12.10.2009
Edipresse compresse
Dans mon milieu de gauche, il est souvent de bon ton de s’en prendre à la presse que l’on qualifie volontiers de «bourgeoise» et de se lamenter que celle-ci ne relaie pas assez nos actions, nos idées et nos idéaux. À l’autre bout de l’échiquier politique, il est banal et fréquent d’entendre dire que les journalistes sont des gauchistes embusqué.
Il n’empêche que, malgré ses jérémiades, la classe politique est toujours très avide du moindre article dans le plus confidentiel des journaux. Il y a en quelque sorte une relation amour-haine entre les personnels de la politique et celui de la presse.
Cette liaison explosive, qui ne date pas d’hier, n’est cependant pas assez profonde pour mobiliser les troupes politiques dans la défense de celles et ceux qui participent à leur édification publique. C’est sans doute pour cela que je n’ai pas vu l’ombre de la trace du moindre politicien en vue ce midi devant la tour Edipresse à l’occasion de la première manifestation du personnel qui est sur le point de subir une centaine de licenciements. Est-ce à dire que les élus se fichent comme de l’an quarante de leurs alliés de circonstance ? Cela n’est pas exclu et c’est une grossière erreur.
15:17 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 20 minutes, 24 heures, edipresse, le matin, licenciement, presse, tamedia
21.08.2009
Lausanne am See, Kanton Waadt
Si certains reprochent à Pascal Broulis, candidat à la candidature à l’élection au Conseil fédéral, un manque apparent de maîtrise du suisse allemand et que d’autres – ou les mêmes – s’interrogent sur la latinitude de tel autre candidat à la même élection, force est de reconnaître que notre bonne vielle ville de Lausanne est en bonne voie de germanisation.
Une germanisation qui se manifeste par l’entrée en force des capitaux d’Outre-Sarine dans les fleurons de l’économie et des médias lausannois et romands.
Il en va ainsi du groupe zurichois Tamedia qui avale tout rond Edipresse Suisse qui publie notamment les quotidiens 24 heures et Tribune de Genève et qui, du coup, possède une part non négligeable du capital de la télévision régionale la télé. Des médias que l’on va sans doute, bientôt, pouvoir rebaptiser 24 Stunden ou Das Fernsehen. Ça c’était le premier coup de semonce de la fin de l’hiver dernier.
14:07 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 24 heures, beaulieu, colonisation, edipresse, germanisation, la télé, lo holding
26.04.2009
Privé de désert
Depuis qu’il a été propulsé adjoint à la une direction éditoriale unique du groupe Edipresse, Peter Rothenbühler s’est gardé une rubrique du samedi dans laquelle il parle de tout et de rien. Surtout de tout, mais pour un rien.
Dans le A propos de tout de samedi dernier, l’ancien rédacteur en chef du Matin se plaint des hésitations et des revirements successifs dans le choix d’un lieu d’implantation pour les futurs stade de foot du Lausanne Sports et Musée de beaux-arts. Face aux délais imposés par un référendum populaire gagné et une initiative bientôt soumise au peuple, il conclut :
En attendant, le bord du lac entre Ouchy et Saint-Sulpice reste un désert avec des infrastructures des plus misérables (buvettes, toilettes niveau zéro).
20:41 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chronique, désert, edipresse, journalisme, le matin, métamorphose, musée
10.09.2008
La DAO ou déontologie assistée par ordinateur
La déontologie assistée par ordinateur (DAO) est une nouvelle discipline née dans les bureaux de la rédaction en chef de 24 Heures le 5 septembre dernier. Un petit pas pour la technologie numérique, mais un énorme pas pour la déontologie des médias.
Explications.
Le 27 août suite à l’annonce de la restructuration d’Edipresse et à ses 25 licenciements, Myriam Tétaz, ma collègue de parti, conseillère communale et ancienne journaliste à la rubrique culturelle de 24 Heures, a envoyé un courrier des lecteurs à la rédaction du quotidien.
Dans son texte, la sémillante retraitée affirme que si le nombre de lecteurs du quotidien vaudois est en chute libre ce n’est pas en raison de l'érosion du chiffre d’affaires de la publicité ou de la conjoncture, mais en raison d’«une baisse de niveau désespérante» de ce qui fut le «titre phare d'Edipresse».
Elle ajoute que cette baisse de niveau n’est pas le fait de ses anciens collègues journalistes, mais qu’«il serait temps qu'en «hauts lieux» on cesse de mépriser les lecteurs en prétendant se mettre à leur niveau et répondre à ce qu'on imagine à tort être leur demande.»
