26.09.2009

Un slalomeur est né : Andreas Meyer

bx_S_Bahn_Zuerich_37_Intern.jpgLe grand patron des CFF est extraordinaire ! Il est capable de godiller sur les pentes les plus raides sans sembler faire le moindre effort.

C’est ainsi qu’en juillet dernier, il annonçait, d’une main de velours gantée de fer, vouloir pénaliser financièrement les responsables des retards des trains. Pour justifier sa stratégie musclée, il expliquait : «Nous pouvons ainsi créer la pression afin de réduire les retards.»

Deux mois plus tard, la stratégie du roi de bogies semble avoir fait un virage à 180°, sa main de fer se serait gantée de velours : «Je veux exactement le contraire, ma philosophie de conduite est de motiver les gens».

Et le génie des aiguillages de proposer deux versions de la même recette : le salaire au mérite.

Car tout est dans l’emballage. Dans la première version, le patron parlait de punition, dans la seconde, il parle de récompense. Il n’empêche que le produit est le même : mettre en concurrence les travailleurs, faire en sorte que les «bons» piquent la masse salariale des «mauvais» et faire des économies au passage mais surtout sans en avoir l’air.

En fait Andreas Meyer ne dit rien de nouveau, rien de différent, il reformule, il parle, il communique, mais il ne vise qu’une seule chose faire plus avec moins.

Jusqu’au jour où moins ne sera plus assez. Et on n’en est pas très loin puisqu’il demande 100 millions par année pour ne pas accumuler plus de retard dans l’entretien des infrastructures.


  • Crédit photographique : © Photo CFF

13.07.2009

Andreas Meyer déraille

andreasmeyer.jpgJe vous l’accorde, le titre de ce billet est un peu facile. Il n’empêche que le patron des CFF, en annonçant vouloir pénaliser financièrement les employés «responsables» des retards des trains s’engage sur une voie sans issue. Cette voie est celle, n’ayons pas peur des mots, du mobbing. Une voie qu’il ne cache même pas : «Nous pouvons ainsi créer la pression afin de réduire les retards.» De là à dire que le directeur des CFF va finir dans le butoir, il n’y a qu’un pas.

Même pour le commun des mortels, pas particulièrement au fait de la gestion des chemins de fer, il y a une évidence : nous ne sommes plus au temps où les mécaniciens de locomotives géraient leur avance à l’œil ou au pif. La gestion compliquée des chemins de fer suisses, comme étrangers, est bien évidemment placée sous la bienveillante régulation d’un système informatique qui rend possible le déplacement de plus de 7'000 trains de voyageurs et 2'000 trains de marchandises. Une quantité journalière de convois qui fait de notre réseau l'un des plus exploités du monde.

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08.10.2008

Se réunir à l’heure d’Internet ?

Faut-il conserver des salles de réunion à l'ère d'Internet ?En mai dernier, je commettais un petit billet dénonçant la marchandisation de l’espace public que constitue la transformation des salles de réunions des cantons et de vignerons de la gare de Lausanne en bureaux et commerces.

Entre-temps, l’association «Libérez la parole» s’est activée et a lancé une pétition qui a recueilli plus de 1400 signatures. Cette pétition a été remise hier au président du Conseil communal de Lausanne.

Non contente de s’investir en utilisant les moyens démocratiques à sa disposition, l’association a mis sur pied une conférence-débat public qui aura lieu demain jeudi 9 octobre à 20h00 à la Salle des Vignerons de la gare CFF de Lausanne.

Cette causerie permettra de poser, et de tenter de répondre, à une question un peu provocatrice : faut-il conserver des salles de réunions à l’heure d’Internet ?

Organiser un débat public dans une salle de réunion pour parler de tout cela est probablement déjà un élément de réponse.

Cette conférence-débat sera animée par des contributions de l’urbaniste Pascal Amphoux, de l’écrivain et chroniqueur Christophe Gallaz et du sociologue Olivier Glassey.

Entrée évidemment gratuite et ouverte à tous.

26.06.2008

De la provoc à la gangrène

Centrale nucléaire de GösgenLundi dernier, Daniel Brélaz, le syndic vert de Lausanne, déclarait au quotidien le Temps que «l'appoint [énergétique] soit des centrales à gaz soit du nucléaire est nécessaire. […]». Le lendemain, dans le même quotidien, il affirmait être favorable à un compromis global en matière d’énergie, mais déclarait ne pas inclure le «nucléaire dans ce compromis».

