07.02.2010
P'tites fuites (23)
Cheffe, oui Cheffe !Doris Leuthard s'est entretenue avec Le Matin auquel elle a confié qu'il est «génial d'être cheffe puisque c'est vous qui décidez. En plus, c'est intéressant parce que vous pouvez changer quelque chose, soit à la vie quotidienne, soit au monde.» Contactés par Secret-défense, la vie quotidienne et le monde affirment ne jamais avoir entendu parler de cette Doris.
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Lèche-botte
Nicolas Sarkozy reproche à Obama de ne pas être assez rigide avec le gouvernement chinois. Il faut dire que Zébulon sait de quoi il parle lui qui se plie en quatre pour vendre des centrales nucléaires à la plus grande dictature du monde.
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Burqattaque de poste
Samedi, dans l'Essonne, deux individus dissimulés sous une burqa ont attaqué samedi un bureau de poste. Les commentateurs des sites fascistoïdes et identitaires y voient là une occasion de propager la peur et de faire progresser leurs idées nauséabondes : «on peut dissimuler n’importe qui et n’importe quoi sous une burka». Y compris des «Français de souche».
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La Palisse l'eut dit
À propos de la pénurie de sel due au forte précipitation de neige de cet hiver, Le Matin a osé ce titre : «Plus il y a de neige, moins il reste de sel». C'est frappé au coin du bon sens, d'autant que l'inverse est tout aussi vrai : «Plus il reste de sel, moins il y a de neige». Tout cela sera valable tant que l'on ne se posera pas la question : pourquoi tant de sel sur les routes ?
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- Crédit photo : épandage de Stop Gliss Bio®.
10:43 Publié dans P'tites fuites | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : burqa, chef, cheffe, chine, identitaires, leuthard, neige, obama, pénurie, sarkozy
14.08.2008
Un taxi à Pékin
Ou Xiari nuan yangyang, c’est d’abord le titre d’un film de Ning Ying qui a obtenu le Don Quixote Award en 2001 et qui raconte les tribulations d’un chauffeur de taxi amoureux, très amoureux ...
Mais un taxi à Pékin, c’est surtout un doux euphémisme, parce que des taxis il y en a 70000 à Pékin.
Septante mille taxis ! C’est comme si toute la ville de St-Gall n’était peuplée que de chauffeurs de taxis. Pour un membre du Conseil intercommunal des taxis de la région lausannoise qui compte, en tout et pour tout, 250 «taxis gris», cela laisse songeur.
Notons tout de même au passage que la ville de Pékin, qui compte donc 70000 taxis pour 12 millions d’habitants, dispose d’un taxi pour 170 habitants. La région lausannoise qui dispose de son côté de 250 taxis pour environ 275 mille habitants ne dispose que d’un taxi pour 1100 habitants. Il faut cependant reconnaître que le taux de motorisation est, pour l’instant, beaucoup plus important à Lausanne qu’à Pékin.
Évidemment, quand une ville de cette taille possède un tel nombre de taxis, on est pratiquement face à une société dans la société. Une société qui doit avoir beaucoup à dire, à raconter.
Voici quelques éléments à propos des taxis pékinois glanés ici et là.
Première anecdote, pour toute la durée des JO, les chauffeurs de taxis auront l’interdiction d’avoir le crâne rasé ou de porter la barbe. Quant aux femmes, elles n’auront pas le droit d’arborer des coupes de cheveux «trop extravagantes». Question d’image paraît-il …
Par contre, toujours pour la bonne image, les taximen ont été priés de revêtir l’uniforme pour cette grande occasion olympique : chemise jaune, cravate rayée et pantalon bleu. Et peu importe la chaleur. Les récalcitrants, même par 40°C et 80% d’humidité, devront s’acquitter de la «modique» somme de 200-500 yuans (20-50 euros) en guise d’amende.
Catherine Mercier, journaliste de Radio-Canada envoyée à Pékin, nous apprend que d’autres directives encore plus strictes s’appliquent. Pendant le grand branle-bas olympique, les chauffeurs auront l’interdiction de manger dans leurs véhicules, même s’ils y passent 14 heures par jour, et auront l’obligation de se brosser les dents après avoir mangé de l’ail.
