08.01.2010
P'tites fuites (20)
CopieurBlocher suit à la trace l'un de ses maîtres à penser : Berlusconi. Milliardaire, populiste, collectionneur de tableaux, possesseur d'entreprise de communication, grand sourire, franc-parler et culte de la personnalité. Seule erreur de parcours : pendant que le maître se fait retendre les bajoues, le disciple se fait rogner les intestins. De là à dire que le maître en a plus dans les tripes que le disciple, il n'y a qu'un bistouri.
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Collabos
Les pompiers de l'Aéroport de Genève assurent le convoyage des bagages pendant que la grève des employés de Swissport et de Dnata. Par contre, ils évitent de se coltiner le chargement et le déchargement des chariots : casser une grève oui, mais de là à se casser le dos, il ne faut pas pousser !
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Divertissement fiscal
Le Parti socialiste lausannois s'insurge du fait que les promoteurs de l'initiative visant supprimer l'impôt sur les divertissements aient payé le vestiaire à un client d'une discothèque pour l'inciter à signer le texte. Ils ont tort, car c'est sans doute la seule et unique fois que l'abrogation de cet impôt bénéficiera à un client d'une discothèque ou d'un cinéma lausannois.
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Mendicité
Certains vocifèrent que Rroms qui mendient dans les rues de Lausanne profitent de l'empathie et de la bonté des passants pour s'enrichir éhontément. Qu'est-ce qu'ils diraient s'ils apprenaient que Pascal Broulis leur a consenti un forfait fiscal !
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- Crédit image : © Patrick Martin. Image empruntée à des fins non commerciales sur le site de 24 heures.
21:01 Publié dans P'tites fuites | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aéroport, berlusconi, blocher, divertissement, genève, grève, impôt, mendicité, pompiers, rrom
11.12.2008
Concordoposition
Il y a des jours comme ça où la lecture de la presse vous plonge dans la plus profonde perplexité.
À moins que ce ne soit le parti du tout nouveau conseiller fédéral qui ne sache plus très bien où il en est.
À moins, encore, que le fait de raconter tout et son contraire soit une garantie pour le ReacPartei de pouvoir continuer à raconter le contraire et son tout le plus longtemps possible.
Toujours est-il que, ce matin, la lecture de la presse nous a appris deux informations extrêmement contradictoires.
En page 2 du 20 minutes, le conseiller national valaisan à la queue de bouc cheval Oskar Freysinger annonce : « Avec l’élection d’Ueli Maurer, l’UDC n’est plus dans le jeu de l’opposition. Les jeux politiques sont finis. Il faut se mettre au boulot, surtout avec l’augmentation du chômage qui se profile. »
En page 5 du 24 Heures, le conseiller fédéral pas réélu pas réélu (ce n'est pas une faute de frappe), Christoph Blocher, affirme : « Nous sommes toujours dans l’opposition, mon activité reste donc entière. »
De là à dire que celui qui se croit encore le grand chef du parti du bouc n’est pas prêt de se mettre au boulot, qu’il se fout éperdument du chômage et qu’il va continuer ses petits jeux politiques, il n’y a qu’un pas.
Un pas que le chat de Geluck, publié ce jour, aussi dans le 20 minutes, a l’air d’avoir franchi sans s'en rendre compte.
23:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blocher, concordance, freysinger, maurer, opposition, parole
04.12.2008
Maurer, Blocher ? Non, nein, no !
Nul besoin de grandes explications, les deux clones n’ont pas leur place au Conseil fédéral.
Point barre !
Si vous êtes du même avis, il y a du travail.
Pour l’heure, au moins trois pétitions électroniques sont à signer :
- Celle des Verts
- Celle de Citoyen suisse
- Celle d’Ada Marra
« Pour plus de sécurité », il est prudent de signer les trois.
Ce billet n’appelant aucun commentaire, ils sont donc – et c’est la première fois – bloqués.
- Crédit photo (modifiée) : Parlement suisse.
23:25 Publié dans Elections | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : élection, blocher, conseil fédéral, maurer, suisse
23.11.2008
Qui va à la chasse perd sa place
Or donc, celui qui se prenait pour la diva du Conseil fédéral et qui en a été éjecté il y a un peu moins d’une année envisage son retour. La section zurichoise du parti du bouc a même plébiscité la candidature du conseiller fédéral non-réélu.
En fait, voilà un drôle de façon de faire de la politique. Une façon inconvenante de tenter de revenir sous la coupole par la fenêtre alors que le chef charismatique du parti nationaliste s’est fait mettre dehors par la porte.
Sans parler de la personnalité et de la politique du milliardaire politicien, il y a au moins trois raisons qui rendent le retour du vieux lion populiste pour le moins incongru.
Première raison : jamais, un conseiller fédéral non-réélu n’a réussi, ni même tenté, un retour à l’exécutif fédéral. On se demande bien pourquoi l’entrepreneur zurichois ferait exception et ne prendrait pas acte de son indésirabilitude comme l’ont fait avant lui Ulrich Ochsenbein, Jean-Jacques Challet-Venel et Ruth Metzler.
