructive avec un intervenant social ou médical. Si l’école adopte un comportement de policier ou de «chasseur», il n’y a pas de raison pour que les écoliers n’adoptent pas un comportement de «voyou» ou de proie. On ne discute pas avec son bourreau, on le combat ou on le fuit !
D’autre part, pour Raphaël Filliez, la consommation de cannabis est à l’origine de tous les maux de la jeunesse. Ce serait notamment elle qui serait la cause de l’échec scolaire et professionnel. On peut aussi imaginer que c’est parfois, et même souvent, le contraire : si les jeunes se mettent à fumer de manière excessive et dangereuse du cannabis, c’est peut-être précisément parce qu’ils sont en échec scolaire, qu’ils ne trouvent pas de place d’apprentissage ou/et qu’ils sentent que la société ne s’intéresse qu’à leur porte-monnaie et à leur force de travail pour alimenter la machine économique. C’est en tout cas mon expérience d’enseignant.
Dans ses «22 raisons de ne pas commencer à fumer», notre pourfendeur valaisan du cannabis reporte intégralement les 22 points de réflexion de la thèse du Dr Jacques Chamayou, qui est selon certains sujette à caution. Pour ma part, je préfère me renseigner auprès de la meilleure source que je connaisse en matière de prévention contre l’alcoolisme et autres toxicomanies : l’ISPA.
En conclusion, je me demande si le président de l’UDC valaisanne n’avait pas un peu abusé des excellents vins du Valais lorsqu’il a «inventé» cette mesure simpliste pour régler un problème complexe. N’oublions pas que l’alcool est un toxique, même pour les candidats UDC au conseil national. Je crois même savoir que l'alcool est au moins aussi dangereux que le cannabis ...
P.S. Contrairement à ce que l'agitateur politique Filliez prétend, la consommation de cannabis chez les jeunes de 15 ans est en diminution et la majorité n'y touche pas.
- Crédit photographique : martinstelbrink sous licence Creative Commons.
14:21 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
15.06.2007
Grippe aviaire : bas les masques ?
Il y a exactement un mois, l’Office fédéral de la santé publique encourageait la population à acquérir une réserve de cinquante masques par personne dans le cadre de la lutte contre une éventuelle pandémie de grippe aviaire. C’est-à-dire au cas où le virus H5N1 mute, pour devenir transmissible entre humains, et se propage en Europe.
Les jours qui suivirent, les grands magasins, les pharmacies les drogueries ont été assaillis. Un peu en retard, la Poste en propose depuis quelques jours et les affaires suivent leur bonhomme de chemin, la déferlante du début de l’annonce s’est calmée.
Par ailleurs, il y a quelque jours encore, Beda Stadler, le directeur de l'Institut d'immunologie de l'Université de Berne, affirmait que les masques combattent une pandémie, mais qu'ils ne protègent pas ceux qui les portent. Ce qui signifie que la personne qui doit porter le masque est la personne atteinte et pas les personnes saines. Et non pas l’inverse !
Pour en avoir le cœur net, je me suis rendu sur le site de l’OMS. Après quelques recherches, j’ai trouvé un document parlant de l’utilisation de masques faciaux dans la lutte contre la pandémie de grippe aviaire. Ce document, appelé «Plan mondial OMS de préparation à une pandémie de grippe» précise à sa page 46, sous «Annexe 1 Recommandations relatives aux interventions de santé publique autres que pharmaceutiques», que l’usage de masques faciaux est :
- «à effectuer» pour les personnes présentant des symptômes et est
- «à envisager» pour les personnes exposées (professionnels de la santé surtout).
Mais, à la page 47, sous la rubrique «Mesures visant à accroître la distance sociale», le port de masques dans les endroits publics est considéré comme non nécessaire avec le commentaire suivant : «N’est pas connue pour être efficace; autorisée mais pas encouragée».
