20.11.2008
Graine d’anar
Non mais, je vous jure, le monde va mal. La jeunesse, surtout, va mal. Elle ne respecte plus rien, même pas les autorités cantonales !
Vous vous rendez compte, alors que le Parlement vaudois siège, trône devrais-je dire – d’où les couleurs hissées – un djeun, un très djeun, n’a rien trouvé de mieux que de garer son tricycle au bas des escaliers qui mènent au Château Cantonal, l’endroit même où le Gouvernement se réunit pour gouverner !
Un scandale ! Mais que fait la police ? Pourquoi n’a-t-on pas envoyé à la fourrière ce véhicule incivilement garé ?
Mais ce n’est pas étonnant cette chienlit.
C’est la faute de la gauche, celle des nostalgiques de mai 68 qui consacra le laisser-faire et le laisser-aller.
C’est la faute de ceux qui veulent dépénaliser le cannabis le 30 novembre prochain.
C’est la faute de tous ceux qui veulent que la Suisse s’enfonce, se vautre, dans la drogue et la délinquance.
C’est la faute de ceux qui veulent ouvrir nos frontières pour que les cinquièmes colonnes du monde entier viennent piller nos femmes et violer notre secret bancaire.
C’est la faute des fonctionnaires de police qui ne pensent qu’à leurs heures sup’ et qui laissent l’anarchie s’installer pendant que la pègre de demain s’en donne à cœur joie.
C’est la faute de ces profs de gymnase qui, pourtant privilégiés parmi les privilégiés, continuent à manifester pour leurs acquis dorés plutôt que d'enseigner l’ordre, la rigueur, la discipline et le goût du travail.
C’est la faute de tous ces renégats qui se délectent de la crise boursière et qui n’attendent qu’une chose : que le capitalisme qui ne profite qu’à ma minorité se pète la figure et entraîne dans sa chute ma banque, mon fleuron, mon UBS.
C’est la faute de ces mous du bulbe qui mettent des années à mettre en taule ces ultragauches – terroristes – qui essaient de nous entourlouper en ouvrant des épiceries dans le Larzac.
C’est leur faute, tout est de leur faute, ce sont eux les coupables. D’ailleurs, et c’est une preuve indiscutable, ce tricycle, il est rouge. Rouge !
Rouge et noir ! Les couleurs de l’anarchie !
08:14 Publié dans La vie qui va | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : anarchie, délinquant, fonctionnaire, jeune, pègre, prof, voyou
11.09.2008
S’éclater en musique
Chose promise chose due, voici l'article, signé Myriam Tétaz, qui n'a pas pu être publié par 24 Heures pour cause d'incompatibilité informatique.
Mieux que l’alcool, la drogue et les botellones, la musique révolution! «Vous changerez le monde», a lancé un certain José Antonio Abreu, musicien, économiste, devenu ministre de la culture au Venezuela. Il a fondé le premier orchestre de jeunes du pays. Il y en a maintenant plus de 250: orchestres de la petite enfance de 4 à 7 ans, d’enfants de 7 à 15 ans, de jeunes de 15 à 22 ans. L’Orchestre de jeunes Simon Bolivar du Venezuela, qui groupe les meilleurs musiciens dirigé par Gustavo Dudamel, issu de ses rangs, tourne sur les scènes les plus prestigieuses du monde. Il joue en ce moment au Festival de Lucerne.
Le monde n’a peut-être pas encore changé, mais bien la vie de plus de 250.000 enfants et adolescents du Venezuela, dont 60% vient des milieux les plus défavorisés. A ce gosse, déjà neuf fois condamnés pour vols et drogue, on a donné une clarinette – «à ne pas tenir comme un pistolet, l’ami!»-, à ces malentendants sans avenir, on a appris à chanter. Certes ils ne passeront pas tous, comme ce jeune contrebassiste, de la rue à la Philharmonie de Berlin. Pas question d’en faire des petits Mozart, comme le demandait bêtement un journaliste de la RSR l’autre matin. Est-ce qu’on enseigne l’allemand pour faire des petits Goethe et les maths pour faire des petits Einstein?
Ce que ces enfants apprennent, par la pratique d’un instrument dans un orchestre, c’est la persévérance, la concentration, la discipline, mais aussi la camaraderie, la coexistence, la tolérance et la joie de vivre. «On apprend à être», me confiait avec enthousiasme et émotion un Vénézuélien de Lausanne qui a vécu sur place le début de l’aventure, en 1975. Etre, trouver sa place, indispensable qu’on soit chef d’attaque ou dans le rang. La compétitivité y est dès lors positive: il ne s’agit pas d’être meilleur que les autres, mais d’accéder à son niveau d’excellence pour que l’orchestre sonne et que la musique soit belle, musique classique ou latino-américaine.
«La musique transforme l’adversité en espoir», prétend Abreu. Il ajoute: «L’art n’est pas le monopole des élites, mais un droit social pour notre peuple. Le jour où nos écoles incluront dans leur programme de base l’enseignement de l’art à tout élève, de l’enfant de 2 ans à l’étudiant d’université, le monde sera changé.» C’est vrai tout autant pour ces milliers de laissés-pour-compte, d’exclus de la société vénézuélienne que pour des jeunes d’autres classes sociales, chez nous et ailleurs, qui ne trouvent de remède à leur mal de vivre que dans des botellones ou la violence gratuite. Il serait bon de s’en souvenir alors que court la récolte de signatures pour l’initiative en faveur de la musique à l’école et le jour où on devra la voter!
Le «système national des orchestres symphoniques de jeunes et d’enfants du Venezuela», on l’a compris, dépasse les simples considérations artistiques ou culturelles, c’est un mouvement social et éducatif qui insère les jeunes dans la société, sans qu’il y perdent leur fantaisie, leur espièglerie, leur frénésie de vivre. Des jeunes comme les autres, mais qui ont appris à «être».
Myriam Tétaz
Conseillère communale POP
- Crédit image : photographie Galerie de Barquisimeto - Ciudad Crepuscular sous licence Creative Commons.
20:30 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : abreu, intégration, jeune, jeunesse, musique, pauvreté, venezuela



