02.03.2010

Les jeunes UDC prennent les jeunes suisses pour des idiots

epsic.jpgEn cette fin d'après-midi, les jeunes UDC ont appelé à une manifestation visant soi-disant à « protéger les apprentissages des jeunes suisses ». Cette manifestation fait suite à la proposition de la Municipalité de Lausanne d'engager des apprentis sans-papiers afin de leur permettre d'accéder à la formation professionnelle comme le prévoit la Convention internationale relative aux droits de l'enfant. Par cette action, les jeunes de l'UDC tentent de faire croire que, soudainement, ils défendent l'apprentissage, tout du moins pour les Suisses.

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29.11.2009

Le temps des émeutes

tempsdesemeutes.jpgUne manifestation pacifique qui se transforme en émeute avec son lot de voitures incendiées et de vitrines brisées. Des policiers qui jouent au chat et à la souris avec les agitateurs. Des organisateurs qui pestent contre cette prise d'otage de la part du mystérieux Black Block. Une police et ses dirigeants politiques qui assurent avoir fait pour le mieux. Des vrais fachos qui hurlent à la responsabilité de la gauche et des mouvements qui ont appelé à la manifestation. Des faux gauchos qui condamnent la bêtise des casseurs. Vrais fachos, faux gauchos ... à moins que ce ne soit l'inverse.

Au lendemain de la manifestation anti-OMC qui a vu plusieurs voitures partir en fumée et des vitrines voler en éclats, au milieu du tintamarre médiatique et politique qui en découle, la lecture de l'analyse de l'anthropologue Alain Bertho qui vient de publier Le temps des émeutes (Bayard Centurion, ISBN-13: 978-2227478633) pourrait s'avérer salutaire.

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01.07.2009

Soutenons les Iraniens

WhereIsMyVote.jpgVoici, en version brute de coffrage, l'appel lancé initialement par soutenons-les-iraniens.fr et relayé par soutenons-les-iraniens.ch. Un appel que, bien évidemment, je vous engage à signer.

Ainsi, ces millions de manifestants ne seraient que «poussière» selon le président sortant Ahmadinejad ? Ainsi, son propre peuple n'existerait pas ? Par son coup de force électoral, le régime des mollahs décrète l'infaillibilité d'un pouvoir théocratique prétendûment supérieur aux choix rationnels des citoyens.

En interdisant les manifestations, en censurant les médias, en procédant à des arrestations massives et arbitraires, en coupant les moyens de communication, il cherche le pourrissement avant l'affrontement. Le mouvement populaire pacifique des Iraniens peut marquer le début d'une nouvelle ère en Iran qui voit le peuple revendiquer la démocratie. Nous voulons lui dire que le monde le regarde en admirant son courage.

  • Nous demandons la libération de tout-e-s les manifestant-e-s arrêté-e-s

  • Nous demandons le respect du droit des journalistes de rendre compte librement des évènements en cours

  • Nous demandons l'arrêt des violences sur les manifestants

  • Nous demandons la cessation des tirs meurtriers


03.05.2009

La police lausannoise roule les mécaniques

Tous fichés ?Le bilan de l’opération policière menée dans le cadre de la manifestation du 1er mai a de quoi faire sourire : des cagoules et quelques dizaines d’œufs remplis de peinture*. Tu parles d’armes de destruction massive !

La police lausannoise avait pour objectif d’extraire – comme on extrait une dent cariée ? – les « autonomes » du « bloc révolutionnaire » avant qu’ils ne puissent agir de quelque manière que ce soit. Selon mes informations, la police aurait annoncé cette intention à la direction de la manifestation au départ à Saint-François. Cette dernière n’aurait rien trouvé à redire : qui ne dit mot consent.

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01.02.2009

Moutinot tu exagères !

flicwefgeneve2009.jpgDésolé de vous tutoyer «camarade» socialiste Magistrat, mais ce soir, dans le cadre de l’émission de la TSR Mise au point, tu as un peu dépassé les bornes.

Tu as dévoilé le montant engagé pour financer les forces de police qui ont dû «gérer» le petit millier de participants à l’embryon de manifestation anti-WEF.

Et il me semble qu tu as un peu poussé le bouchon un peu loin …

Une manifestation qui a fait zéro dégât, mais qui a mobilisé les 1300 policiers genevois – moins les malades (sic) - et quelques rudes spécialistes bernois pour la modeste somme de 1,5 million soit plus de 1100 francs par pandore !

