04.01.2010
Vers une nouvelle bataille urbanistique ?
Les clients du restaurant « Le Byblos » et toutes les personnes qui fréquentent le haut de la rue Centrale ont pu constater l’apparition de gabarits juste avant les fêtes de fin d’année.
Comme il se doit, ces gabarits préfigurent les angles et la volumétrie d’une future construction. Une bâtisse qui semble s’inscrire dans la suite logique de l’aménagement de la rue Centrale et du quartier du Rôtillon, mais dont il n’a jamais vraiment été question à l’époque du référendum (2002).
07:22 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : construction, rôtillon, rue centrale
14.03.2009
À plat ventre
Après avoir voulu innover en introduisant un impôt dégressif et s’être fait tancer par le Tribunal fédéral, le demi-canton d’Obwald a accepté, en 2007, en votation populaire une soi-disant flat tax qui est très progressive pour les petits revenus et effectivement plate pour les hauts. Aujourd'hui, le petit demi-canton persiste à essayer d'attirer de riches contribuables et essaie une nouvelle sorte d’appât : la «zone à haute qualité d’habitation».
De quoi s’agit-il ? C’est très simple, les plus riches pourront tout prochainement construire dans des zones … non constructibles.
De cette façon, le demi-canton d’Obwald introduit une nouvelle inégalité crasse entre les habitants «normaux», soit de seconde zone, et les habitants «de haute qualité», soit de première classe. Le critère retenu pour séparer le bon grain de l'ivraie étant, bien entendu, l’épaisseur du porte-monnaie.
À l’heure ou ceux qui ont essayé de nous faire croire que l’enrichissement par la fructification, automatique et sans efforts, du capital était la voie à suivre sont en train de se faire rembourser leurs divagations financières par l’argent du travail, on ne peut pas dire que le Grand conseil d’Obwald fasse preuve de pudeur.
Ainsi donc, demain, les riches Obwaldiens auront leurs quartiers réservés qu’ils ne manqueront pas de faire vidéosurveiller, histoire d’éviter que les habitants des «zones à basse qualité d’habitation» ne viennent piétiner leurs pelouses.
Après la mise en place de tels avantages pour les pairs de Madoff & Co, que pourra bien faire de plus le gouvernement obwaldien ? On se le demande. Mais comme ils semblent capables de tout, on voit bien les conseillers d'Etat Urs Wallimann, Hans Wallimann, Hans Matter, Niklaus Bleiker, Esther Gasser Pfulg et Hans Hofer se mettre en quatre et proposer de tondre les pelouses et de tailler les rosiers des «inestimables habitants de haute qualité» qu’ils auront réussi à attirer dans leur petit demi-canton.
Dans le demi-canton d’Obwald, s’il y a une industrie qui est à la pointe, c’est bien celle de la brosse à reluire et en matière de sport, le léchage de bottes fait figure de sport cantonal !
- Crédit image : photographie empruntée sur le site de Sachseln.
12:02 Publié dans Ça m’énerve ! | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : avantages, concurrence fiscale, construction, obwald, riche, zone constructible
16.07.2008
Autoritarisme vs autorité
Ce muret, d’environ 1 mètre sur 1 et de 40 centimètres d’épaisseur, fait de terre compressée directement prélevée sur le terrain, était le premier pan d’une réalisation somptueuse : un four à pizza ou une buvette, je n’ai jamais trop bien su, mais peu importe.
Un édifice mégalomaniaque qui devait s’élever à l’endroit même qu’occupait la fameuse maison de paille qui avait fini par disparaître, emportée par les flammes.
Une construction illégale qui a fait monter les tours de la Municipalité qui avait décidé que jamais, au grand jamais, plus personne ne lui imposerait un nouveau psychodrame maisondepaillesque.
Une minuscule construction de pisé, érigée sur les vestiges d’un muret de pierre qui, aux yeux de la Municipalité, a pris les dimensions d’un mausolée dans lequel elle a cru voir la dépouille de son Autorité commencer à se décomposer.
Car, en effet, comment expliquer autrement l’attitude hystérique qui a entouré cette «affaire» qui a fini en «Une» de 24 Heures ? Comment expliquer qu’un misérable muret de terre déclenche une opération mobilisant une quinzaine de policiers, sept ou huit maçons, un camion-grue et des dizaines de litres de sueur ?