Certains rétorqueront que, lors des élections fédérales, le peuple aurait implicitement plébiscité Christoph Blocher sous prétexte qu’il figurait sur les affiches électorales du parti avec la mention «Soutenez Blocher - Votez UDC». Voilà un raccourci bien peu démocratique qui a même gêné aux entournures certains candidats UDC pur sucre comme Eric Bonjour qui déclarait au journal Le Temps : «Je n'ai rien contre les affiches de Christoph Blocher, mais cette campagne ne doit pas durer trop longtemps. Il serait sain que la campagne vaudoise s'oriente sur les candidats uniquement, car de nouvelles personnes s'engagent pour le parti et le peuple a le droit de faire leur connaissance». Résultat : la campagne vaudoise s’est tellement bien orientée sur les candidats qu’elle a élu les moins blochériens d’entre eux, au grand dam de Bonjour d’ailleurs.
Prétendre que les électeurs UDC plébiscitaient Blocher était un mensonge tactique à l’époque et devient une escroquerie aujourd’hui. Voici donc une deuxième bonne raison pour que l’Assemblée fédérale renvoie, le cas échéant, le guide du troupeau UDC à ses occupations.
Une troisième bonne raison de bouder le trop pressant candidat est qu’il fait partie de … l’UDC. Un parti qui a quitté de lui-même, et avec fracas, le Conseil fédéral pour rentrer dans l’opposition. Un parti qui a dû, pour mieux se marginaliser, exclure une conseillère fédérale de ses rangs et pousser dehors son second conseiller et sa section bernoise. L’UDC a donc renoncé explicitement à ses deux sièges au Conseil fédéral. L’UDC a choisi la stratégie de la marginalisation, de la victimisation, de l’autoexclusion et de l’opposition. C’est son choix, mais quand le choix est fait, on s’y tient. Au moins pour un certain temps. On ne passe pas juste une année dans l’opposition pour revenir à la première occasion. Même si – et surtout si – la cure d’opposition n’apporte pas les résultats escomptés ce qui n’est finalement pas étonnant puisque l’UDC blochérienne a toujours été dans l’opposition, même quand elle était représentée à l’exécutif fédéral par son maître à penser.
L’UDC est en quelque sorte partie à la chasse. À la chasse aux voix, à la chasse aux membres, à la chasse à la suprématie. Elle a laissé sa place et elle l’a perdue. Elle est dans l’opposition, qu’elle y reste !
Quant au siège laissé vacant par Samuel Schmid, deux partis peuvent donc légitimement le revendiquer : les Verts et le PDB. Si le Vert Recordon est une candidature de combat – il avoue lui-même avoir des chances modestes – il reste de la responsabilité du PDB de proposer une candidature de raison et d’assumer sa propre succession.
Réponse le 10 décembre, jour où l’Assemblée fédérale devra montrer qu’elle n’est pas une girouette et qu’elle ne tombe pas dans le piège qui consiste laisser choisir à l’UDC, selon son humeur du moment ou selon ses intérêts, quand elle gouvernementale et quand elle est dans l’opposition.
- Illustration : huile sur lin de Joachim von Sandrart (1606-1668)
15:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : élection, blocher, conseil fédéral, opposition, pdb, recordon, udc
09.06.2008
Quand il n'y a plus de solution, reste la vengeance
Le titre de ce billet est une citation de Daniel Pennac qui me semble convenir à merveille à ce que nous propose impose aujourd'hui l'ancien conseiller fédéral du parti du bouc. Jugez vous-même.
Le 6 juin 2006, le futur «conseiller fédéral non-réélu» Christoph Blocher prononçait un discours à l’occasion de l’ouverture du studio de la SSR «Chasa RTR». Voici un extrait de ce discours :
C’est l’entreprise Ems Chemie qui m’a fait trouver le chemin des Grisons. Mais la relation que j’entretiens avec ce canton n’est jamais restée uniquement d’ordre professionnel. Les Grisons sont devenus pour moi une terre d’élection, où s’est jouée une partie de ma destinée, et je ne peux y échapper. Le paysage, les habitants, leur rudesse, leur gratitude, leurs manières simples, ont gagné mon cœur. […] Plus tard, en tant que propriétaire de l’entreprise, j’ai toujours tenu à maintenir la production dans ce canton.
Deux ans et deux jours plus tard, l’ex-tribun populiste, pourtant bourgeois d’honneur de Lü-Lüsai, la commune la plus haute d’Europe, a tout oublié de ses anciennes amours. Preuve en est cette menace faite dans le SonntagsBlick où il a déclaré que son éviction par la grisonne Eveline Widmer-Schlumpf n’incitait pas ses enfants, qui dirigent l’entreprise familiale EMS Chemie, à investir dans le canton. Il ajoutait, cynique, «On ne peut pas punir tous les Grisons parce que l'une d'entre eux est une traîtresse. Mais lorsque l'on investit, on investit aussi émotionnellement».
Il faut se rendre à la scandaleuse évidence : le monsieur nous annonce une vengeance des plus sordides. Il est question de faire payer aux Grisons et à ses habitants sa non-réélection. Il s'agit de moins investir dans l’entreprise la plus importante pourvoyeuse d’emploi du canton par mesure de rétorsion. L'intention est de faire payer le prix fort au «Peuple Souverain» de son canton d’adoption.
Ce genre d’agissements n’a rien à envier à la vendetta et relève même du terrorisme par la prise en otage des travailleurs et travailleuses de tout un canton.
Si certains terroristes se bardent de ceintures bourrées d’explosifs pour arriver à leurs fins, d’autres n’ont besoin que d’un seul mot pour faire voler en éclats plusieurs dizaines voire centaines d’emplois !
Il faudra que le «Peuple Souverain» s'en souvienne.
07:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blocher, chantage, ems chemie, grisons, vengeance



