12.09.2009

Acte manqué

Construire pour les générations futuresDans la campagne qui porte sur l’initiative visant à rouvrir le débat sur l’urbanisme lausannois pratiquement gelé par le paquet « Métamorphose » de la Municipalité, la publicité politique tient le haut du pavé.

Ainsi, il a beaucoup été question des affiches considérées comme mensongères des uns, de l’abus de logo officiel des autres ou encore des collages sauvages massifs d’autocollants des fans de foot.

Je ne saurai résister à apporter ma modeste contribution à ce pugilat qui porte plus sur la forme que sur le fond. Il n’y a pas de raison de ne pas se faire plaisir, surtout si c’est avec humour, n'est-ce pas ?

Mais venons-en au fait.

Si vous êtes observateur, vous aurez sans doute remarqué les affiches du comité qui appelle à voter « non » à l’initiative populaire « des stades ». L’une d’entre elles a plus particulièrement retenu mon attention.

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03.09.2009

La guerre de Troie n'aura pas lieu

pontaise.jpgCommuniqué de presse

Le Comité d'initiative boycottera le débat sur Métamorphose
organisé par 24 heures ce jeudi 3 septembre


La campagne menée par 24 heures en faveur du projet Métamorphose est un scandale. Comme lors de la campagne sur le Musée cantonal des Beaux-Arts, 24 heures a choisi de se comporter comme une Pravda locale. Le journal lausannois profite de son quasi-monopole de fait sur ce genre de thème pour promouvoir sans limites le point de vue de la Municipalité de Lausanne et de ses partisans. Pour protester publiquement contre cette violation flagrante du devoir des médias d'informer de manière neutre et équilibrée, quelle que soit leur position sur le fond, le comité d'initiative boycottera le débat organisé par 24 heures, ce jeudi 3 septembre.

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28.05.2009

C’est pas moi, c’est elle

citymanagement non merci.jpgCe n’est pas ma faute, c’est celle de Muriel Testuz – « qui porte bien son nom » selon une affirmation publique du Syndic ! – et de son « noyau dur » d’opposants. C’est à peu de choses près les propos émis par Daniel Brélaz lors de l’annonce des funérailles du City Management mercredi dernier.

Et le Syndic de discréditer ceux qui ont largement montré qu’ils avaient raison en luttant contre la politique de « promotion » du commerce de détail lausannois : les commerçants ont peur du changement, ils sont individualistes, ils ont mené une croisade, ils se sont acoquinés avec des associations ennemies pour avoir la peau d’un projet auquel ils n’ont rien compris.

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06.05.2009

Money is money

Vote au conseil communal de LausanneHier soir, peu avant minuit, le débat battait son plein sur le projet Métamorphose et sur l’initiative populaire « Pour l’installation des stades d’athlétisme et de football du projet Métamorphose dans la région de la Pontaise ». La libérale Isabelle Truan avait demandé peu avant le vote secret pour la conclusion centrale du préavis municipal. Un vote secret censé permettre à chacun de voter en dehors de toute pression mais surtout sans avoir de comptes à rendre à personne.

Mais le propos de ce billet n’est pas là.

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26.04.2009

Privé de désert

D'Ouchy à Saint-SulpiceDepuis qu’il a été propulsé adjoint à la une direction éditoriale unique du groupe Edipresse, Peter Rothenbühler s’est gardé une rubrique du samedi dans laquelle il parle de tout et de rien. Surtout de tout, mais pour un rien.

Dans le A propos de tout de samedi dernier, l’ancien rédacteur en chef du Matin se plaint des hésitations et des revirements successifs dans le choix d’un lieu d’implantation pour les futurs stade de foot du Lausanne Sports et Musée de beaux-arts. Face aux délais imposés par un référendum populaire gagné et une initiative bientôt soumise au peuple, il conclut :

En attendant, le bord du lac entre Ouchy et Saint-Sulpice reste un désert avec des infrastructures des plus misérables (buvettes, toilettes niveau zéro).