Pour permettre à leurs chauffeurs de communiquer facilement avec les amateurs de sport du monde entier qui vont déferler sur la ville chinoise, il semblerait que les centres de contrôle des taxis aient décidé d’utiliser les fonctions linguistiques des GPS. Mais toute cette électronique embarquée aurait aussi pour but de mettre sur écoute les passagers.
À vrai dire, mieux vaut être sur la bonne longueur d’onde avec les chauffeurs pékinois, car comme le rapporte Annie Poulin, une stagiaire journaliste québécoise : «À Pékin, le chauffeur demande au client s’il est capable de lui expliquer le chemin. Si le client doute, c’est fini… dehors ! Et j’exagère à peine.»
Au fait, je ne saurais terminer ce billet sans souligner qu’il y avait plusieurs modèles de taxis pékinois : le Xiali qui est petit et rouge, le Fukang qui est une Citroën ZX et les «taxis noirs» appelés ainsi car ils sont illégaux. Il est bien clair que, pour cause de Jeux, ces anciens modèles ont été condamnés pour être remplacés par de rutilitantes Hyundai Sonata sud-coréennes mais fabriquées à Pékin.
Les taxis pékinois constituent tout un monde que le Syndic de Lausanne n’aura pas, ou peu, eu l’occasion de fréquenter. Voiture mise à disposition par le CIO oblige. Dommage pour lui.
18:24 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, pékin, taxi
Ecolochine
Tiens donc, alors que beaucoup d’internautes suisses vomissent littéralement les Jeunes Verts et leur initiative visant à interdire certaines voitures les plus polluantes, la Chine annonce qu’elle va sensiblement augmenter les taxes sur ses véhicules les plus polluants.
Je trouve cela assez marrant.
Oh, je ne suis pas dupe, cette annonce en pleine mascarade olympique tombe plutôt bien. Elle est l’occasion pour le Gouvernement chinois de se parer d'un vernis vert du plus bel effet médiatique.
Il n’empêche, la Chine, ce petit pays qui renferme presque le quart de l’humanité ; ce petit pays qui nous fournit les objets «made in China» dont nous raffolons tant ; ce petit pays dont l’empreinte écologique est moins de la moitié de la nôtre même si elle a doublé depuis les années soixante.
Bref, ce petit pays a l’air de prendre conscience, du moins dans les communiqués de presse, que la machine peut s’enrayer. Ou du moins qu’elle a intérêt à se présenter comme une mégapuissance qui se soucie des effets négatifs voire délétères de sa croissance.
Et ici, en Suisse, pendant ce temps, certains s’insurgent contre le fait que des soi-disant Khmers verts veulent les priver de véhicules qui génèrent plus de 250 g/km de CO2. Ils s’insurgent, alors que, comme le démontre magnifiquement Luc Genton, seule une minorité de véhicules particulièrement polluants seront concernés.
Bon, d’accord, la Chine, qui dit «vouloir passer à un modèle de croissance moins polluante et plus économe en énergie», nous bourre le mou. Mais pas plus que tous ceux qui veulent nous faire croire qu’il y a une croissance ou un développement «soutenable» ou «durable» possible et infinie dans un monde fini.
Mais il n’empêche, taxer les gros véhicules en Chine, c’est taxer les copains du pouvoir. C’est taxer les caciques du parti. Et ça, ce n’est pas demain la veille en Suisse.
Parce qu’en Suisse, comme en Europe ou aux USA, tout le monde peut, ou presque, avoir un gros machin qui pue et qui pollue grâce aux Chinois qui n’en auront jamais et qui fabriquent, dans les pires conditions, les produits «made in China» dont le bas prix nous laisse de quoi nous payer le gros machin qui pue et qui pollue.
- Crédit photographique : Soumyadeep Paul sous licence Creative Commons.
10:51 Publié dans Transports | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, circulation, croissance, pollution, taxe, voiture
22.04.2008
Une des causes de la crise tibétaine dans votre poche ?
