25.12.2009
Noël des années soixante
Le remarquable site des archives de la TSR propose une série d’extraits d’émission de l’époque. On y trouve, en vrac, des conseils de l’époque pour les menus de fête, quelques exemples de jouets et de cadeaux à la mode, des astuces pour l’occasion, les cornets de Noël à l’intention des pauvres de Genève et l’allocution de Jean XXIII à l’occasion du Noël de 1962.
Cerise sur le gâteau la bûche : un dossier sur l'élégance pour les Fêtes de fin d'année.
À l’intention des enfants, on retrouvera avec plaisir – ou non – les aventures natales de Basile et Pécora dans les années septante.
- Crédit image : archives TSR
20:22 Publié dans Chronic Argo | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : archives, dossier, noël, tsr
24.12.2009
Doux Jésus !
Alors que la terre entière – enfin presque – s’apprête à déposer le petit Jésus dans la crèche, un débat féministe enflamme le petit monde alternatif lausannois. En cause : un papillon déclaré d’un goût douteux par l’assemblée générale de l’Espace autogéré et réalisé par le graphiste Monsieur Mishimoto à l’occasion de la soirée rock du «Noël des amis».
Là où les plus sots d’entre nous, moi le premier, ne voient qu’une fille, avec un air un peu effaré, qui s’empiffre de crème chantilly en en foutant partout, soit un symbole de la surconsommation, celles et ceux qui n’ont ni dieu ni maître y ont vu « une femme genre poupée en train de bouffer du sperme ».
Tout bien réfléchi, il est fort possible que cette deuxième interprétation soit la bonne. Reste à savoir s’il y avait de quoi annuler la soirée – qui est récupérée par une boîte commerciale locale, le Vinyl – qui devait accueillir pas moins de six groupes de rock. Poser la question c'est peut-être y répondre. Censurer l’affiche pourquoi pas, même s'il aurait peut-être fallu y penser avant, mais censurer l’événement, bôf.
17:24 Publié dans Coup d'griffe | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : affiche, amis, censure, espace autogéré, féminisme, mishimoto, noël
23.12.2008
Coca et les ravis
En ces temps de fêtes, rien n’est plus important que le commerce. Du moins pour certains.
C’est en tout cas ce que Coca-Cola Service France a dû se dire lorsqu’une idée sournoise a germé dans la tête perverse des mercaticiens.
À la base, il s’agit de taper dans un réservoir de plus en plus inépuisable : les internautes et spécialement ceux qui sont émerveillés par les vues aériennes de Google Maps.
L’idée obscène est donc la suivante : pour Noël, on va proposer à ces idiots de surfeurs de décorer virtuellement leur maison ou celles de leurs amis en leur donnant l’occasion d’y coller des loupiottes de formes variées allant du sapin à l’angelot en passant par le cœur tout en y tirant un avantage en contrepartie. Un avantage publicitaire et peut-être même en fichier de données.
L’installation de la décoration se fait en trois étapes. Premièrement préciser l’adresse sur Google Maps, deuxièmement choisir sa décoration parmi la petite dizaine proposée et troisièmement enregistrer la décoration.
Et c’est là que ça se gâte : pour enregistrer sa décoration virtuelle, la proie du marchand de boissons sucrées doit saisir son adresse email et cocher les deux options dont la première précise «J’accepte de recevoir des emails de la part de Coca-Cola» et la seconde «J’accepte que mes données personnelles soient traitées conformément aux informations sur la protection des données.»
En dessous on trouve l’explication suivante à propos de la protection des données : «L’enregistrement de l’adresse email ne sera utilisée à des fins autres que celles prévues pour l’envoi du message. Elle ne sera pas transmise à des tiers non autorisés, ni utilisée à des fins publicitaires. L’adresse sera supprimée immédiatement après l’envoi du message.»
Quel charabia !
En cochant la première case, on accepte donc de recevoir des emails alors qu’un seul suffit pour recevoir en retour le lien qui vous permettra de diffuser votre décoration de Noël au monde entier.
En cochant la deuxième case, on accepte que notre adresse email ne serve qu’à l’envoi d’un email contenant le lien permettant d’accéder directement à notre décoration virtuelle, qu’elle ne serve qu’à cela, qu’elle soit détruite immédiatement après l’envoi du message et qu’elle ne soit pas diffusée à des tiers «non autorisés».
Bref, avec tout ce blabla, on ne sait pas exactement à quoi notre adresse va servir. Difficile de faire mon clair.