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23.01.2009

Contorsions municipales

Parcomètre à LausanneSur le plan de l’urbanisme, la Municipalité de Lausanne n’en finit plus de patauger dans une mare de contradictions. Jugez plutôt.

Alors qu’elle affirmait urbi et orbi que le projet «Métamorphose» comportait des points non négociables, dont le déménagement du Stade de la Pontaise vers les bords du lac, on vient d’apprendre cette semaine que l’exécutif veut construire un stade d’athlétisme à la Tuilière. On peut se féliciter de cette marque tardive d’ouverture, mais on peut aussi douter que les choix initiaux découlaient d’une analyse très pertinente de la situation. A moins que ce soudain revirement ne soit qu’une pirouette politique face à l’initiative populaire aboutie qui demande le maintien d’infrastructures sportives dans le nord de la ville.

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18.08.2008

Ola ! La com’ !

ola ! sait toutDepuis que Lausanne, ma bonne petite ville de province alanguie sur les bords du lac Léman, a décidé de commencer sa métamorphose, les autorités se sont lancées dans une ronflante opération de «démarche participative» pilotée par le groupe OLA ! «Oui Lausanne avance !» mis en place pour l’occasion par le consortium lausannois Critères Plates-Bandes & Co.

Première question isolente qui sort de mon esprit parfois englué par le discours lénifiant des autorités : je me demande bien qui a décidé de métamorphoser Lausanne ? Qui a décidé, comme ça, du jour au lendemain, que la ville devait se transformer. Qui a décidé qu’elle devait changer d’apparence ? Qui a décidé que, à l’instar du Dr Banner qui se métamorphose en l’incroyable Hulk, Lausanne devait devenir une nouvelle ville ou une ville nouvelle, une ville incroyable ? Qui a décidé cela et pourquoi ?

La réponse officielle est la suivante : «Une réflexion globale et approfondie sur la manière de réaliser de grands équipements utiles à Lausanne et à la région a été élaborée par la Municipalité.»

«Métamorphose» n’est que la traduction en un seul mot de la volonté municipale. Une traduction pour le commun des mortels, pour la galerie, pour la com’ et pour la presse.

Quel drôle de mot que ce «métamorphose» qui veut affirmer que la ville «bouge». Une ville qui bouge comme si elle s’éveillait de décennies d’immobilisme et de torpeur. Un concept porteur, qui s’inscrit dans la droite ligne des préceptes de la modernité qui postulent que tout doit bouger et vite si possible. Une modernité qui associe la lenteur et l’immobilité à la mort. Une modernité qui fait la mobilité reine, même à la veille d’un grand coup de frein pétrolier.

Métamorphose, mobilité, modernité … Quels beaux concepts, quelle contemporanéité !

Mais je m’égare.

Sur la page d’accueil de Critères, il est dit «Nous vous apportons un appui pour améliorer votre communication». Dans la pratique le groupe Ola ! est chargé de mettre sur pied et d’animer «des ateliers destinés à la réflexion sur l’écoquartier offriront des espaces d’expression, de discussion et de collecte de données.»

Ola ! est donc là pour sentir le pouls de la population et pour recueillir ses aspirations, ses propositions, ses envies. Il est donc là pour écouter et prendre note puis pour transmettre. C’est en tout cas ainsi que je le comprends.

À part les ateliers, les balades en ville et une roulotte, Ola ! s’est fendu d’un site Internet et, évidemment, d’un groupe sur Facebook. Et c’est avec le site Internet que cela se gâte. Oh, pour pas grand-chose. Pour un de ces petits riens qui font que l’on en arrive vite à se demander si on ne se fiche pas un peu de nous. Pour une de ces petites formules malheureuses que l’on peut tolérer d’un profane mais pas d’une entreprise de com’.

Une petite formule qui en dit long :

http://ola.lausanne.ch le site qui sait tout !

