02.02.2010

La route du Rrom

Rroms.jpgOu la voie royale vers les élections communales de 2011.

Ça y est, c’est parti, la campagne pour les élections communales vaudoises de 2011 a démarré en fanfare sur un sale petit air qui tient plus des compositions wagnériennes que des interprétations de Sandor Jaroka.

Après une déferlante d’interpellations, de postulats et de motions consacrés à la drogue, à la toxicomanie et aux toxicomanes, les élus du législatif lausannois ont trouvé un nouveau sujet de prédilection : la mendicité et les Rroms.

C’est l’UDC Claude-Alain Voiblet qui a dégainé le premier en octobre dernier en déposant un postulat demandant à la municipalité d’étudier un règlement interdisant la mendicité. Son argument de choc est simple, voire simpliste : ceux qui font preuve d’humanité seraient ceux qui chassent de nos rues ces personnes dans un grand état de délabrement sanitaire et pas ceux qui passent sans les voir ou en leur glissant une piécette.

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07.10.2009

Affiches à l’affiche

stopminarets.jpgBien évidemment, les affiches de l’UDC sont depuis longtemps maintenant des chefs-d’œuvre de provocation malsaine. Des affiches qui essaient, et souvent réussissent, à emporter une partie de la population dans le tourbillon pervers du racisme, de l’exclusion, de l’intolérance et de la haine.

Dans la campagne pour l’initiative visant à interdire la construction de minarets en Suisse, l’UDC, qui ne l’aurait pas lancée, mais qui, bien évidemment la soutient, a sorti l’artillerie lourde habituelle : dessins simplistes, évocateurs, percutants efficaces.

Rien de nouveau sous le soleil voilé par les volutes nauséabondes udcéiennes de ce début d’automne : comme le dit très justement un publiciste dans Le Temps «c’est de l’islam de comptoir». Cette simplification à outrance de la publicité politique est une constante dans les partis populistes et l’UDC n’y échappe pas. Au contraire, elle y excelle et elle cultive cette compétence qui semble bien être la seule qu’elle possède.

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17.01.2009

Ça craint

StephanEicher.jpgJe ne sais pas trop ce qui se passe dans ce bas monde, mais j’ai la conviction que «ça craint». Probablement une des conséquences de cette saleté de crise qui guette au tournant et qui a été sciemment et irresponsablement tricotée par une bande de requins pour qui seul compte le maximum de pognon en un minimum de temps.

Toujours est-il qu’à l’heure où je tapote ce billet, il ne se passe pas un seul jour sans manifestations de plus en plus odieuses d’intolérance, de xénophobie et d’exclusion. Aucun milieu, aucune collectivité, aucun cercle ne semble épargné.

Je ne parlerai pas du conflit israélo-palestinien dans lequel le simple fait de vouloir essayer de comprendre la situation vous fait passer soit pour un antisémite terroriste, soit pour un sioniste islamophobe. Je me contenterai d’évoquer juste deux «détails».

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08.05.2008

Vous avez dit « naturalisation » ?

Voici quatre extraits, caviardés, d’un argumentaire portant sur ce que certains appellent «dérive du droit à la nationalité » :

 

[…] n’a jamais été contre la naturalisation. Il s’oppose à toutes les procédures de naturalisation automatique ou de plein droit, parce qu’il considère simplement que la naturalisation doit parachever un processus d’assimilation. Par nature en effet, la naturalisation implique le désir de devenir […], exprimé sous la forme d’une demande expresse, et suppose de démontrer que l’on a acquis la langue, les mœurs, les usages et les valeurs qui fondent la civilisation […]. Faute de quoi, être français n’a pas plus de signification qu’être abonné à […].

 

Puis plus loin :

En Suisse, toute naturalisation est soumise à l’avis du conseil municipal de la commune de résidence du requérant. Aux Etats-Unis, le postulant doit parler et écrire l’anglais, faire preuve de son acculturation, de connaissances historiques et politiques et démontrer la qualité de ses motivations. Les pays arabes exigent la connaissance de la langue arabe et parfois même l’appartenance à la confession islamique.

 

Mais encore :

Les naturalisations massives permettent de rayer chaque année entre […] et […] personnes des statistiques des étrangers et de prétendre ainsi que leur nombre reste stable.

 

Et enfin :

La déchéance de la nationalité pourra être prononcée, dans les dix années suivant l'accès à la nationalité, à l'encontre des personnes ayant attenté aux intérêts de la […] (y compris les troubles à l'ordre public), ainsi qu'aux condamnations à plus de six mois fermes de prison, quel que soit le crime ou le délit commis.

 

On pourrait croire ces arguments issus tout droit d’un tract du parti de Zottel. Mais il n’en est bien évidement rien.

Un coup de gogole et vous serez bien vite renseigné.

A moins que – et je suis certain que c’est les cas - vous n’ayez déjà deviné.

07.05.2008

Mourir sans combattre

Mise à mort à la feria des vendanges 2002 à AlèsC’est peut-être comme cela que l’on peut qualifier le sort réservé, ou plutôt qu’ont choisi de s’auto-administrer, quelques UDC vaudois de l’aile agrarienne.