Comment expliquer l’autoritarisme des autorités lausannoises qui voient rouge – si l’on peut dire – à la première entorse, aussi modeste et estimable soit-elle à sa police des constructions. Comment expliquer cette réaction disproportionnée autrement qu’en se demandant si l’Autorité n’est pas en train de perdre de son autorité ?
Une chose est certaine, la Municipalité de Lausanne ne tolère rien, vraiment rien, sur le talus maudit, mais verdoyant, qui s’écoule entre les rues César-Roux et Saint-Matin.
Pire, certains municipaux et municipale n’acceptent même plus de parler, ni avec ces «gens-là», comme ils disent, ni avec celles et ceux qui parlent avec eux. Un climat de mépris, qui selon moi, est bien plus grave que l’illégalité, réelle mais survalorisée, de la construction.
Un climat de délétère illustré par les propos du responsable du Service des gérances de la Ville qui a eu le bon goût de dire à ces «gens-là» qu’il y aurait bientôt un bistrot social pour eux tout près ! Un bistrot social qui, rappelons-le, est destiné aux «marginaux [qui] sont aujourd’hui refusés dans les établissements publics et [qui] se rassemblent à la Riponne pour consommer des boissons alcoolisées.»
Un climat de mépris qui explique sans doute pourquoi aucun des municipaux à l’origine de cette destruction forcée n’était présent sur les lieux pour expliquer le pourquoi et le comment de cette opération de terrassement encadrée par la police.
Une absence de direction politique qui a conduit à laisser face à face ces «gens-là», les ouvriers de l’entreprise de démolition et une quinzaine de policiers qui tous avaient l’air d’avoir beaucoup mieux à faire que de jouer aux Indiens et aux cow-boys. Une démonstration de force de la part du Syndic et de la directrice du logement qui montre seulement que leur autorité se nourrit de confrontation et pas de discussion. Un aveux de faiblesse que la police, les ouvriers et ces «gens-là» ont dû gérer seuls.
Et ils y sont arrivés avec une certaine maîtrise, eux !
Bien évidemment, ces «gens-là» ne voulaient pas laisser détruire leur mur sans lever le petit doigt, bien évidemment les ouvriers n’avaient aucune envie de se confronter à eux, bien évidemment les policiers devaient se dire qu’ils avaient mieux à faire. Mais chacun devait assumer son rôle dans ce non-événement de début d’été dont le scénario a été bâclé par un Syndic-metteur en scène absent du plateau.
Alors ce qui devait arriver arriva, ces «gens-là» s’accrochèrent à leur muret, les policiers les décrochèrent - peut-être pas en douceur parce que cela n’aurait pas fonctionné, mais pas avec trop violence non plus - les ouvriers, menacés de perdre leur travail, démolirent le mur, firent enlever les matériaux divers à coup de camion-grue. Ces «gens-là» partirent, dépités, les ouvriers eurent chaud et firent une petite pause bière, les policiers eurent aussi chaud, surtout «les noirs», et attendirent que des collègues leur livrent de l’eau.
C’est à peu près à ce moment-là qu’un journaliste d’un quotidien fribourgeois fit son apparition sur les lieux. Un peu comme la grêle après les vendanges parce qu’il sortait de chez son médecin. Le journaliste d’investigation investigua. Il investigua tellement bien que ses pas le conduisirent à mettre un pied sur une planche d’où sortait un clou sournois. Le clou traversa la chaussure, la chaussette, la peau, la chair. Les «gens-là» étaient partis, les ouvriers lui conseillèrent de se donner de grands coups sur la plaie pour faire cesser l’hémorragie, puis de se désinfecter à l’huile d’olive chaude. La police lui suggéra d’aller plutôt aux urgences et une voiture l’y accompagna.
À part l’Autorité municipale, ce fût le seul blessé de la journée.
P.S. Le journaliste va bien, sinon je ne me serais par permis ...
15:28 Publié dans La vie qui va | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alternatif, autoritarisme, autorité, évacuation, construction, pisé, police



