28.05.2009

C’est pas moi, c’est elle

citymanagement non merci.jpgCe n’est pas ma faute, c’est celle de Muriel Testuz – « qui porte bien son nom » selon une affirmation publique du Syndic ! – et de son « noyau dur » d’opposants. C’est à peu de choses près les propos émis par Daniel Brélaz lors de l’annonce des funérailles du City Management mercredi dernier.

Et le Syndic de discréditer ceux qui ont largement montré qu’ils avaient raison en luttant contre la politique de « promotion » du commerce de détail lausannois : les commerçants ont peur du changement, ils sont individualistes, ils ont mené une croisade, ils se sont acoquinés avec des associations ennemies pour avoir la peau d’un projet auquel ils n’ont rien compris.

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23.01.2009

Contorsions municipales

Parcomètre à LausanneSur le plan de l’urbanisme, la Municipalité de Lausanne n’en finit plus de patauger dans une mare de contradictions. Jugez plutôt.

Alors qu’elle affirmait urbi et orbi que le projet «Métamorphose» comportait des points non négociables, dont le déménagement du Stade de la Pontaise vers les bords du lac, on vient d’apprendre cette semaine que l’exécutif veut construire un stade d’athlétisme à la Tuilière. On peut se féliciter de cette marque tardive d’ouverture, mais on peut aussi douter que les choix initiaux découlaient d’une analyse très pertinente de la situation. A moins que ce soudain revirement ne soit qu’une pirouette politique face à l’initiative populaire aboutie qui demande le maintien d’infrastructures sportives dans le nord de la ville.

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03.05.2008

La politique au forceps

4forcepsSouvenez-vous : entre l’automne 2002 et le printemps 2005, la Municipalité de Lausanne a organisé la démarche participative Quartiers 21. Dans ce cadre, 950 habi­tant- e-s de la ville se sont réunis et ont formulé 170 propositions.

Après les ateliers dits «d’inno­vation», 110 personnes ont parti­cipé aux conférences dites «de consensus», afin d’extraire la quintessence des propositions initiales. Ce sont ensuite les Ser­vices de la ville qui ont procédé à des études de faisabilité des pro­jets retenus et ont établi un programme d’action.

De tout cela, il est sorti 37 projets, répertoriés dans la brochure Quartiers 21 – La parole aux habitants et soumis au Conseil communal, qui les a ac­ceptés. Une page de cette bro­chure porte en lettres capitales de grande taille la philosophie de la démarche :

Donner la parole à tous les habitants, y compris ceux qui ont peu d’expérience avec les processus politiques, les inviter à dessiner ensemble l’avenir pour améliorer la qualité de vie, les rassembler autour de projets sur leurs quartiers et leur ville, instaurer un dialogue entre les autorités, l’administration et la population, tels sont les buts de la démarche participative Quartiers 21.

 

Quelques années plus tard, au printemps 2008, la Municipalité a, si l'on peut dire, évolué. Elle vient d’imposer, coup sur coup, deux de ses projets de législature. La Métamorphose de Lausanne, avec ses points non-négociables comme la destruction du stade de la Pontaise, l’édification d’un écoquartier sur le plateau de la Blécherette, l’érection d’un stade et d’une piscine enrobés de surfaces commerciales. Le City management constitue le deuxième acte péremptoire de la Municipalité : une taxe imposée aux commerçants destinée à faire de Lausanne un centre commercial à ciel ouvert.

Dans les deux cas, de nombreuses voix s’élèvent, s’interrogent et remettent en question les choix municipaux. La Municipalité n’entend pas ces voix. Elle ne les écoute même pas. Pire, le Syndic, Daniel Brélaz, discrédite celles et ceux qui ont le malheur de discuter ses options : ce sont des rétrogrades, des nostalgiques d’un passé révolu, des septuagénaires mélancoliques, des poujadistes, des Neinsager, des fondamentalistes. Bref des vieilles badernes égoïstes empêcheuses de diriger en rond.

Voilà, comment la Municipalité de Lausanne est passée de la démarche participative de Quartiers 21 à la politique du forceps.

Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner si la Municipalité se prend deux initiatives populaires «dans les gencives». Deux initiatives qui sont les premières de l’histoire de la capitale vaudoise et qui visent à rappeler aux magistrats lausannois qu’ils se sont engagés, un jour, à discuter leurs choix avec l’ensemble de la population. Deux initiatives qui devraient donner, enfin, la parole aux habitants sur des sujets aussi importants que l’urbanisme et le commerce en ville.

