24.03.2010
Des chiffres et des mots
On peut faire dire aux chiffres quantités de choses. Et pas seulement en matière de statistiques.
A titre d'exemple, prenons le cas d’une voiture qui se déplace du centre ville de Lausanne au centre ville de Genève : durée du parcours, en passant par l’autoroute, 41 minutes ; vitesse moyenne : 92 km/h, selon Mappy. On s’en doute bien, cette vitesse a varié – et il n’y a pas eu de bouchons. Elle aura varié entre une vitesse nulle – aux feux et aux arrêts obligatoires – et 120 km/h maximum … N’est-ce pas ?
C’est pour pallier ces approximations dues à des intervalles d’observation trop grands que les mathématiciens ont inventé le «passage à la limite», la dérivée et, dans le cas présent, la vitesse instantanée.
Une des applications les plus fameuses – mais de loin pas la plus parfaite – est la courbe de température que l’on trouve au pied du lit des malades dans les crobards, les dessins de presse ou les BD. C’est aussi le genre de graphique que nous délivrent les tachygraphes embarqués sur les véhicules professionnels ; des engins qui permettent de suivre a posteriori l’évolution de la vitesse du véhicule à chaque instant ou presque.
Quel rapport avec les mots me direz-vous ?
11:59 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chiffres, diffusion, journaux, lecteurs, lectorat, presse, remp, romandie, suisse, vente
05.02.2010
Lausanne, la zone ?
Depuis un certain temps, le Conseil communal de Lausanne est submergé d'interventions en lien avec la sécurité ou, plus précisément, l'insécurité réelle ou ressentie. Il ne se passe plus une séance sans qu'il soit question de bagarres, avec ou sans couteaux, de mendicité, de toxicomanie ou de deal. Contre ce qui semble être une déferlante de violence en ville, chaque parti y va de son idée : engagement de policiers spécialisés dans la lutte contre les dealers, interdiction des armes aux abords des lieux de festivités nocturnes ou de la mendicité ou encore la très tendance vidéosurveillance.
Pour justifier leurs propositions, les conseillers communaux se basent le plus souvent sur des articles de journaux, sur des narrations de personnes de leur connaissance ou sur des expériences personnelles. C'est ainsi que l'on a entendu récemment un conseiller qui racontait avoir pris un taxi pour traverser la place Chauderon tant le passage sous route lui paraissait dangereux !
09:57 Publié dans Sécurité | Lien permanent | Commentaires (58) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : armes, élu, danger, fait divers, insécurité, lausanne, police, presse, sécurité, ville
02.01.2010
L’air de rien
Après un début d’année empli de félicité et de tendresse, place à un peu d’humour.
Le fait que la plupart des chaînes de télévision satisfont la tradition du bêtisier en fin ou en tout début d’année ne vous aura sans doute pas échappé. À moi non plus. Et je me dis qu’il n’y a pas de raison de me priver de m’offrir mon propre petit – tout petit – bêtisier. Alors, en voiture Simone !
C’était le 8 décembre dernier, le Conseil communal de Lausanne débattait du budget de l’année 2010. Le photographe Jean-Bernard Sieber, de l’agence ARC, dûment équipé de son accréditation et de sa chambre noire numérique, slalomait dans les rangs du conseil pour tirer le portrait des intervenants.
Julien Pidoux, journaliste à 24 heures, suivait les débats et devait certainement songer à la façon dont il en rendrait compte dans l’édition du jeudi.
Le radical Nicolas Gillard, toujours prompt à attaquer les dépenses de la Ville mais néanmoins excellent orateur, allait se retrouver dans la boîte numérique de Jean-Bernard. Une pixellisation d’autant plus méritée qu’il allait prononcer une de ces petites phrases qui plaisent tant aux journalistes : «Le budget est une montgolfière qui est incapable de perdre un peu d’altitude.»
19:23 Publié dans Un peu d'h. dans ce m. de b. | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 24 heures, bêtiser, montgolfière, photographie, picard, piccard, presse
05.12.2009
Les chacals
Comme vous tous, sans doute, y a pas mal de choses qui me dégoûtent sur notre si petite planète. Ce ne sont sans doute pas les mêmes, mais passons …
Aujourd’hui il y a quelque chose qui me dégoûte particulièrement : les chacals. Oh ! Non, pas le canidé qui gambade en vivant sa vie de coyote en Afrique ou en Asie, mais vous tous qui vous délectez d’images turpides.