Les batteries de portables – téléphones, ordinateurs, iPod et autres – utilisent largement un métal léger aux propriétés électrochimiques très prisées : le lithium. Or, il se trouve que ce métal alcalin est présent en abondance au Tibet, sous forme dissoute, dans le lac salé Chabyer - ou Zabuye -, et que la Chine est devenue le plus gros producteur de batterie au lithium du monde.
C’est en tout cas ce que nous révèle Le Courrier d’hier par la plume de Marie-Martine Buckens dans un article édifiant mais très inspiré d’un de ceux de Green Energy News.
Tout cela est confirmé par le Minerals Yearbook du Gouvernement américain qui affirme que la production potentielle de lithium pourrait atteindre presque un tiers de la consommation mondiale de ce matériau en 2005.
Bien entendu, le Tibet recèle d’autres trésors naturels qui ne peuvent qu’attiser la convoitise des pays industrialisés, comme les USA, et, bien évidemment la Chine. Au nombre de ces trésors et ressources naturelles, on citera, en vrac, l’uranium, le pétrole, le gaz et … l’eau. De l’eau pour boire, mais aussi de l’eau à turbiner pour produire jusqu’au tiers des besoins électriques de la Chine.
Autant dire que, dans ces conditions, on comprend mieux pourquoi le Gouvernement chinois supporte assez mal les désirs d’indépendance du Peuple tibétain.
On comprend aussi un peu mieux pour quelles raisons les Etasuniens rêvent de planter un « consulat », et plus si entente, parce que la guerre, il ne faut pas y penser, la Chine ce n’est pas l’Irak, à Lhassa afin de mieux « observer » ce qui se passe au Tibet.
On comprend bien mieux pourquoi le Gouvernement chinois s’est fendu d’un chemin de fer, long de 4 561 km et faisant étape à Tanggula, la gare la plus haute du monde, reliant Pékin à Lhassa.
On comprend plus facilement pourquoi les certains pays – comme les USA et la France – crient plus ou moins fort, mais pas trop, contre le non-respect des Droits de l’Homme mais ne font rien.
On comprend tout à coup pour quelle raison l’on passe pour un collaborateur de l’impérialisme américain si l’on critique le Gouvernement chinois et ses méthodes qui font des dégâts humains aussi bien en Chine qu’au Tibet.
Le Tibet, on le découvre à l’occasion des J.O., est un réservoir de richesses pour la Chine et certains aimeraient bien se payer une tranche du gâteau. Mais, évidemment la Chine ne veut pas et, fidèle à sa tradition, le Gouvernement chinois, qui n’a plus rien de communiste ni de démocratique, flanque des beignes à ceux qui font remonter cette situation sur la scène de l’actualité mondiale.
Pensez donc, on ne badine pas avec le commerce, la croissance et le « progrès » !
Le seul tort du Tibet : occuper une position stratégique entre l’Inde et la Chine et être bourré de richesses. Un comble pour un pays où la religion dominante « valorise le non-attachement aux biens matériels et prône la vertu d'avoir moins de désirs, sans que cela ne se confonde avec un encouragement à la pauvreté. »
07:08 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, eau, lithium, minerais, or bleu, ressources naturelles, tibet
21.04.2008
Une autre « zone verte » derrière la tête ?
Une discrète dépêche de l’AFP l’annonçait il y a une dizaine de jours : la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, envisage de créer un consulat américain au Tibet pour pouvoir suivre plus directement les événements dans cette région.
Elle explique : «Nous avons demandé un accès consulaire pour nos diplomates au Tibet» et elle ajoute «Nous avons obtenu un accès limité mais franchement, ce n’était pas suffisant».
Pour les Etasuniens, il s’agit de suivre «plus directement les événements dans la région». Il est donc question pour un état tiers de suivre ce qui se passe dans un état reconnu internationalement. Voilà probablement l’interprétation bushienne et, manifestement, colonialiste du célèbre «droit d’ingérence» mis à la mode par Bernard Kouchner.