C'est du moins ce que tu as affirmé dans le poste.

Ce sont les flics genevois qui vont être contents de savoir qu’ils vont avoir une telle prime à la fin du mois !

A moins que ce ne soient les quelques grenades lacrymogènes et la sortie des camions-canons à eau qui grèvent les comptes de la République ?

Allez, juste pour rigoler et pour comparer, j’ai le plaisir de t’annoncer, «camarade» Moutinot, que les 19 jours de l’Euro 08 ont coûté aux forces de la police lausannoise la modique somme de 356'000 francs pour une affluence moyenne de 7'000 personnes par jour à l'UBS Arena …

«Camarade», est-il vraiment nécessaire de gonfler les dépenses des manif anti-WEF à la veille d'élections importantes ?


  • Crédit image : photographie de Cmicblog.

15.11.2008

Grève et prise d’otage

Lyon et le cadeauJusqu’au début de ce mois, la fonction publique vaudoise n’avait, dans mon souvenir, jamais connu des périodes de grève s’étendant sur plusieurs jours consécutifs.

Il a suffi de deux jours – oui, deux petits jours – consécutifs de grève dans les gymnases vaudois pour que des commentateurs plutôt mal inspirés se mettent à parler de prise d’otage.

Oui, vous avez bien lu, prise d’otage. Prise d’otage, des mots forts qui ont un sens. Lorsque des morts forts de sens sont utilisés, la moindre des choses est de soigneusement les soupeser avant de les donner en pâture à ceux qui vont en faire leurs choux gras.

Les amateurs de terminologie issue du terrorisme, un mot qui a aussi un sens très fort du point de vue politique et émotionnel, se recrutent essentiellement dans la presse, pas seulement gratuite, et les médias en général.

C’est ainsi que, par exemple, le gratuit 20 minutes titrait mercredi après la première journée de grève du 11 novembre : «C’est une prise d’otage des patients et des élèves.»

Le même jour, avant même le début de la grève, le journaliste de la RSR Jean-Marc Béguin parlait de «Prise d’otages dans les gymnases vaudois», un terme qui reviendra deux fois dans un texte de 25 lignes.

Quant à Philippe Barraud, l’animateur du magazine en ligne soi-disant contre le «néo-conformisme» (?), il publie un billet littéralement bourré de termes issus du vocabulaire terroriste : sabotage, prise d’otage et j’en passe.

Et ce qui devait arriver arriva, 24 Heures a trouvé jeudi un gymnasien qui lâche «Nous sommes pris en otage par les enseignants alors que nous n’avons rien à voir avec le sujet!»

Prise d’otage ?

Est-ce que quelqu’un a vu un seul employé de l’Etat de Vaud - parce qu’il n’y a pas que les profs de gymnase qui grèvent et qui manifestent – poser un revolver sur la tempe d’un usager du service public ? Ou bardé de ceintures d’explosifs ? Ou encore la lame de son couteau posée sur la délicate gorge d’un ou d’une Conseiller ou Conseillère d’Etat ?

Bien évidemment non !

Il ne s’agit pas du tout de cela, tout le monde le sait, mais certains font comme s’ils ne le savaient pas, car les mots ont un sens et les mots qui ont un sens ont des conséquences lorsqu’on les utilise comme des armes de destruction massive*.

Des armes de destruction massive dont l’usage a pour objectif de dynamiter les droits constitutionnels et démocratiques par la stigmatisation, par l’accusation, par la culpabilisation, voire par la diffamation de ceux qui les utilisent.

Des armes de destruction massive qui ont pour but d’effrayer, de démoraliser, de diviser, pour enfin soumettre.

Des armes de destruction massive dont la fin est de casser le droit de grève et l’exercice des droits constitutionnels, par la bande, sans même avoir le courage - ou l’inconscience - de lancer une initiative populaire visant à supprimer l’article 28 de la Constitution fédérale qui traite de la liberté syndicale et du droit de grève.

Des armes de destruction massive qui sont finalement beaucoup plus dangereuses que quelques jours de grève, quelques banderoles et quelques gueulantes au mégaphone.

La grève est un droit, nous avons donc le droit de faire la grève.

