08.10.2008
Se réunir à l’heure d’Internet ?
En mai dernier, je commettais un petit billet dénonçant la marchandisation de l’espace public que constitue la transformation des salles de réunions des cantons et de vignerons de la gare de Lausanne en bureaux et commerces.
Entre-temps, l’association «Libérez la parole» s’est activée et a lancé une pétition qui a recueilli plus de 1400 signatures. Cette pétition a été remise hier au président du Conseil communal de Lausanne.
Non contente de s’investir en utilisant les moyens démocratiques à sa disposition, l’association a mis sur pied une conférence-débat public qui aura lieu demain jeudi 9 octobre à 20h00 à la Salle des Vignerons de la gare CFF de Lausanne.
Cette causerie permettra de poser, et de tenter de répondre, à une question un peu provocatrice : faut-il conserver des salles de réunions à l’heure d’Internet ?
Organiser un débat public dans une salle de réunion pour parler de tout cela est probablement déjà un élément de réponse.
Cette conférence-débat sera animée par des contributions de l’urbaniste Pascal Amphoux, de l’écrivain et chroniqueur Christophe Gallaz et du sociologue Olivier Glassey.
Entrée évidemment gratuite et ouverte à tous.
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16.08.2008
Tapis roulant glissant
Souvenez-vous, c’était en juin dernier, dans le 24 Heures, Julien Pidoux nous relatait le projet municipal qui consiste à relier la Gare de Lausanne, la place Saint-François et la place du Flon au moyen d’un escalier ou d’un tapis roulant.
Cette réalisation devrait permettre à près de 180'000 usagers de franchir dans la plus grande facilité les 350 mètres qui, approximativement, séparent la Gare de Saint-François ou du Flon.
Les trottoirs roulants ne datent pas d’hier. On se souviendra, par exemple, des fameux «trottoirs de l’avenir» qui ont enchanté les visiteurs de l’Exposition universelle de Paris de 1900. Plus proche de nous, on peut mentionner le «Gateway», une prouesse technologique qui devait «téléporter» les passagers de la station Montparnasse empruntant le tunnel long de 183 m qui relie les lignes 4 et 12 aux lignes 6 et 13.
L’engin est un T.R.G.V., c’est-à-dire un trottoir roulant à grande vitesse, une réalisation-phare des Constructions industrielles de la Méditerranée (C.N.I.M) et de la R.A.T.P. qui a coûté la bagatelle de 4,5 millions d’euros et qui … ne fonctionne pas vraiment bien.
Et pourtant, le bijou promettait de révolutionner le transport urbain. Cet engin, transportant ses passagers à flux continu à la prodigieuse vitesse de 11 km/h, était censé combler la lacune technologique entre le trottoir roulant conventionnel ou l’escalator qui se traînent tous deux à 3 km/h et les systèmes discontinus de type véhicules léger entièrement automatisés sur rail.
Mais pas de chance pour le fleuron de la C.N.I.M : après moult gamelles, gadins et cols du fémur brisés, il a vu sa vitesse maximale ramenée à 6 km/h … quand il n’est pas en phase de maintenance.
Quel rapport avec le futur escalator ou tapis roulant lausannois ? Me direz-vous.
Des petits riens.
D’abord un tunnel reliant deux nœuds de transports publics emprunté par plus de 100'000 personnes chaque jour. Puis le fait que la R.A.T.P., qui est le maître d’œuvre du T.R.G.V. de Montparnasse, s’est beaucoup rapprochée des tl dans le cadre du chantier m2. Ensuite la longueur de ce tunnel qui, s’il est emprunté à la vitesse conventionnelle de 3 km/h, nécessite pratiquement 7 minutes de trajet alors qu’avec un T.R.G.V. le temps de parcours chuterait à 2 minutes. La tentation serait grande. Et finalement, peut-être, la lubie de battre le record du plus long escalier roulant du monde situé à Ocean Park à Hong Kong qui mesure 227 m pour une dénivellation de 115 m.
Un trottoir roulant ou un escalator oui, mais attention à ne pas se coincer les doigts dans la machinerie par ambition démesurée.
13:39 Publié dans Transports | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : escalator, gare, gateway, saint-françois, tapis roulant
12.05.2008
Vous avez dit « marchandisation de l’espace public » ?
Depuis le 1er janvier 1999, date à laquelle les CFF sont devenus une société anonyme de droit public, j’ai le sentiment que nos Chemins de fer fédéraux sont sur la mauvaise voie et qu’ils investissent plus d’énergie à gérer leur parc immobilier qu’à développer des transports ferroviaires efficaces et accessibles.
Preuve en est cette dernière lubie qui consiste à transformer des salles de réunions d’utilité publique en bureaux et commerces. Par cette opération, les CFF visent à « rentabiliser » les espaces occupés par la Salle des Vignerons et la Salle des Cantons de la Gare de Lausanne.
Ces deux salles, idéalement situées et financièrement abordables, ont accueilli des réunions d’associations, de sociétés et de collectifs de tous les bords : des réunions des syndicats de la fonction publique au City management en passant par l’UDC et le POP & Gauche en mouvement.
Consacrer ces espaces, dont le plus grand peut accueillir jusqu’à 300 personnes, à la déesse économie constitue donc une perte sèche pour la vie démocratique, associative et politique de la ville de Lausanne et du canton.
Pour toutes ces raisons, je vous invite vivement à signer et à faire signer la pétition du collectif Libérer la parole.
- Crédit photographique : Guillaume Lederrey sous licence Creative Commons.
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