Jean-Luc Chollet, conseiller communal et député UDC lausannois, affirmait dernièrement «Lorsqu'on va manifestement s'engueuler, on ferme la porte du salon» en faisant allusion au débat à huis clos qui a eu lieu hier soir et qui a abouti au soutien des UDC vaudois à l’exclusion d’EWS et de la section grisonne de l’UDC.

L’ancien PAI, l’agriculteur lausannois, le modéré, n’a pas jugé bon d’aller combattre l’aile blochérienne de son parti. Il a renoncé, avec son collègue maraîcher Denis Pasche, à aller défendre la position de celles et ceux qui refusent les Grandes Purges staliniennes à la sauce SVP.

C’est ainsi qu’on a pu voir, hier soir, le paysan de Rovéréaz assurer la permanence de l’UDC au conseil communal de Lausanne pendant que d’autres, la puntilla entre les dents procédaient à la mise à mort de la conseillère fédérale et de sa section.

C’est ainsi que, le 6 mai 2008, les agrariens vaudois ont disparu pour toujours de la scène politique cantonale.

C’est ainsi que la section vaudoise du parti du bouc s’est définitivement alignée sur l’aile blochérienne.

C’est ainsi qu’elle est devenue conforme à la norme zurichoise.

Au moins, maintenant on sait à qui l’on a à faire.


06.05.2008

Naturalisations : écoutons le PNR 51

Un passeport suisse provisoireEn 2000, le Conseil fédéral a lancé un programme national de recherche intitulé «Intégration et exclusion» et l’a affublé du doux nom de code : PNR 51.

Ce programme réunit une centaine de chercheurs qui travaillent de manière interdisciplinaire. Ils, et elles, sont historiens, sociologues, juristes, politologues, médecins, psychiatres, pédagogues, ethnologues ou géographes.

Les 37 projets de ce programme abordent des thèmes tels que : travail social et politique; pratiques scolaires et voies de formation; représentations et modèles de santé; emploi, travail salarié et protection sociale; constructions de l'identité et de la différence ou encore espaces publics et positionnement social.

Parmi les travaux de ce programme, l’un d’entre eux devrait retenir particulièrement l’attention des électeurs suisses. Il porte pour titre «La procédure de naturalisation est-elle conforme aux principes d’un Etat de droit ou est-ce une décision politique?»

Brigitte Studer et Gérard Arlettaz, co-auteurs de l'étude, sont chercheurs à l'lnstitut d'histoire de l'Université de Berne. Ils ont examiné les critères d'admission et d'exclusion du droit de cité suisse de 1874 à nos jours. Pour sa part, Marc Helbling, de l'Institut des sciences politiques de l'Université de Zurich a choisi de comparer les procédures de naturalisation de – excusez du peu – 207 communes.

Ainsi, on apprend qu’en 1874, une durée de résidence en Suisse de deux ans – alors que l’on en est à douze ans depuis 1952 - permettait d’accéder à la naturalisation. Mieux, entre 1874 et 1898 des accords bilatéraux – tiens donc ! - permettent le libre établissement dans tout autre pays d’Europe.

Pour les chercheurs, ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle que «L’idée que les étrangers puissent représenter un problème n’apparaît dans les sources». La politique de naturalisation se durcira alors jusqu’à la fin des années 70. Ce n’est que depuis les années 80 que l’étau se desserrera. Pour se resserrer à nouveau sous l’impulsion des partis de droite extrême et, notamment et récemment, de l'UDC.

Cela n’empêche pas les chercheurs d’arriver à des conclusions et de faire des recommandations au terme de leur travail.

Voici comment la revue Horizons du Fonds national suisse parue en décembre 2006 les résume :

L’équipe de recherche du PNR 51 fait les recommandations suivantes pour une pratique de naturalisation plus efficace, qui exclut l’arbitraire et les décisions subjectives:

Uniformité : un règlement de naturalisation unique et valable dans l’ensemble de la Suisse devrait être introduit.

Acte apolitique : la procédure de naturalisation devrait devenir un acte administratif, avec obligation de motiver la décision, comme c’est aujourd’hui le cas dans toute l’Europe (sauf en Suisse).

Présomption d’intégration : une personne qui a vécu en Suisse durant une période déterminée fixée par la loi ne devrait plus avoir à prouver son intégration. C’est l’Etat qui devrait établir une non-intégration éventuelle.

Réduction de la durée de résidence requise : le délai de 12 ans, qui fait de la Suisse le pays européen le plus restrictif, devrait être abaissé.

Communes seulement consultées : les communes ne devraient pas prendre de décision dans la procédure de naturalisation, mais être seulement consultées.

Une constatation s’impose, les résultats des chercheurs sont aux antipodes de l'initiative qui sera soumise au peuple le 1er juin prochain. Et c’est probablement pour cette raison que, dans son programme, l'UDC préconise que «Les ressources financières affectées à la recherche doivent être concentrées sur les domaines promettant de la croissance et des plus-values afin de renforcer la compétitivité internationale de la Suisse.»

Ben tiens, c’est bien connu, politique et Connaissance ne font pas toujours bon ménage. Et, dans ces conditions, pourquoi pas une bonne une révolution culturelle à la Mao !

  • N.B. Pour en savoir plus sur le même sujet et sur la manipulation des chiffres du parti au bouc, lire cet excellent billet de mon collègue Daniel.