On croît les connaître les paparazzi qui attendent des longues heures sous un soleil de plomb, sous la pluie, sous la neige, perchés dans un arbre ou vautrés dans la boue pour arracher une photo de l’enfant d’une ministre, de la première vergeture d’un symbole sexuel ou de la dernière sortie éméchée et camée d’une chanteuse à la dérive.
On les connaît de réputation, mais on ne sait pas exactement ce qu’ils éprouvent, ni pourquoi ils font ce métier de fouille-merde. Probable que c’est simplement pour vivre.
12:36 Publié dans Ça m’énerve ! | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : choc, gstaad, image, paparazzi, polanski, presse
14.10.2009
Presse sous stress
Cet articulet a été rédigé le 27 septembre à l’intention de la rubrique Signature de l’hebdomadaire Lausanne Cités. Il devait paraître le 1er octobre dernier. La rédaction en chef a estimé que le sujet abordé n’était pas conforme à l’esprit de la rubrique et m’a assuré que mon texte serait repris comme courrier des lecteurs dans une prochaine édition. En attendant voici ma copie.
Alors que l’été indien nous berce de ses douceurs, les médias sont ballottés par la houle voire par des lames de fond. La Télé, nouvelle télévision régionale valdo-fribourgeoise, met la priorité sur l’actualité fédérale en dépit de sa mission de service public. Roger de Diesbach, monstre sacré du journalisme d’investigation, décède prématurément. Le Courrier, rare quotidien qui compte sur ses lecteurs pour exister, est en manque de liquidités. Suite au rachat d’Edipresse par Tamedia, Le Matin bleu et 20 minutes, les deux gratuits qui ne comptent que sur la publicité, fusionnent et raient 20 postes de travail dont 10 licenciements secs*. Ça secoue dans le ciel des médias romands !
11:21 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : copyright, creative commons, droits d'auteur, flickr, photo, photographie, presse
12.10.2009
Edipresse compresse
Dans mon milieu de gauche, il est souvent de bon ton de s’en prendre à la presse que l’on qualifie volontiers de «bourgeoise» et de se lamenter que celle-ci ne relaie pas assez nos actions, nos idées et nos idéaux. À l’autre bout de l’échiquier politique, il est banal et fréquent d’entendre dire que les journalistes sont des gauchistes embusqué.
Il n’empêche que, malgré ses jérémiades, la classe politique est toujours très avide du moindre article dans le plus confidentiel des journaux. Il y a en quelque sorte une relation amour-haine entre les personnels de la politique et celui de la presse.
Cette liaison explosive, qui ne date pas d’hier, n’est cependant pas assez profonde pour mobiliser les troupes politiques dans la défense de celles et ceux qui participent à leur édification publique. C’est sans doute pour cela que je n’ai pas vu l’ombre de la trace du moindre politicien en vue ce midi devant la tour Edipresse à l’occasion de la première manifestation du personnel qui est sur le point de subir une centaine de licenciements. Est-ce à dire que les élus se fichent comme de l’an quarante de leurs alliés de circonstance ? Cela n’est pas exclu et c’est une grossière erreur.
15:17 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 20 minutes, 24 heures, edipresse, le matin, licenciement, presse, tamedia
13.04.2009
À télé ce soir
Madame est dans son bain et monsieur lit le journal au salon. Il arrive à la page des programmes de la télévision lorsqu’il tombe sur une émission intéressante au menu du jour.
- Chérie ! Ce soir il y a un truc à ne pas rater à La télé !
- Ah oui mon amour ! Et sur quelle chaîne ?
- Ben … sur La télé quoi. Sur la chaîne qui s’appelle La télé, celle qui s’appelait Vaud-Fribourg TV et qu’ils ont appelé La télé. Tu sais bien, on en a déjà parlé, tu ne vas pas me refaire le coup à chaque fois, non ?
- Ah ! Sur La télé ! Si l’émission est aussi originale que le nom qu’ils ont trouvé pour leur télé, ça promet d’être passionnant.
11:23 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cct, convention collective, fribourg, la télé, logo, presse, presse suisse
02.01.2009
De l'art du condage
Aujourd’hui, Le Matin nous propose un de ces sondages dont il a le secret : il s’agit de déterminer qui est le «N°1». On ne sait pas trop de quoi, mais on suppose que c'est de l'année 2008.
Parmi les candidats en lice, on trouve le bébé hippopotame «Farasi», l’ex-président de la Confédération Pascal Couchepin, la conseillère fédérale Eveline – ou Evelyne, Le Matin hésite – Widmer-Schlumpf, le cycliste Fabian Cancellara ou le réalisateur Marc Foster.
