04.04.2009

Miam, miam … beurk !

laitguigoz.jpgComme beaucoup de petits Suisses des années soixante, mes premiers contacts avec l’univers Nestlé remontent à ma plus tendre enfance : je suis un « bébé Guigoz », c’est-à-dire un petit d’homme nourri à la poudre de lait de l’entreprise gruyérienne qui allait être achetée au début des années septante par le futur mastodonte de l’agroalimentaire Nestlé.

Aujourd’hui, la marque dont le logo représente une maman (ou un papa ?) oiseau qui donne la becquée à ses petits dans le nid, ambitionne de nourrir, ou plutôt de vendre de l’alimentation à, la terre entière. L’objectif du géant et de ses quelques adversaires sur le marché de la (mal)bouffe : conquérir le monde pour le gaver des produits issus de ses usines. Et exclusivement de ses usines, sinon ce n’est pas commercialement intéressant.

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17.04.2008

Couchepin le misérable et Al Gore le durable

Al GoreC’est un peu ainsi qu’étaient présentés, hier, dans la presse le Président de la Confédération et le Prix Nobel de la Paix 2007 qui étaient venus inaugurer la nouvelle chaire de «développement durable» de l’EPFL.

Il faut dire que Pascal Couchepin a été assez maladroit pour venir en hélicoptère à cette Journée de la recherche de l'EPFL, alors qu’Al Gore, nettement plus malin, a jugé plus adapté de se déplacer en voiture hybride.

Dame ! Pour une journée consacrée à la création d’une unité d’enseignement dédiée au réchauffement climatique il fallait bien cela. Même si cette unité est financée par la banque privée LODH avec laquelle Al Gore a quelques affaires au travers de la société Generation Invest Management, une société active dans «l’investissement durable». Même si les entreprises durables dans lesquelles ce fond investit ont pour noms Roche et Nestlé, entre autres.

Mais disons-le tout net, la promenade en hélicoptère de Couchepin nuit au réchauffement climatique alors que Roche et Nestlé sont des modèles d’écologie.

Des modèles d’écologie et d’éthique ... à un ou deux détails près.

À l’actif de Roche, on mentionnera le stockage de 150 000 tonnes de déchets chimiques à Bonfol entre 1961 et 1976 et le stockage à Hagenthal-le-Bas (France) en décharge illégale, avec d’autres industries chimiques bâloises, de 600 tonnes de nitrobenzène et autres produits de synthèse de colorants entre 1950 et 1960.

On ajoutera pour la bonne bouche qu’en 2007 les laboratoires Roche, BASF et Aventis ont été condamnés à 8,5 millions de dollars au Brésil pour constitution de cartel, entente sur les prix des vitamines et concurrence déloyale.

Pour Nestlé, on a l’embarras du choix. On retiendra juste que le géant de l’agro-alimentaire détient 17 % du marché mondial de l’eau en bouteille, qu’il en est le number one et que, selon le WWF, ce marché consomme 1,5 million de bouteilles en plastique chaque année.

On retiendra aussi que la société a commercialisé en Afrique un «aliment lacté Gloria», contenant de la matière grasse végétale, destiné «à des consommateurs à faible pouvoir d’achat ». Selon ses parents, ce lait serait peut-être responsable du décès du petit Henri-Joël, un bébé camerounais mort en 2001.

Al Gore le durable et Couchepin le misérable. Un peu réducteur, non ?