16.11.2009

R 296 Pot-au-feu

Pot-au-feuAprès la recette de la fondue moitié-moitié, et à la demande générale, voici la recette du pot-au-feu de la « plus belle armée du monde ». Une recette secret-défense issue du Kochrezepte für die Militärküche, le Reglement 60.6 d de la Sweizerische Armee que m’a offert Charles. Attention la recette est pour 100 personnes.

En route Simone :

Fleisch ….. 20 kg
Zwiebeln ….. 2 kg
Rüebli ….. 8 kg
Lauch ….. 5 kg
Sellerie ….. 5 kg
Kabis oder Kohl ….. 8 kg
Kartoffeln ….. 20 kg
Salz, Pfeffer, Muskat, Lorbeer 3 Stück, Nelken 5 Stück, Wasser 50 L.

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11.04.2009

R 110 Fondue

Une fondue moité-moitié de l'Évêché à LausanneCette recette est la première d'une longue série intégralement pillée dans le Reglement 60.6 d de la Sweizerische Armee. Merci à Charles qui m'a offert cet ouvrage digne de Betty Bossi et qui, grâce à Internet, sera diffusé dans le monde entier. Attention : ce sont des recettes pour 100 personnes !

Greyerzer ..... 17 kg
Emmentaler ..... 5 kg
Schweizer Weisswein ..... 11 L
Zitronensaft ..... 3 dL
Knoblauch ..... 20 Zehen
Brot ..... 15 kg
Kartoffelmehl ..... ca 400 g
Pfeffer, Muskat, Paprika.

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15.03.2009

Lettre ouverte d’un ancien soldat suisse à « La Soupe »

1_messerlow.jpgChers animateurs et animatrices de «La Soupe»,

Je suis un fidèle auditeur de votre émission depuis sa première édition. Pour moi, depuis bientôt dix ans, la vie n’a de sens que parce que je sais qu’au bout d’une dure semaine de labeur, de contrariétés, de vexations, voire d’humiliations, je pourrai me raccrocher à notre rendez-vous hebdomadaire comme un naufragé à son radeau.

Je suis un amateur inconditionnel, un admirateur absolu, un amoureux fou, en un mot comme en cent un toxicodépendant de ce moment de plaisir et de volupté qui nous réunit chaque dimanche à l’heure du culte ou de la messe.

Pour rien au monde je n’accepterais de sacrifier mon heure et demie de jouissance radiophonique.

Je loue, que dis-je, je porte aux nues votre travail journalistique, vos enquêtes fouillées, vos réflexions pertinentes, votre travail acharné, votre déontologie professionnelle absolue, votre passion indéfectible, votre objectivité sans faille, bref votre perfection.

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13.12.2008

Le Champignac d’or à un colonel brigadier

danielberger.jpgCe matin, sur le coup des 11h30 tapantes, la cérémonie annuelle de la remise des prix du Grand Prix du Maire de Champignac 2008 débutait, dans une atmosphère de recueillement profond, par la projection des interventions des conseillers communaux lausannois qui ont défendu la pétition demandant que la Municipalité érige un monument à la gloire du Maire de Champignac.

Ce moment d’intense émotion passé, les quelques milliers, selon la police lausannoise qui a quelque chose à se faire pardonner, de spectateurs présents ont pu assister à quelques improvisations de Laurent Baier et Adrien Knecht effectuées sur la base de citations de candidats des années précédentes tirées au sort.

Puis vint le grand moment de la remise des prix.

Comme je suis assez élitaire, je me contenterai de mentionner dans ce billet la citation et l’identité du Champignac d’or. Une distinction qui, pour la première fois à ma connaissance, revient à un militaire. Et pas n’importe lequel, s’il vous plaît, puisqu’il s’agit du colonel brigadier Daniel Berger qui a affirmé en janvier 2007 dans la revue Armee actuell :

«Je pars du principe que tout exercice doit être répété quatre à cinq fois jusqu’à ce qu’il soit réussi du premier coup.»