Le brouillard s’épaissit encore plus, lorsque l’on clique sur le lien «Mentions légales», voilà ce qu’on peut lire : «L'utilisateur est notamment informé, conformément à l'article 27 de la loi Informatique, fichiers et libertés du 6 janvier 1978, que les informations qu'il communique en répondant s'il le souhaite aux formulaires présents sur le site sont nécessaires pour participer aux jeux présents sur le site et permettent de répondre à sa demande, et sont destinées à Coca-Cola Services France, responsable du traitement, à des fins de gestion administrative et commerciale.»
Si avec toutes ces déclarations contradictoires et approximatives Coca n’arrive pas à justifier qu’il est autorisé à utiliser nos adresses email à des fins commerciales, je veux bien boire une bouteille cul sec de son breuvage phare.
Je ne dis pas que le groupe mondialisé nous pique nos adresses email pour en faire mauvais usage (quoique), mais comme un internaute averti en vaut deux, mieux vaut être prudent et ne pas laisser traîner ses données personnelles n’importe où : un email poubelle ou une fausse adresse conviennent très bien.
Il est bien entendu aussi possible de ne pas participer à ce genre de petits jeux dont l’un des buts est de profiter de votre «temps de cerveau disponible».
P.S. Dans la tradition santonnière provençale, le ravi est le personnage attachant et un peu simplet qui accueille Jésus avec une joie simple. De nos jours, les ravis accueillent avec un air un peu benêt d’autres messies …
12:29 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : google maps, coca-cola. marketing, illumination, noël, protection, données, spam
21.12.2008
Yes we cat
Cela n’en a pas l’air, mais j’ai des principes et des habitudes auxquels il m’est difficile de déroger. Parmi ces principes : le changement régulier comme une montre suisse de la litière des chattes.
Il se trouve que la date fatidique était fixée à hier. Un samedi, comme toujours.
Sur le coup des seize heures, je pris donc mon rucksack et me dirigeai vers Minor, là où je m’approvisionne habituellement.
C’était donc le samedi du dernier ouikènde avant les fêtes de Noël …
J’allais vite me rendre compte qu’il faut être une sacrée buse pour aller acheter de la litière pour chats à ce moment-là !
Je pénétrai donc dans le temple - de la consommation – et je compris vite fait que cela n’allait pas être une partie de plaisir. Dès mes premiers pas dans la caverne d’Ali Baba, je me trouvai emporté par un flot d’humains dans une giration qui m’éloigna de l’escalator qui mène au rayon bestioles.
Bon, ça commençait bien. Mais comme je n’étais pas pressé, je me laissai guider par mes semblables, confortablement encadré et propulsé par eux. Tellement encadré et coincé que je me disais qu’il serait presque possible de tenir debout sans effort … Je croisai une ou deux personnes que je connais, les saluai et poursuivis mon long fleuve tranquille.
Parmi tous les humains rencontrés, se trouvaient les vendeuses du rayon cosmétiques qui doivent travailler dans cette foule bruyante, mouvante, ondulante. Les pauvres ! Une journée là-dedans, quelle horreur. De quoi chopper le tournis puis le mal de mer pour le restant de ses jours.
C’est alors que je commençais à maugréer sur les conditions de travail de ces dames que j’entendis un aboiement de douleur quelque part près de mes pieds. Je me pris instantanément une volée d’insultes au fil desquelles je compris que je pourrais faire attention où je mets les pieds. Je venais de marcher sur un Yorkshire. Comme si je pouvais voir où je mets les pieds dans cette espèce de tas de chairs informe et ondoyant !
Et d’abord, faut-y être con – conne en l’occurrence – pour laisser à terre ce pauvre petit animal, qui ne m’a même pas mordu, lui, dans ce qui peut vite se transformer en jeu de massacre !
Le chien ne m’en a pas trop voulu, je me suis retenu d’engueuler plus fort qu’elle la tarte qui lui servait de maîtresse et qui ne semblait même pas foutue d’imaginer que son chien n’est pas un paillasson pour chaland, je lui ai jeté un œil noir et méprisant et je me suis laissé emporter par la maelström.
J’allais enfin atteindre l’escalier roulant qui devait me permettre de me hisser dans les étages lorsque je me suis retrouvé nez à nez avec une poussette. Un modèle à trois grandes roues pour sportif qui coure ou qui patine en poussant sa descendance. L’engin qui, dans cet environnement, me parut aussi imposant qu’un 40 tonnes, remontait le courant comme une femelle saumon qui va pondre.