À ceux à qui cela ne plaît pas, il reste la liberté de la faire interdire par les voies démocratiques. À moins que vous ne raisonniez comme cet internaute rencontré au hasard d’un blogue qui réagit à l’interdiction du droit de grève par cette formule :

Supprimer le droit de grève ? Ah non, quand même ! Mais au moins qu’ils ne l’utilisent pas.

* J'ai bien conscience que cette expression est également lourdement chargée de sens ...

17.05.2008

Bas les masques ?

Manif sans masquePersonnellement, je n’ai jamais participé à une manifestation recouvert du moindre masque ou de la moindre cagoule. Il n’y a pas de quoi en être fier et encore moins d'en avoir honte. C’est comme ça, c'est mon choix.

Par contre, la loi mise en consultation par le Conseil d’Etat vaudois qui vise à interdire le port des masques et cagoules lors de certaines manifestations me laisse sceptique. Elle me laisse sceptique quant à son opportunité, à son efficacité et à sa mise en œuvre. En voici sa teneur.

Art. 17 MANIFESTATIONS
1 Lors de manifestations impliquant un usage accru du domaine public, est interdit le port :
a. de toute tenue vestimentaire ou de tout autre équipement propre à empêcher l'identification, tels que masques, cagoules, casques ou tout autre dispositif ayant pour effet de dissimuler le visage,
b. de tout objet propre à porter atteinte à l'intégrité corporelle ou à causer un dommage matériel, notamment les objets piquants, tranchants, contondants, explosibles ou projetant des substances.
2 La Police cantonale peut autoriser des exceptions en rapport avec le but de la manifestation.
3 Le matériel porté ou utilisé en violation de l'interdiction peut être séquestré par la Police cantonale.
4 Quiconque contrevient au présent article est passible de l'amende.
5 La négligence, la tentative et la complicité sont punissables.


Première remarque : dans son exposé des motifs, le Conseil d’Etat «part du constat que les perturbateurs visés ont pour usage de se dissimuler le visage avant de passer à l'action». La photo ci-contre qui a été prise lors de la manifestation «anti-Blocher» du 18 septembre dernier est là pour illustrer mes doutes à propos de ce constat. Mon expérience personnelle me montre aussi que certains n’hésitent pas, dans le feu de l’action, à se laisser aller, masqué ou non.

Deuxième remarque : si ce constat est valable, le travail de la police est grandement simplifié. D’un point de vue tactique, il suffit d’avoir à l’œil celles et ceux qui portent un masque pour pouvoir les cueillir à la première incartade. Pourquoi dans ces conditions vouloir interdire le port de ces stigmates révélateurs et se priver d’un indice permettant de mieux cibler l’action policière ?

Toujours du point de vue tactique, interdire le port de masques, de cagoules, de foulards, de lunettes à soleil, de perruques, de nez rouges … - la liste sera difficile à établir – risque bien de se révéler difficile à faire respecter. En effet, que fera la police à la vue de manifestants plus ou moins masqués ? Les arrêtera-t-elle sur le champ avec le risque de mettre le feu aux poudres sans raison ? C’est en tout cas ce qu’a estimé le canton des Grisons qui a renoncé à cette interdiction pour éviter une escalade de la violence. Et, reconnaissons-le, le canton des Grisons sait de quoi il parle puisqu’il accueille chaque année le World Economic Forum.

Le quatrième problème a été soulevé par la Ligue Suisse des Droits de l’Homme dans sa réponse à la consultation du projet de loi genevois allant dans le même sens :

Les libertés de communication couvrent également certaines formes d’expression non verbales, lorsqu’elles sont porteuses d’un message déterminé. Il en va ainsi, par exemple, des camouflages (ATF 117 Ia 472). Par conséquent, le droit cantonal ne saurait purement et simplement interdire le port de masques. De plus, ce dernier peut correspondre à un besoin légitime de protection de la sphère intime, empêchant qu’un manifestant puisse être reconnu par son employeur. Dans une période de crise économique avec un taux de chômage élevé, ce besoin de protection est particulièrement élevé.


Pour terminer, un dernier petit détail qui ne fait qu’ajouter à mon scepticisme : pour quelle raison les manifestants devraient-ils être identifiables en tout temps alors que les forces de police engagée lors de manifestations sont dispensées du port de leur numéro de matricule ?

  • Crédit image : photographie empruntée pacifiquement à ©Keystone.