Par contre, le port du masque est conseillé pour les personnes atteintes et «à envisager» pour les professionnels de la santé exposés. L’OMS propose aussi un document apportant des précisions sur le port de masques par les agents de soins de santé en cas d'épidémie.
Bref, il n’y a pas de quoi se précipiter pour acheter ces fameux masques dont l’efficacité est loin d’être démontrée. Par contre, il est dans tous les cas recommandé de se laver correctement les mains et de désinfecter les surfaces potentiellement contaminées dans les maisons.
Dans ces conditions on peut se demander quelle mouche a piqué l’OFSP qui encourage les habitants de la Suisse à faire un stock de 50 masques par «tête de pipe»! Une chose est cependant certaine, si tout le monde exécute les recommandations de l’OFSP, il y a un beau paquet d’argent à se faire : 7,5 millions de boîtes de 50 masques à 4,90 francs font 36,5 millions de francs!
Joli pactole, non ?
20:16 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
28.05.2007
Le PDC a foi dans les taxes, mais sans doute pas dans toutes !
La semaine dernière, c’était la conseillère nationale PDC argovienne Ruth Humbel Näf qui voulait augmenter les franchises d’assurances maladie des personnes obèses. Hier, la presse nous apprenait que le conseiller d’Etat lucernois Markus Dürr, lui aussi PDC, veut taxer les produits riches en graisses.
Décidément, face à la tendance à l’excès de graisses de la malbouffe, les politiciens PDC ont foi dans les taxes et les franchises. Taxes et franchises qui rappelons-le toucheront chacun et chacune de la même manière, quel que soit le revenu. Cependant Madame Näf et Monsieur Dürr ne doivent pas être au courant que, même en Europe et en Suisse, la pauvreté et l’obésité sont liées.
Avec des propositions telles que taxer ou augmenter les franchises, une chose est certaine, celles et ceux qui ont tendance à consommer trop de produits de mauvaise qualité nutritive, c’est-à-dire les ménages défavorisés financièrement et socialement auront encore moins d’argent à la fin du mois pour se payer des produits de meilleure qualité. Voilà deux propositions qui relèvent du plus parfait amateurisme politique, en un mot de la boufonnerie.
A propos de taxes, Markus et Ruth feraient mieux de proposer de faire payer ceux qui en ont les moyens : les entreprises, de malbouffe entre autres, qui délocalisent pour faire plus de profit comme la Migros qui va faire produire son beurre en Allemagne, celles et ceux qui s’adonnent aux transactions boursières juste dans le but de faire fructifier leur avoir … Mais ne rêvons pas, ce genre de taxes ne fait pas partie de leurs « dix commandements ».
- Crédit image : LeChatMachine sous licence CC.
19:48 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.04.2007
Caisse maladie cantonale unique ?
Sur son Z-blogue, Josef Zisyadis présente une motion qu'il a déposée au Conseil national. Celle-ci demande que le Confédération autorise les cantons qui le désirent à créer une caisse maladie unique. Neuchâtel et Jura, qui ont accepté l'initiative soumise au peuple le 11 mars dernier seraient probablement intéressés.
Pour ce qui concerne le canton de Vaud, qui a refusé l'initiative à 54%, cela est moins évident. Quoique ... J'ai le sentiment que cette initiative n'a pas trouvé écho auprès de Vaudoises et des Vaudois surtout en raison de la grande controverse sur le montant supputé des primes qui ne peut de toute manière pas être fixé dans un texte constitutionnel. Ceux qui se croient riches ont eu peur de subir une augmentation de primes, ceux qui sont pauvres et subsidiés ont eu peur de perdre une partie de leur subside. C'est en tout cas le sentiment que je ressens suite à des discussions avec les uns et les autres.
Alors, finalement, et même pour le canton de Vaud, pourquoi ne pas y aller par étapes et commencer par une caisse cantonale unique avec une prime par tête, donc non proportionnelle au revenu?
14:32 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