Le site qui SAIT tout !

Le site de ceux qui ont été mandatés pour mener une démarche participative, donc pour écouter, recueillir, transmettre ce que les habitants de la ville en métamorphose désirent SAIT tout !

Quelle magnifique erreur de com’ ! Quelle bévue ! Si leur site sait tout, qu'est-ce que les Lausannois peuvent lui dire ? Qu'est-ce qu'ils peuvent bien lui apprendre ? Et que dire d’eux ? Que dire des autorités qui les ont engagés ?

Si seulement ce site s’était baptisé :

http://ola.lausanne.ch le site qui DIT tout !

On y aurait cru un instant.

03.05.2008

La politique au forceps

4forcepsSouvenez-vous : entre l’automne 2002 et le printemps 2005, la Municipalité de Lausanne a organisé la démarche participative Quartiers 21. Dans ce cadre, 950 habi­tant- e-s de la ville se sont réunis et ont formulé 170 propositions.

Après les ateliers dits «d’inno­vation», 110 personnes ont parti­cipé aux conférences dites «de consensus», afin d’extraire la quintessence des propositions initiales. Ce sont ensuite les Ser­vices de la ville qui ont procédé à des études de faisabilité des pro­jets retenus et ont établi un programme d’action.

De tout cela, il est sorti 37 projets, répertoriés dans la brochure Quartiers 21 – La parole aux habitants et soumis au Conseil communal, qui les a ac­ceptés. Une page de cette bro­chure porte en lettres capitales de grande taille la philosophie de la démarche :

Donner la parole à tous les habitants, y compris ceux qui ont peu d’expérience avec les processus politiques, les inviter à dessiner ensemble l’avenir pour améliorer la qualité de vie, les rassembler autour de projets sur leurs quartiers et leur ville, instaurer un dialogue entre les autorités, l’administration et la population, tels sont les buts de la démarche participative Quartiers 21.

 

Quelques années plus tard, au printemps 2008, la Municipalité a, si l'on peut dire, évolué. Elle vient d’imposer, coup sur coup, deux de ses projets de législature. La Métamorphose de Lausanne, avec ses points non-négociables comme la destruction du stade de la Pontaise, l’édification d’un écoquartier sur le plateau de la Blécherette, l’érection d’un stade et d’une piscine enrobés de surfaces commerciales. Le City management constitue le deuxième acte péremptoire de la Municipalité : une taxe imposée aux commerçants destinée à faire de Lausanne un centre commercial à ciel ouvert.

Dans les deux cas, de nombreuses voix s’élèvent, s’interrogent et remettent en question les choix municipaux. La Municipalité n’entend pas ces voix. Elle ne les écoute même pas. Pire, le Syndic, Daniel Brélaz, discrédite celles et ceux qui ont le malheur de discuter ses options : ce sont des rétrogrades, des nostalgiques d’un passé révolu, des septuagénaires mélancoliques, des poujadistes, des Neinsager, des fondamentalistes. Bref des vieilles badernes égoïstes empêcheuses de diriger en rond.

Voilà, comment la Municipalité de Lausanne est passée de la démarche participative de Quartiers 21 à la politique du forceps.

Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner si la Municipalité se prend deux initiatives populaires «dans les gencives». Deux initiatives qui sont les premières de l’histoire de la capitale vaudoise et qui visent à rappeler aux magistrats lausannois qu’ils se sont engagés, un jour, à discuter leurs choix avec l’ensemble de la population. Deux initiatives qui devraient donner, enfin, la parole aux habitants sur des sujets aussi importants que l’urbanisme et le commerce en ville.

Deux initiatives qui feront, peut-être, réfléchir la «Municipauté», confortablement installée sur ses certitudes et insensible aux bruits des Quartiers ... 21.

N. B. Ce billet a été publié dans la rubrique «Réflexions» de l'édition du 3 mai 2008 du quotidien 24 Heures.