Pour l’instant, et après 1541 votes, c’est l'hippopotameau qui gagne. Ce score prouve bien que les internautes qui fréquentent le site du quotidien orange savent faire la différence entre un mammifère cétartiodactyle et un mammifère catarrhinien.
Voilà une excellente nouvelle.
À mon tour maintenant de vous proposer un condage des plus passionnants. Il s’agit pour vous de désigner qui sera le «N°0» de l’année 2008. Pour ce faire vous devez choisir entre : Christian Masserey, syndic et cityménageur de Lausanne ; «Rex*», chien truffier de la police lausannoise qui ne crache pas sur un djeun à l'occasion ; Daniel Brélaz, roi et représentant de commerce sinophile ; Michel Joye, chef entrepreneur en mobilité et xème papa du m2 et Alain Hubler, blogueur et grand maître de ces lieux.
La plate-forme de blogues de 24 Heures n'autorisant pas ce genre de gadgets, le condage est là, suivez le lien.
Merci de répondre en votre âme et conscience et de vous montrer aussi perspicaces que les lecteurs du Matin.
*Nom et photographie d’emprunt.
P.S. Comme ce condage est très sérieux, vous pouvez cliquer autant de fois que vous le voulez pour faire perdre le candidat de votre choix. C'est beau la liberté d'expression ! Non ?
14:40 Publié dans Un peu d'h. dans ce m. de b. | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : brélaz, joye, le matin, masserey, presse, rex, sondage
05.11.2008
Krach ou pas Krach ?
Alexandre Delaigue est un économiste qui enseigne à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr et qui a co-édité le livre Sexe, drogue... et économie. C’est surtout un économiste qui fait de réels efforts pédagogiques pour expliquer de manière compréhensible les subtilités de l’économie. C’est aussi un économiste qui me semble détonner avec l’air du temps et les affirmations de certains selon lesquelles il suffirait de quelques corrections magistrales à des personnalités - déchues - de la grande finance pour que tout aille mieux.
C’est enfin un économiste qui s’est exprimé de manière très claire dans La Liberté du 3 novembre dernier, tout comme il s’exprime simplement sur son blogue éconoclaste - L’économie pour les nuls et les autres.
Il n’est pas vraiment de gauche, c’est le moins que l’on puisse dire, mais il a des choses très intéressantes à dire. Voici quelques points forts de son interview.
Pour commencer, l’enseignant de Saint-Cyr relève que la presse s’est largement fourvoyée dans le traitement de l’actualité économico-financière de ces dernier mois : les jours de krach et de déprime se succédaient avec les jours d’envolées boursières et d’euphorie : les responsables, selon lui, la télévision et la radio qui présentent les informations boursières comme un «bulletin météo».
Par ailleurs, il relève que les milliards partis en fumée n’ont pas disparu contrairement à ce qu’affirme la presse. Pour illustrer sa position, Alexandre Delaigue s’aventure dans l’analogie suivante :
Si je vous vends 100 francs un vélo et que vous le passez sous un rouleau compresseur dans un mois. Il est parti en fumée. Les 100 francs, eux, sont toujours là, mais c’est moi qui les ai. Si quelqu’un récupère la carcasse et vous en donne 10 francs, vous avez perdu un vélo et récupéré 10 francs. Si celui qui récupère la carcasse la transforme en lampe et la revend 90 francs, il gagne 80 francs et quelqu’un a une lampe. Les 100 francs, je les ai toujours et la lampe existe. Dans cette histoire, je ne vois qu’un perdant: vous. Vous aviez 100 francs et vous n’en avez plus que 10. Aucun billet de banque n’a été brûlé ou maltraité dans cette petite histoire. L’argent n’a été que transféré.
Pour lui, la question essentielle est donc de savoir que deviendront les actifs réels cachés derrière les cours de la bourse et leur volatilité. Les sources de la crise sont plus dans la politique du crédit que dans les fluctuations parfois épidermiques du cours des actions.
Il pointe aussi du doigt le spread, c’est-à-dire la différence du taux de crédit entre l’emprunt et le prêt.
Il relève également que la presse et les politiques utilisent souvent une terminologie inappropriée ou de surface - récession, krach, rekrach – ou alors des propos rassurants ou, au contraire, pouvant créer la panique. À titre d’exemple, il affirme qui si Sarkozy ou Bush affirment que l’économie va tenir, c’est pour rassurer et éviter l’effondrement, alors qu’à l’opposé certaines entreprises licencient en prévision d’une récession qu’ils contribuent à déclencher.
