05.02.2010

Lausanne, la zone ?

flonlanuit.jpgDepuis un certain temps, le Conseil communal de Lausanne est submergé d'interventions en lien avec la sécurité ou, plus précisément, l'insécurité réelle ou ressentie. Il ne se passe plus une séance sans qu'il soit question de bagarres, avec ou sans couteaux, de mendicité, de toxicomanie ou de deal. Contre ce qui semble être une déferlante de violence en ville, chaque parti y va de son idée : engagement de policiers spécialisés dans la lutte contre les dealers, interdiction des armes aux abords des lieux de festivités nocturnes ou de la mendicité ou encore la très tendance vidéosurveillance.

Pour justifier leurs propositions, les conseillers communaux se basent le plus souvent sur des articles de journaux, sur des narrations de personnes de leur connaissance ou sur des expériences personnelles. C'est ainsi que l'on a entendu récemment un conseiller qui racontait avoir pris un taxi pour traverser la place Chauderon tant le passage sous route lui paraissait dangereux !

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15.10.2008

Crise financière : attention au petit crédit

BANK nowS’il y en a qui doivent se frotter les mains en coulisses, ce sont bien les sociétés de crédit à la consommation ou petit crédit. Encore faut-il qu’elles aient des fonds à prêter pour pouvoir bénéficier de la manne qui se profile.

Une chose semble semble certaine : les conséquences économiques du krach d’octobre 2008 auront des retombées sur ce qu’il est convenu d’appeler maintenant «l’économie réelle», c’est-à-dire l’économie dans laquelle l’argent ne se fabrique pas tout seul, mais grâce à la sueur de ceux qui travaillent.

Ces retombées auront pour conséquences vraisemblables une stagnation des salaires et une augmentation du chômage. La France n’annonce-t-elle pas déjà 30 à 40'000 chômeurs de plus dans les prochains mois ? Même si notre ministre de l’économie se veut rassurante (méthode Coué ?) à ce propos, je serais bien étonné que la Suisse en réchappe sans y laisser quelques plumes.

Qui dit chômage et emploi en berne dit diminution des revenus. Qui dit diminution de revenu dit diminution de la consommation et qui dit diminution de la consommation dit récession. Et la spirale s’emballe. Mais comme il faut bien que la machine économique, qui postule la croissance infinie, se remette en marche, il y en a qui vont avoir tout intérêt à relancer cette fameuse croissance et la consommation qui y est la source.

C’est là qu’intervient le petit crédit. Un petit crédit que les banques et les publicitaires vont agiter comme une carotte devant le museau d’un âne pour inciter les ménages à consommer. Certains vont marcher dans la combine, parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement ou parce qu’ils ont admis une bonne fois pour toutes qu’il n’y a pas de vie sans consommation, et vont s’endetter pour de longs mois et, parfois, de courts plaisirs.

La machine économique sera fort aise de s’ébrouer à nouveau et de recommencer – poursuivre – son cirque infernal pour le plus grand bonheur des banques qui, ainsi, pourront se faire plein de blé sur le dos de ceux qui cèdent au chant des sirènes du petit crédit et qui vont le payer cher.

Et tout cela même si certains économistes conseillent d’assainir le marché du crédit à la consommation pour sortir de la crise actuelle. Un conseil très utile quand on sait qu’en novembre 2006, le Crédit Suisse, qui lançait sa nouvelle banque de prêt à la consommation - BANK-now – se désolait que «jusqu'ici, en comparaison internationale, les Suisses étaient peu enclins à s'endetter.»

Et si, à défaut de parvenir à interdire la publicité, on apposait quelques avertissements bien sentis, qui ont fait leurs preuves, sur les publicités pour le petit crédit ? Des mises en garde du style :

Le petit crédit nuit à votre santé financière et à celle de votre famille.

17.06.2008

Supprimer l’inutile

Suppression des exercices militaires inutilesJe me suis toujours demandé pourquoi l’armée suisse existe. Je me suis toujours demandé pourquoi un pays neutre, en plein milieu de l’Europe devait continuer à entretenir une armée qui coûte cher, qui pollue et qui rend ce que vous savez.

Ma modeste expérience militaire – si, si, j’en ai une, pas glorieuse, mais une quand même - ne m’a évidemment pas permis de répondre à cette question.

J’en ai déduit que l’armée suisse avait pour seul but d’assouvir les fantasmes des nostalgiques du réduit national qui croient encore pouvoir maintenir militairement l’indépendance de la Suisse et je me suis résigné – avec joie – à signer les initiatives du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA).

Mais aujourd’hui, j’avoue que les mélancoliques de la «mob» et de la sacro-sainte armée de milice ne me font plus rire du tout. Les zigotos qui croient que l’armée est un jeu me répugnent. Cela ne date pas d’aujourd’hui, mais cela prend actuellement des proportions insoutenables.

Certes le capitaine Machin, qui a cru intelligent de «renforcer l’esprit d’équipe de ses subordonnés» par des exercices dangereux, est un imbécile. Certes il a tué par négligence, par bêtise ou par fanatisme cinq de ses hommes, certes il a plongé dans l’horreur du deuil plusieurs dizaines, voire centaines, de personnes.

Mais ce qui m’énerve le plus, c’est que le chef de l'armée Roland Nef se contente de déclarer qu’il va interdire les «exercices sans lien direct avec la mission». Ce que Le Matin traduit très finement par ce titre édifiant : «Le chef de l’armée va interdire les exercices militaires inutiles».

Tout cela signifie que la grande muette s’adonne à des exercices qui ne servent à rien, sauf à blesser ou tuer quelques astreints au service pas forcément consentants. Cela signifie que les allumés du Swiss Army Group – dont le site Internet est actuellement en rade - , un groupe privé «sportivo-militaire» affilié à l’association zurichoise des sous-officiers, jouent aux Rambo avec la bénédiction de la hiérarchie militaire qui lui donne l’autorisation de faire mumuse en uniforme et avec le matériel de l’armée.

Bref, dans l’armée suisse qui n’a jamais eu pour seul ennemi qu’elle même, il s’en trouve quelques-uns qui s’amusent à se faire peur et d’autres qui les y encouragent. Et lorsque la fiction rejoint la réalité et que la peur débouche sur l’horreur, le chef de l’armée le promet, la main sur le coeur : «Le risque doit être limité à un minimum absolu».

Allez commandant de corps Nef, encore un petit effort : limitez les risques à un minimum absolu, interdisez tous les exercices de l’armée et, comme moi, signez les initiatives du GSsA. C’est ainsi que vous «supprimerez l’inutile» et que l’on pourra commencer à dormir tranquille.