Cette interprétation est bien entendu contraire aux principes internationaux qui interdisent toute intervention de l'ambassade ou du consulat dans le pays hôte en vertu du principe de «non-ingérence dans les affaires intérieures». Le «droit d’ingérence» à la sauce Bush est d’autant plus inacceptable qu’il ne s’appuie, bien entendu, pas sur la moindre résolution de l’ONU.
C’est à croire que les USA sont en train de se concocter une petite base avancée sous le nez de la superpuissance, économique et dans une moindre mesure militaire, chinoise. Si cela devait se réaliser, voilà qui nous promet de beaux jours du point de vue de la géostratégie et qui assurera aux Tibétains des lendemains chagrins. Comme s’ils avaient besoin de ça !
À la décharge des USA, il faut relever que les missions diplomatiques à géométrie variable et à pouvoirs étendus commencent à faire partie de leur quotidien.
Il existe déjà la fameuse Zone verte de Bagdad. Une bulle coloniale d’environ 10 km2 – le quart de la superficie de Lausanne ou cinq fois la Principauté de Monaco – qui abrite le parlement et les services gouvernementaux irakiens, mais surtout l’ambassade des Etats-Unis. Cette enclave est gérée par une entreprise privée, Global Strategies Group (GSG), basée à Londres.
Cet état dans l’état, cette Little America, d’où les Etasuniens comptent bien «transformer l’Irak en une démocratie pacifique, moderne et séculière», réconforte les civils et militaires venus pour «reconstruire» l’Irak. Cette reconstruction, ils la font en mangeant des hot-dogs et des céréales, en buvant de la bière et de l’eau, le tout provenant uniquement de l’étranger et sous une gigantesque peinture représentant le World Trade Center ornée du slogan : «Remercions Dieu pour les forces de la coalition et pour les combattants de la liberté à la maison [les Etats-Unis] et à l’étranger.»
Mais les USA n’en sont pas à leur coup d’essai en matière de «bulle protectrice». C’est ce qu’explique Mike Davis dans sa Petite histoire de la voiture piégée (Ed. Zones La Découverte, Paris, 2007) :
Un mois après l’attentat de l’hôtel Victoria, le secrétaire à la défense Robert McNamara en vint à la conclusion que la seule solution face à la menace continue présentée par les voitures piégées du Viet Cong consistait à faire sortir le plus grand nombre possible d’Américains de Saïgon. Pour ce faire, il ordonna la construction d’une caste «cité militaire» complètement autarcique à vingt-cinq kilomètres au nord de la ville. Avec ses 16 km2 établis sur une ancienne exploitation de caoutchouc française près de la base aérienne de Bien Hoa, le complexe de Long Binh, qui avait coûté pas moins de 130 millions de dollars, était conçu tout à la fois comme une forteresse et comme un petit bout d’Amérique. «Sur le papier, rapportait le New York Times à l’automne 1966, certaines rues de Long Binh ont déjà un nom - de Fargo Street à Eisenhower Loop. Les soldats seront logés dans des préfabriqués en bois de deux étages et disposeront de toutes sortes d’aménités : entrepôts réfrigérés, terrains de base-ball et salles de cinéma. Les généraux habiteront des bungalows climatisés.»
En marge des bruyantes discussions sur le boycott - ou pas - des J.O., les événements entre le Tibet et la Chine de cette période préolympique semblent donner aux Etasuniens un prétexte pour profiter de préparer, avec discrétion, l’installation d’une base avancée sous le nez de la Chine.
Une base avancée avec son lot de hamburgers, de bières, de donuts, de films pornographiques, de GMC Suburbans, de barbouzes, de mercenaires, de soldats et de diplomates et surtout avec l'objectif de contrôler, autant que faire se peut, ce grand pays qui échappe à la maîtrise étasunienne.
Un petit pied, chaussé de rangers, dans la grande porte entrouverte de la Chine.
- Crédit photographique : Steynard sous licence Creative Commons.
07:15 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, colonisation, condoleezza rice, consulat, ingérence, j.o., lhassa