 

Et le Syndic d’accuser le journaliste de l’avoir mal compris. Et les camarades verts de crier à la trahison. Soit dit en passant, c’est fou le nombre de personnes qui comprennent mal Daniel Brélaz.

Tout cela rappelle un peu la déclaration, faite il y a un mois à peine, par le Ministre Leuenberger qui, pour rire, ou plutôt par provocation, annonçait envisager l'entrée en bourse des CFF et, ainsi, les privatiser en partie.

Et la presse de s’emparer, puis de commenter ces annonces et les camarades roses de crier au scandale.

Une provocation labellisée et une provocation camouflée ? Deux coups de sonde ? En tout cas, à coup sûr, une bonne pub dans les journaux et un message qui passe. Dans les deux cas. Dans le cas

Leuenberger, une façon d’attirer l’attention de la presse et peut-être de celle du public, sur les difficultés qu’il a de réunir l’argent indispensable au développement du réseau des transports publics. Dans le cas Brélaz, une façon de préparer l’opinion de la presse et probablement celle du public (bis), sur le recours inévitable aux centrales à gaz parce que les énergies renouvelables ne vont pas suffire, du moins pour le moment.

Deux pavés dans la mare pour réveiller les consciences. Mais deux pavés dans la mare qui font des vagues dans toutes les consciences et qui secouent tous les instincts y compris les mauvais.

À l’exemple de ce courrier des lecteurs, publié aujourd’hui dans de Le Temps, où Bruno Pellaud, président du Forum nucléaire suisse, se frotte les mains en affirmant «souhaiter l'émergence sur la scène politique de «Verts avertis», des Verts qui se démarqueraient des opportunistes qui les entourent à gauche et à droite, et qui s'engageraient politiquement pour faciliter le stockage définitif des déchets radioactifs.»

À l’instar de cette chronique d’Urs Gfeller, journaliste à la RSR, qui titrait le 22 mai dernier un billet du blogue Signature ainsi : «Le parti socialiste suisse, un dinosaure qui s’ignore». Un titre suivi d’un – mauvais – conseil «[…] s’il faut défendre la justice sociale il faut aussi et surtout plaider pour l’économie de marché.»

Ces avertissements sont clairs : il s’agit pour les Verts «crédibles» d’ouvrir grand la porte au nucléaire et pour les socialistes «modernes» de prendre fait et cause pour l’économie de marché. La réciproque coule de source : les Verts qui veulent sortir du nucléaire sont des rigolos et les Socialistes qui privilégient la justice sociale sont des ringards.

Et c’est avec ce genre de ballons d’essais, de coups de sonde, de provocations que l’on finit, petit à petit, par laisser percoler dans le cerveau de tout un chacun qu’il n’y a pas d’espoir en dehors du nucléaire et de l’économie de marché.

Je ne vous félicite pas messieurs.

12.05.2008

Vous avez dit « marchandisation de l’espace public » ?

Gare de LausanneDepuis le 1er janvier 1999, date à laquelle les CFF sont devenus une société anonyme de droit public, j’ai le sentiment que nos Chemins de fer fédéraux sont sur la mauvaise voie et qu’ils investissent plus d’énergie à gérer leur parc immobilier qu’à développer des transports ferroviaires efficaces et accessibles.

Preuve en est cette dernière lubie qui consiste à transformer des salles de réunions d’utilité publique en bureaux et commerces. Par cette opération, les CFF visent à « rentabiliser » les espaces occupés par la Salle des Vignerons et la Salle des Cantons de la Gare de Lausanne.

Ces deux salles, idéalement situées et financièrement abordables, ont accueilli des réunions d’associations, de sociétés et de collectifs de tous les bords : des réunions des syndicats de la fonction publique au City management en passant par l’UDC et le POP & Gauche en mouvement.

Consacrer ces espaces, dont le plus grand peut accueillir jusqu’à 300 personnes, à la déesse économie constitue donc une perte sèche pour la vie démocratique, associative et politique de la ville de Lausanne et du canton.

Pour toutes ces raisons, je vous invite vivement à signer et à faire signer la pétition du collectif Libérer la parole.