Pour Delaigue, il faut «éviter l’emballement, cesser de jouer avec les courbes de la bourse et se chamailler sur qui a vu venir la crise en premier». De toute façon personne n’a vu arriver ce qui arrive : certains se sont trompés de secteur économique et ceux qui ont flairé que la bulle immobilière exploserait ont pensé que cela n’aurait aucune conséquence.
Alexandre Delaigue termine en expliquant comment, selon lui, corriger le tir : avec des réglementations prudentielles, des exigences en capital fortes qui rendraient les acteurs économiques plus fiables et des structures bancaires plus petites permettant d’éviter l’obligation de tout faire pour empêcher une grosse structure de tomber.
Selon lui, «Les grandes banques comme UBS sont des nids potentiels à problèmes.»
13:32 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : banque, crise, delaigue, krach, politicien, presse, ubs
10.09.2008
La DAO ou déontologie assistée par ordinateur
La déontologie assistée par ordinateur (DAO) est une nouvelle discipline née dans les bureaux de la rédaction en chef de 24 Heures le 5 septembre dernier. Un petit pas pour la technologie numérique, mais un énorme pas pour la déontologie des médias.
Explications.
Le 27 août suite à l’annonce de la restructuration d’Edipresse et à ses 25 licenciements, Myriam Tétaz, ma collègue de parti, conseillère communale et ancienne journaliste à la rubrique culturelle de 24 Heures, a envoyé un courrier des lecteurs à la rédaction du quotidien.
Dans son texte, la sémillante retraitée affirme que si le nombre de lecteurs du quotidien vaudois est en chute libre ce n’est pas en raison de l'érosion du chiffre d’affaires de la publicité ou de la conjoncture, mais en raison d’«une baisse de niveau désespérante» de ce qui fut le «titre phare d'Edipresse».
Elle ajoute que cette baisse de niveau n’est pas le fait de ses anciens collègues journalistes, mais qu’«il serait temps qu'en «hauts lieux» on cesse de mépriser les lecteurs en prétendant se mettre à leur niveau et répondre à ce qu'on imagine à tort être leur demande.»
Franchement de quoi se mêle la grand-mère qui croit tout savoir sous prétexte qu’elle a été une plumitive cantonnée dans le cocon doré de «la culturelle» ? Non mais, quel culot ! Avoir une opinion sur la presse et sur la direction d’un journal alors qu’il y a bien longtemps qu’elle n’est plus dans le coup.
Moins d’une semaine plus tard, la mémé, sans doute galvanisée par son année de présidence du Conseil communal de Lausanne, se permet d’envoyer un texte pour la rubrique «Réflexion» du canard qu’elle vient de dégommer publiquement à travers son pamphlet courrier des lecteurs.
Une contribution sur la pratique de la musique comme intégrateur social au … Venezuela.
Décidément, l’ancienne première citoyenne lausannoise n’a pas un registre très large. Encore de la culture …
Une contribution qu’elle envoie directement par courriel – tient, elle sait utiliser un ordinateur la super-mami ! – à Thierry Meyer, le rédacteur en chef de 24 Heures. Un apport qu’elle a l’inconscience de déposer dans la boîte à lettres numérique de celui qui œuvre en «hauts lieux».
Quelle aveuglement ! Quelle folie ! Quelle naïveté !
Décidément, âge ne rime pas avec sagesse.
Et c’est là que l’informatique vient à la rescousse du rédac’ chef. Un rédac’ chef bien embarrassé de se retrouver avec cette proposition de texte à insérer dans le journal que la petite vieille vient de démolir.
C’est à ce moment précis que la DAO vole à son secours : impossible d’ouvrir le fichier joint au courriel ! Impossible d’ouvrir la contribution de l’acariâtre ! Impossible de lire le document bien évidemment réalisé sur un Mac que les gauchistes considèrent comme une alternative au grand méchant Microsoft.
Sauvé, je suis sauvé !
C’est ce qu’a dû se dire Thierry Meyer quand son ordinateur lui a refusé l’ouverture du fichier renfermant la prose de cette petite prétentieuse de Myriam Tétaz.
Pas de conflit déontologique, pas de censure, pas d’états d’âme : le document est illisible, il ne sera donc pas publié car il ne peut pas être publié.
Merci la DAO.
- Légende photo : pas rancunière, la mami pose avec une veste publicitaire qui date de l'époque où elle pouvait devait écrire dans La Julie.
13:44 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 24 heures, censure, déontologie, edipresse, presse