Franchement de quoi se mêle la grand-mère qui croit tout savoir sous prétexte qu’elle a été une plumitive cantonnée dans le cocon doré de «la culturelle» ? Non mais, quel culot ! Avoir une opinion sur la presse et sur la direction d’un journal alors qu’il y a bien longtemps qu’elle n’est plus dans le coup.
Moins d’une semaine plus tard, la mémé, sans doute galvanisée par son année de présidence du Conseil communal de Lausanne, se permet d’envoyer un texte pour la rubrique «Réflexion» du canard qu’elle vient de dégommer publiquement à travers son pamphlet courrier des lecteurs.
Une contribution sur la pratique de la musique comme intégrateur social au … Venezuela.
Décidément, l’ancienne première citoyenne lausannoise n’a pas un registre très large. Encore de la culture …
Une contribution qu’elle envoie directement par courriel – tient, elle sait utiliser un ordinateur la super-mami ! – à Thierry Meyer, le rédacteur en chef de 24 Heures. Un apport qu’elle a l’inconscience de déposer dans la boîte à lettres numérique de celui qui œuvre en «hauts lieux».
Quelle aveuglement ! Quelle folie ! Quelle naïveté !
Décidément, âge ne rime pas avec sagesse.
Et c’est là que l’informatique vient à la rescousse du rédac’ chef. Un rédac’ chef bien embarrassé de se retrouver avec cette proposition de texte à insérer dans le journal que la petite vieille vient de démolir.
C’est à ce moment précis que la DAO vole à son secours : impossible d’ouvrir le fichier joint au courriel ! Impossible d’ouvrir la contribution de l’acariâtre ! Impossible de lire le document bien évidemment réalisé sur un Mac que les gauchistes considèrent comme une alternative au grand méchant Microsoft.
Sauvé, je suis sauvé !
C’est ce qu’a dû se dire Thierry Meyer quand son ordinateur lui a refusé l’ouverture du fichier renfermant la prose de cette petite prétentieuse de Myriam Tétaz.
Pas de conflit déontologique, pas de censure, pas d’états d’âme : le document est illisible, il ne sera donc pas publié car il ne peut pas être publié.
Merci la DAO.
- Légende photo : pas rancunière, la mami pose avec une veste publicitaire qui date de l'époque où elle pouvait devait écrire dans La Julie.
13:44 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 24 heures, censure, déontologie, edipresse, presse
06.09.2008
Le Régional : aligné couvert ?
C’est en 1996, lorsque je quittai Lausanne pour Belmont pour quelques paires d’années que j’ai découvert l’hebdomadaire gratuit Le Régional.
Dans ce journal, on trouvait en avant-dernière page une rubrique intitulée «Billets politique». Cet espace dont la taille oscillait entre une demie et une page entière était ouvert aux partis politiques de la région qui pouvaient ainsi exposer leurs idées à un large public. Cette rubrique aurait presque pu constituer une sorte d’ancêtre des sites de journalisme citoyen s’il avait été ouvert à une plus large palette de contributeurs.
Toujours est-il que cette possibilité d’expression était fort utilisée par tous les partis et même par la toute jeune section Pully-Lavaux du POP et Gauche en mouvement. Je dirais même que ces colonnes étaient très lues, c’est en tout cas l’impression que je retirais des remarques, positives ou négatives, que me faisaient mes voisins cancoires.
À un niveau local, dans un village ou une petite ville, l’expression publique de positions politiques dans un tel hebdomadaire gratuit me semblait donc susciter la réflexion et la discussion. Ce qui, selon moi, est un des rôles de la presse.
Eh bien, cet espace va disparaître ! Cet espace va s’éclipser à l’occasion de la prise de participation majoritaire du groupe Edipresse dans le capital des Editions Le Régional SA. Cet espace sera relégué sur le site Internet de l’hebdomadaire et seuls les lecteurs branchés y auront accès. Il en sera ainsi fini des discussions au, mais pas forcément de, bistrot autour de tel ou tel articulet rédigé par un politicien local plus ou moins inspiré. Les «affaires de la cité» ne vont donc plus être traitées entre humains faits de chair et d’os, mais entre internautes faits de RAM et ROM.
Et pourtant, l’hebdomadaire devait conserver une totale autonomie éditoriale et de gestion. Il devait même, selon un article de 24 Heures développer son offre …
11:59 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concentration, diversité, edipresse, expression, fusion, le régional, politique