En l’occurrence la ponte avait déjà eu lieu et la progéniture braillait dans la poussette conduite à grande vitesse par le papa qui manifestement était à la limite de péter un plomb et lançait des propos forts peu amènes à celle qui devait être sa compagne.
La poussette, le braillard, le père et la mère passèrent avec grand bruit et mes camarades de flux et moi baissèrent les yeux, d’un air gêné, pour les laisser poursuivre sans provoquer une escalade de la violence inutile.
Au passage, le papa me lamina le pied et je réussis à réprimer un couinement puis me mis à penser avec compassion à la patte du York.
Sur ces entrefaites, la situation s’améliora et l’espoir revint : je venais d’atteindre l’escalator qui me permettrait d’accéder au rayon où j’allais pouvoir trouver ma litière pour chat.
Au rayon de nos amies les bêtes, la foule était peu nombreuse, l’objet de ma convoitise était en stock et il ne me fallut que quelques instants pour me retrouver dans la petite queue devant la caisse. Le paiement, en liquide, fut promptement effectué et je réprimai l’envie de demander, pour plaisanter, un emballage-cadeau. Quelque chose me disait que l’heure n’était pas à ce genre de blagues.
La litière sur le dos, j’amorçai ma descente en enfer. L’escalier roulant était plein à craquer des clients qui devaient descendre du rayon consacré aux arts ménagers.
Le regard perdu dans la foule qui serpentait au bas de l’escalier mécanique, je me demandais comment allait se passer la sortie de ce bagne.
C’est alors qu’un crétin de la pire espèce, qui venait d’atteindre le palier après avoir été vomi par la machine infernale, se retrouva face à une connaissance et eut la bonne idée de piler net pour lui faire la bise. Il s’était arrêté à moins d’un mètre de la gueule béante qui crachait son flot continu de clients.
Je vous laisse imaginer ce qui aurait pu se passer si l’un des premiers passagers de l’escalator n’avait pas été un énorme mastard qui a foncé dans le tas non sans écrabouiller au passage, mais pour la bonne cause, une grand-mère qui devait déjà se voir les quatre fers en l’air. Le crétin jugea que la situation était désespérée pour lui, se rangea sur le côté et fit mine de rien. La colonne humaine put poursuivre sa marche pas très triomphale.
Pour ma part, je n’ai pas demandé mon reste et ai tout mis en œuvre pour atteindre la sortie au plus vite. Une fois dehors, l’idée de gravir la rue de la Mercerie me poussa vers l’arrêt Riponne – Maurice Béjart et le m2 m’emmena en un éclair … une station plus loin. Qui a dit «fainéant» ?
Arrivé à la maison, je fis le ménage des lieux d’aisance de ces dames qui me remercièrent à leur façon habituelle : une belle grosse crotte dans la litière toute propre.
Il n’y a pas de doute, je suis un héraut des temps modernes.
16:15 Publié dans La vie qui va | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : commerce, consommation, course, fêtes, grands magasins, noël
28.11.2008
Blanc, jaune et …
Hier soir, en rentrant de l’école, au pied de la Cathédrale, j’ai croisé deux messieurs qui travaillent à l’éclairage public de la Ville de Lausanne. Ils s’apprêtaient à gravir les 224 marches et plus qui leur permettront d’atteindre les projecteurs colorés qui, comme chaque année, colorient le monument pour les fêtes.
Évidemment, pour régler les loupiottes, il faut qu’il fasse nuit et qu’elles soient allumées. Du coup, ni une ni deux, je me suis précipité sur ma chambre noire (numérique ... tout fout le camp) pour tirer le portrait de Notre-Dame – il faudra vraiment que je m’achète un petit trépied – dans ses habits de couleur 2008. Un portrait peu représentatif de ce que nous pourrons voir dans quelques jours puisque l’éclairage n’est, pour l’instant, que partiel.
Cette année, la Cathé brillera donc de mille feux blancs, jaunes et … d’une couleur encore secrète. Je sais, mais je ne dirai pas. Na !
Attention, le premier qui me dit que tout ça n’est pas écolo, qu’avec le prix de l’électricité qui va augmenter de 15% le 1er janvier 2009 ils pourraient s’abstenir, que mon ravissement enfantin est déplacé en cette période de crise, j’offre un petit tour de génératrice à pédales !
09:36 Publié dans La vie qui va | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cathédrale, fêtes, fin d'année, illumination, lausanne, noël