Deux initiatives qui feront, peut-être, réfléchir la «Municipauté», confortablement installée sur ses certitudes et insensible aux bruits des Quartiers ... 21.

N. B. Ce billet a été publié dans la rubrique «Réflexions» de l'édition du 3 mai 2008 du quotidien 24 Heures.

02.04.2008

De la citygrenouille au cityboeuf

La solitude du city Père NoëlLe city management : vous savez, c’est cet «organisme chargé d’assurer la promotion et le développement du commerce lausannois et d’en concrétiser l’action» financé par un impôt dégressif – comme à Obwald – qui a été imposé par le Conseil communal aux commerçants de la ville de Lausanne pour, paraît-il lutter contre le dépérissement du commerce de la ville.

Le city management, c’est la syndicalisation forcée des gros et des petits commerçants dont l’objectif est de réunir des fonds pour faire venir des chameaux en ville à Noël, des courges à Halloween et mettre sur pied des garages à mômes – des haltes-garderies – pour la fête des soldes (!) du mois de juin.

Le city mangement c’est ce concept fumeux qui recycle des idées déjà anciennes et qui coûte proportionnellement beaucoup plus cher aux petits commerçants qu’aux géants du commerce de détail.

Mais le city management, c’est aussi la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf, c’est aussi un machin qui veut mettre son nez partout. Preuves en sont les propos de Christian Masserey qui rappelait lors du traditionnel apéritif de début d’année de l’Association des commerçants de Lausanne (ACL) :

À ceux qui ne l’ont pas encore compris, [Christian Masserey] redit que le city mangement n’a pas pour seule vocation l’organisation de manifestation de quartier, il s’agit d’un concept beaucoup plus large puisqu’il doit être associé au processus de décision d’une ville notamment en en matière de mobilité, de développement économique et d’urbanisme. (Extrait de l'édifiante revue Economie Lausannoise n° 1 2008)

 

C’est clair, à ceux qui ne l’ont pas encore compris, le city management veut pouvoir décider à l’égal du conseil communal ou de la municipalité. Bref, le city mangement veut prendre une partie du pouvoir et surtout veut dépasser le cadre légal qui lui a été attribué par le conseil communal. Un cadre légal qui consiste en «contribuer à structurer le commerce de détail lausannois, à le promouvoir et à le développer», ce qui n’est pas tout à fait la même chose que de co-décider de la politique de mobilité, d’urbanisme et de développement économique.

Le city management, c’est quand même une, mais une seule, grande réussite : c’est l’étincelle qui a mis le feu aux poudres de la création de la plus grosse association de commerçants de la ville : l’association «Super City management NON MERCI!» forte de 450 membres.

Enfin, le city management, contre lequel A Gauche toute ! se bat tout seul, constitue l’occasion pour mon groupe politique et moi en particulier de se faire traiter de poujadistes. Un qualificatif qui m’a même été attribué par un ancien conseiller communal socialiste, devenu député, alors qu’il était encore président du PSL et qui est très actif dans le domaine syndical. Ce camarade m’a expliqué avec conviction qu’il préférait négocier avec les gros commerçants (les gentils) avec qui il est possible de signer des accords et des conventions collectives qu’avec une multitude de petits commerçants (les méchants) qui ne respectent rien, qui ne sont pas organisés et qui ne pensent qu'à eux.

J’ai pris bonne note.

Mais aujourd’hui, je doute de la gentillesse de ceux qui signent des conventions collectives. Il n’y a qu’à lire les propos du city manager et co-artisan de la CCT lausannoise du commerce de détail Christian Masserey :

Christian Masserey ne peut s’empêcher de rappeler que l’entrée en vigueur de la CCT à des conséquences financières pour les commerces autrement plus importantes que la taxe du city management. (Extrait de l'édifiante revue Economie Lausannoise n° 1 2008)

 

Autrement dit : commerçants arrêtez de taper sur mon city business et attaquez-vous aux conditions de travail de vos employés. En voilà un partenaire fiable !

P.S. La pétition de l’association «Super City management NON MERCI!» qui a réuni 1100 signatures de commerçants est à l'ordre du jour du conseil communal du mardi 8 avril prochain.