23.12.2008
Coca et les ravis
En ces temps de fêtes, rien n’est plus important que le commerce. Du moins pour certains.
C’est en tout cas ce que Coca-Cola Service France a dû se dire lorsqu’une idée sournoise a germé dans la tête perverse des mercaticiens.
À la base, il s’agit de taper dans un réservoir de plus en plus inépuisable : les internautes et spécialement ceux qui sont émerveillés par les vues aériennes de Google Maps.
L’idée obscène est donc la suivante : pour Noël, on va proposer à ces idiots de surfeurs de décorer virtuellement leur maison ou celles de leurs amis en leur donnant l’occasion d’y coller des loupiottes de formes variées allant du sapin à l’angelot en passant par le cœur tout en y tirant un avantage en contrepartie. Un avantage publicitaire et peut-être même en fichier de données.
L’installation de la décoration se fait en trois étapes. Premièrement préciser l’adresse sur Google Maps, deuxièmement choisir sa décoration parmi la petite dizaine proposée et troisièmement enregistrer la décoration.
Et c’est là que ça se gâte : pour enregistrer sa décoration virtuelle, la proie du marchand de boissons sucrées doit saisir son adresse email et cocher les deux options dont la première précise «J’accepte de recevoir des emails de la part de Coca-Cola» et la seconde «J’accepte que mes données personnelles soient traitées conformément aux informations sur la protection des données.»
En dessous on trouve l’explication suivante à propos de la protection des données : «L’enregistrement de l’adresse email ne sera utilisée à des fins autres que celles prévues pour l’envoi du message. Elle ne sera pas transmise à des tiers non autorisés, ni utilisée à des fins publicitaires. L’adresse sera supprimée immédiatement après l’envoi du message.»
Quel charabia !
En cochant la première case, on accepte donc de recevoir des emails alors qu’un seul suffit pour recevoir en retour le lien qui vous permettra de diffuser votre décoration de Noël au monde entier.
En cochant la deuxième case, on accepte que notre adresse email ne serve qu’à l’envoi d’un email contenant le lien permettant d’accéder directement à notre décoration virtuelle, qu’elle ne serve qu’à cela, qu’elle soit détruite immédiatement après l’envoi du message et qu’elle ne soit pas diffusée à des tiers «non autorisés».
Bref, avec tout ce blabla, on ne sait pas exactement à quoi notre adresse va servir. Difficile de faire mon clair.
Le brouillard s’épaissit encore plus, lorsque l’on clique sur le lien «Mentions légales», voilà ce qu’on peut lire : «L'utilisateur est notamment informé, conformément à l'article 27 de la loi Informatique, fichiers et libertés du 6 janvier 1978, que les informations qu'il communique en répondant s'il le souhaite aux formulaires présents sur le site sont nécessaires pour participer aux jeux présents sur le site et permettent de répondre à sa demande, et sont destinées à Coca-Cola Services France, responsable du traitement, à des fins de gestion administrative et commerciale.»
Si avec toutes ces déclarations contradictoires et approximatives Coca n’arrive pas à justifier qu’il est autorisé à utiliser nos adresses email à des fins commerciales, je veux bien boire une bouteille cul sec de son breuvage phare.
Je ne dis pas que le groupe mondialisé nous pique nos adresses email pour en faire mauvais usage (quoique), mais comme un internaute averti en vaut deux, mieux vaut être prudent et ne pas laisser traîner ses données personnelles n’importe où : un email poubelle ou une fausse adresse conviennent très bien.
Il est bien entendu aussi possible de ne pas participer à ce genre de petits jeux dont l’un des buts est de profiter de votre «temps de cerveau disponible».
P.S. Dans la tradition santonnière provençale, le ravi est le personnage attachant et un peu simplet qui accueille Jésus avec une joie simple. De nos jours, les ravis accueillent avec un air un peu benêt d’autres messies …
12:29 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : google maps, coca-cola. marketing, illumination, noël, protection, données, spam
08.08.2008
Excès de vitesse de Google Maps
Le moins que l’on puisse dire est que Google Maps ne perd pas de temps. On pourrait même dire qu’il est en avance sur son temps ou qu’il a de l’avance sur la musique.
C’est hier, à un bout du pont Bessières à Lausanne, que j’ai eu l’occasion de m’en rendre compte. Je sortais de chez Bolliger Fleurs, un fleuriste situé tout à côté de chez moi et caché pendant de nombreux mois par les palissades de chantier du métro m2, lorsqu’un touriste muni d’un plan de la ville et d’une carte ressemblant furieusement à une Google Maps m’apostrophe pour me demander :
- Monsieur, par où on rentre dans le métro ?
- Pardon ? Mais on ne peut pas Monsieur !
- Comment on ne peut pas ! C’est bien une station de métro, mais elle est entourée de grillages ! On rentre comment ?
- On ne peut pas, le métro n’est pas encore en fonction, il n’ouvrira pas ses portes au public avant le début septembre.
- Ah bon ! Mais … pourtant, sur Google Maps, les stations sont déjà indiquées !
- Ben … c’est qu’ils sont en avance. Je suis désolé pour vous.
Sur ces entrefaites, j’ai indiqué au monsieur le chemin de la place Saint-François et lui ai conseillé de prendre le bus n°2 pour aller à Ouchy.
Manifestement, Google Maps s’est un peu précipité dans la mise à jour de ses cartes. Bon, ce n’est pas dramatique, juste un peu ennuyeux pour ceux qui croient que ce qu’ils voient sur une carte existe vraiment.
Au fait, qui est responsable de ces cartes ?
Selon le © du bas de la page, il s’agit de la société Télé Atlas qui possède une succursale en Suisse à Neuenhof. Une société un peu trop pressée pour «mon» touriste et un peu trop approximative pour avoir timidement placé la station m2 du pont Bessières en plein milieu de celui-ci alors que les entrées se trouvent à son extrémité sud-est.
Si quelqu’un de Télé Atlas passe sur ce blogue, merci de déplacer votre repère d’environ 50 m !
11:44 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bessières, carte, google maps, lausanne, m2, métro, tourisme



