24.08.2009
Roulette libyenne
Hans-Rudolf Merz a probablement joué à la roulette russe. C’est la sale impression que me laisse le coup de force faiblesse du président de la Confédération dans l’affaire des otages suisses retenus en Libye.
L’Appenzellois donne l’impression d’avoir joué quitte ou double et d’avoir abattu sur une seule mise toutes les cartes qu'il avait dans son jeu.
Certains ont beau estimer que Merz s’est comporté comme un paysan appenzellois fraîchement descendu de son alpage qui ne connaîtrait rien à la diplomatie, son coup sera peut-être, mais seulement peut-être, fatal à l’arrogance du « frère guide ». Il est fort possible que Hans-Rudolf Merz ne soit pas un spécialiste de la diplomatie, il n’empêche que depuis le temps que la crise dure, que le Conseil fédéral reçoit des informations, des analyses, des mémos du Département fédéral des affaires étrangères et des services secrets suisses, celui qui est tout de même licencié en HEC et docteur en sciences politiques devait bien avoir une « petite » idée des conséquences possibles de ses choix.
07:06 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (123) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : diplomatie, kadhafi, libye, merz, otages, politique, suisse
28.03.2009
Et la démocratie, bordel !
Comme tous les matins, Watusi, très matinal et pétant la forme, s’approprie le sachet de thé commun pour se faire son petit-déjeuner. Nafle, gros dormeur fatigué en sera pour ses frais. C’est ainsi que commence cette pièce d’Oscar Castro et c’est ainsi qu’elle se terminera : le monde tourne en rond à défaut de tourner rond.
Watusi et Nafle sont deux clochards qui vivent de la récupération du vieux papier et de la ferraille. Pour transporter leurs trésors, ils utilisent une carriole qu’ils appellent la «Douloureuse». Pour sa part Sonajeras, le clochard étranger, passe son temps à mettre au point un système qui transformera la «Douloureuse» en machine volante. C’est à ce titre que les deux chiffonniers lui prêtent parfois leur «véhicule d’entreprise».
Outre le partage du sachet de thé, nos deux chineurs ont un problème à résoudre : qui doit tirer la «Douloureuse» ?
13:35 Publié dans Ecouter, lire ou voir | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : doris naclerio, et la démocratie bordel, michel gilliéron, oscar castro, pascal schopfer, politique, pulloff
15.02.2009
L’insulte en politique
Eau de bidet, moule à claques, mauvais berger, sautiche, maroufle, j’saut’dedans, fleur de Mazas …
Autant d’insultes découvertes grâce à un courriel de mon ami C. P. de L., qui en a d’ailleurs, au passage, profité pour me traiter gentiment de «plouc». Grâce à lui, j’ai eu l’occasion de prendre connaissance d’un site hébergé par l’Université de Bourgogne et consacré à l’insulte en politique. Ce site est issu d’un projet, placé sous la direction de Thomas Bouchet, Matthew Leggett, Jean Vigreux et Geneviève Verdo, qui se présente comme une approche interdisciplinaire de «l’assaut verbal en politique et a pour objectif principal d’éclairer, selon un angle inhabituel, quelques questions importantes sur violence et politique, cultures et pratiques politiques, parole et politique.»
Voici donc une petite sélection de ce que j’ai pu lire en me baladant sur le site, qui se double d’un livre, de cette étude dont le titre est L'assaut verbal en politique. L'insulte en Europe et en Amérique latine, de la fin du XVIIIe siècle à nos jours.
Commençons par une petite définition : selon les chercheurs, l’insulte en politique est un acte de communication réputé porter atteinte par la violence à la réputation d’un individu, d’un groupe, d’une institution dans la sphère publique.
15:54 Publié dans Ecouter, lire ou voir | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : assaut, injure, insulte, politique, verbal, violence
06.09.2008
Le Régional : aligné couvert ?
C’est en 1996, lorsque je quittai Lausanne pour Belmont pour quelques paires d’années que j’ai découvert l’hebdomadaire gratuit Le Régional.
Dans ce journal, on trouvait en avant-dernière page une rubrique intitulée «Billets politique». Cet espace dont la taille oscillait entre une demie et une page entière était ouvert aux partis politiques de la région qui pouvaient ainsi exposer leurs idées à un large public. Cette rubrique aurait presque pu constituer une sorte d’ancêtre des sites de journalisme citoyen s’il avait été ouvert à une plus large palette de contributeurs.
Toujours est-il que cette possibilité d’expression était fort utilisée par tous les partis et même par la toute jeune section Pully-Lavaux du POP et Gauche en mouvement. Je dirais même que ces colonnes étaient très lues, c’est en tout cas l’impression que je retirais des remarques, positives ou négatives, que me faisaient mes voisins cancoires.
À un niveau local, dans un village ou une petite ville, l’expression publique de positions politiques dans un tel hebdomadaire gratuit me semblait donc susciter la réflexion et la discussion. Ce qui, selon moi, est un des rôles de la presse.
Eh bien, cet espace va disparaître ! Cet espace va s’éclipser à l’occasion de la prise de participation majoritaire du groupe Edipresse dans le capital des Editions Le Régional SA. Cet espace sera relégué sur le site Internet de l’hebdomadaire et seuls les lecteurs branchés y auront accès. Il en sera ainsi fini des discussions au, mais pas forcément de, bistrot autour de tel ou tel articulet rédigé par un politicien local plus ou moins inspiré. Les «affaires de la cité» ne vont donc plus être traitées entre humains faits de chair et d’os, mais entre internautes faits de RAM et ROM.
Et pourtant, l’hebdomadaire devait conserver une totale autonomie éditoriale et de gestion. Il devait même, selon un article de 24 Heures développer son offre …
11:59 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concentration, diversité, edipresse, expression, fusion, le régional, politique
29.06.2008
Travaux pratiques de politique appliquée
Selon une relation membre du Parti socialiste vaudois, une ancienne ministre de ce parti aurait déclaré au début de son mandat quelque chose du genre : «Moi, je ne vais pas faire de la politique dans les fêtes.» La suite de son aventure ministérielle ne lui donna pas raison. Elle accomplit une législature – à mi-temps disent les sales langues - et puis s’en alla.
Tout le contraire d’un municipal lausannois qui sait être là où il faut, au moment où il faut, quitte à se mouiller, au sens propre comme au sens figuré. C’est sans doute une partie non négligeable de ce qui fait sa force, malgré des handicaps de poids : un caractère soupe au lait et les fâcheuses habitudes de vouloir creuser des tunnels partout et d'avoir toujours raison.
L’élu de droite est du point de vue des relations publiques et du tissage de réseau un exemple que beaucoup de politiciens et de politiciennes devraient suivre. Une véritable leçon de politique appliquée. Un exemple tel qu’une camarade de parti m’a vivement déconseillé d’écrire ce billet car «se serait lui faire trop de publicité.»
Eh bien non, je pense au contraire que reconnaître les qualités de l’adversaire politique et en tirer les conséquences ne peut être que profitable. Surtout si cela donne l’occasion de signaler quelques votes de l’élu au Conseil national. Des votes qui montrent que, non content de se mouiller dans le port d’Ouchy, le radical est :
- favorable au puçage de ses concitoyens (passeports biométriques),
- favorable à des primes d’assurance auto en fonction du passeport,
- favorable à la liberté de contracter en matière d’assurance maladie.
Vous l’aurez reconnu, il s’agit de …
16:07 Publié dans La vie qui va | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ouchy, politique, popularité, sauvetage