Si le commandant de la brigade blindée 1 (br bl 1) a obtenu la plus haute distinction champignacienne, ce n’est sans doute pas un hasard. Ne déclarait-il pas dans son dernier rapport «En compétition, en combat, il n’y a pas de second!». Quand on sait que le militaire de haut rang a derrière lui une brigade entière de chars d’assaut, il y a quoi ficher la trouille aux plus valeureux disciples du maire rubicond et ventripotent. Mais de là à dire que le concours était pipé à coup d’obus de chars Léopard, il y a un pas que je me garderai bien de franchir.

Toujours est-il que l’homme du jour s’est déplacé pour recevoir sa récompense et qu’il l’a accueillie avec toute la rigidité et la réserve militaire qui sied à son rang. C’est ainsi qu’il a d’emblée affirmé :

«Je déclare accepter solennellement mon élection au premier prix du Champignac.»

De la graine de conseiller fédéral ? Ce n’est pas impossible.

Cerise sur le gâteau, le colonel brigadier qui a reconnu être un «Bernois de souche avec un léger accident fédéral», en a profité pour faire un peu de publicité pour la revue qui lui a permis d’accéder au pinacle champignacien en affirmant «constater avec plaisir que la revue "Armee actuell" est lue».

Un seul regret, l’étoile montante de la future meilleure armée du monde aurait pu venir en uniforme. Cela aurait eu un peu plus d’allure. Mais nul n'est parfait …


  • Crédit photographique : image empruntée à l'agence Keystone (parce que la mienne est trop nulle).

17.06.2008

Supprimer l’inutile

Suppression des exercices militaires inutilesJe me suis toujours demandé pourquoi l’armée suisse existe. Je me suis toujours demandé pourquoi un pays neutre, en plein milieu de l’Europe devait continuer à entretenir une armée qui coûte cher, qui pollue et qui rend ce que vous savez.

Ma modeste expérience militaire – si, si, j’en ai une, pas glorieuse, mais une quand même - ne m’a évidemment pas permis de répondre à cette question.

J’en ai déduit que l’armée suisse avait pour seul but d’assouvir les fantasmes des nostalgiques du réduit national qui croient encore pouvoir maintenir militairement l’indépendance de la Suisse et je me suis résigné – avec joie – à signer les initiatives du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA).

Mais aujourd’hui, j’avoue que les mélancoliques de la «mob» et de la sacro-sainte armée de milice ne me font plus rire du tout. Les zigotos qui croient que l’armée est un jeu me répugnent. Cela ne date pas d’aujourd’hui, mais cela prend actuellement des proportions insoutenables.

Certes le capitaine Machin, qui a cru intelligent de «renforcer l’esprit d’équipe de ses subordonnés» par des exercices dangereux, est un imbécile. Certes il a tué par négligence, par bêtise ou par fanatisme cinq de ses hommes, certes il a plongé dans l’horreur du deuil plusieurs dizaines, voire centaines, de personnes.

Mais ce qui m’énerve le plus, c’est que le chef de l'armée Roland Nef se contente de déclarer qu’il va interdire les «exercices sans lien direct avec la mission». Ce que Le Matin traduit très finement par ce titre édifiant : «Le chef de l’armée va interdire les exercices militaires inutiles».

Tout cela signifie que la grande muette s’adonne à des exercices qui ne servent à rien, sauf à blesser ou tuer quelques astreints au service pas forcément consentants. Cela signifie que les allumés du Swiss Army Group – dont le site Internet est actuellement en rade - , un groupe privé «sportivo-militaire» affilié à l’association zurichoise des sous-officiers, jouent aux Rambo avec la bénédiction de la hiérarchie militaire qui lui donne l’autorisation de faire mumuse en uniforme et avec le matériel de l’armée.

Bref, dans l’armée suisse qui n’a jamais eu pour seul ennemi qu’elle même, il s’en trouve quelques-uns qui s’amusent à se faire peur et d’autres qui les y encouragent. Et lorsque la fiction rejoint la réalité et que la peur débouche sur l’horreur, le chef de l’armée le promet, la main sur le coeur : «Le risque doit être limité à un minimum absolu».

Allez commandant de corps Nef, encore un petit effort : limitez les risques à un minimum absolu, interdisez tous les exercices de l’armée et, comme moi, signez les initiatives du GSsA. C’est ainsi que vous «supprimerez l’inutile» et que l’on pourra commencer à dormir tranquille.