31.01.2010

Ils l’ont dit

delanoe.jpgNous avons le «Grand Prix du Maire de Champignac» de La Distinction, les Français ont eu, dès 1988 et sous l’impulsion de la conseillère de Paris Jacqueline Nebout le «Prix de l’humour politique». Ce prix s’est éteint en 1997 et a été repris en 2002, juste après les élections présidentielles, par le Press Club de France.

Voici quelques unes des formules primées qui m’ont été transmises par Claudine, merci à elle !

A tout seigneur, tout honneur, commençons par le prix 2009 :


  • Le vrai changement au PS, ce serait de gagner. (Bertrand Delanoë)

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13.12.2008

Le Champignac d’or à un colonel brigadier

danielberger.jpgCe matin, sur le coup des 11h30 tapantes, la cérémonie annuelle de la remise des prix du Grand Prix du Maire de Champignac 2008 débutait, dans une atmosphère de recueillement profond, par la projection des interventions des conseillers communaux lausannois qui ont défendu la pétition demandant que la Municipalité érige un monument à la gloire du Maire de Champignac.

Ce moment d’intense émotion passé, les quelques milliers, selon la police lausannoise qui a quelque chose à se faire pardonner, de spectateurs présents ont pu assister à quelques improvisations de Laurent Baier et Adrien Knecht effectuées sur la base de citations de candidats des années précédentes tirées au sort.

Puis vint le grand moment de la remise des prix.

Comme je suis assez élitaire, je me contenterai de mentionner dans ce billet la citation et l’identité du Champignac d’or. Une distinction qui, pour la première fois à ma connaissance, revient à un militaire. Et pas n’importe lequel, s’il vous plaît, puisqu’il s’agit du colonel brigadier Daniel Berger qui a affirmé en janvier 2007 dans la revue Armee actuell :

«Je pars du principe que tout exercice doit être répété quatre à cinq fois jusqu’à ce qu’il soit réussi du premier coup.»

Si le commandant de la brigade blindée 1 (br bl 1) a obtenu la plus haute distinction champignacienne, ce n’est sans doute pas un hasard. Ne déclarait-il pas dans son dernier rapport «En compétition, en combat, il n’y a pas de second!». Quand on sait que le militaire de haut rang a derrière lui une brigade entière de chars d’assaut, il y a quoi ficher la trouille aux plus valeureux disciples du maire rubicond et ventripotent. Mais de là à dire que le concours était pipé à coup d’obus de chars Léopard, il y a un pas que je me garderai bien de franchir.

Toujours est-il que l’homme du jour s’est déplacé pour recevoir sa récompense et qu’il l’a accueillie avec toute la rigidité et la réserve militaire qui sied à son rang. C’est ainsi qu’il a d’emblée affirmé :

«Je déclare accepter solennellement mon élection au premier prix du Champignac.»

De la graine de conseiller fédéral ? Ce n’est pas impossible.

Cerise sur le gâteau, le colonel brigadier qui a reconnu être un «Bernois de souche avec un léger accident fédéral», en a profité pour faire un peu de publicité pour la revue qui lui a permis d’accéder au pinacle champignacien en affirmant «constater avec plaisir que la revue "Armee actuell" est lue».

Un seul regret, l’étoile montante de la future meilleure armée du monde aurait pu venir en uniforme. Cela aurait eu un peu plus d’allure. Mais nul n'est parfait …


  • Crédit photographique : image empruntée à l'agence Keystone (parce que la mienne est trop nulle).

06.11.2008

Petits, petits, petits …

31531941_553a7f37c3_m.jpgC’est conventionnellement par ces quelques mots que les amis des pigeons les attirent pour leur donner du grain. Mais attention ! Parfois, ces grains contiennent une substance contraceptive. Et alors là …

Je ne sais pas si c’est de là provient l’expression «se faire pigeonner», mais c’est en tout cas le sentiment que le petitou moyen commerçant ou entrepreneur, soucieux de sa survie, de sa bonne réputation, du travail bien fait et des relations avec ses clients, peut éprouver à la réception d’une «invitation» d’interforum.

interforum est une société bernoise qui propose des séminaires et des manifestations dans le domaine de l’économie, des affaires et du commerce à l'intention des PME. C’est lundi prochain, 10 novembre, qu’aura lieu, à Lausanne, le séminaire intitulé :

Augmentation des prix – comment procéder


Tout un programme à l’occasion duquel le «pigeon-commerçant» pourra découvrir, je cite : «comment ajuster les prix vers le haut et exploiter la disposition de la clientèle à payer.» La «disposition à payer», quelle jolie formule …

Il apprendra aussi comment «réaliser les augmentations de prix au moyen de concepts marketing intelligents et de processus efficaces». Ah, ben oui, les augmentations de prix passent mieux qu’au moyen de concepts marketing stupides et de processus inefficaces.

Un orateur s’étendra sur un thème essentiel : «la détermination du prix adéquat et l’évaluation des possibilités liées au «up-pricing» sont parmi les questions les plus importantes du domaine du Marketing, en particulier en cette période de croissance économique.» Vous noterez la majuscule attribuée à mot marketing, une majuscule qui à défaut de lui donner ses lettres de noblesse, le classe dans la catégorie très enviée des noms … «propres». Vous apprécierez aussi de savoir que nous sommes toujours en période de croissance économique, une information qui rassurera les ouvriers d’Ilford qui sont sur le point d'être licenciés en raison de la crise.

Ce cocorico à propos de la croissance économique n’empêche pas ces bricoleurs d’affirmer quelques lignes plus loin que «dans des conditions économiques difficiles causées par la crise financière mondiale, et vue la hausse de prix des matières premières, de nombreuses entreprises souhaiteraient aujourd’hui ajuster les prix vers le haut.»

Ils concluent leur blabla par une réponse en forme de question : «de gros potentiels de bénéfices pouvant aller jusqu'à 20 % sont ainsi perdus – doit-il vraiment en être ainsi?»

Ben non, hein, bien évidemment, perdre 20%, ce serait bien con, s’il y a moyen de faire autrement, hein ?

Du coup, le «pigeon-commerçant», appâté par le g(r)ain de 20% qu’il peut espérer se faire sur le dos du «pigeon-client» est psychologiquement prêt à débourser pas moins de 890 francs pour une journée de séminaire qui débute à 10h00 et se termine à 16h35, repas compris ! Mais attention, il ne faut pas croire : dans ce prix est compris «un CD-Rom réunissant les présentations des conférenciers, des études, des articles etc.»

Une dernière chose, parmi les intervenants, on peut remarquer la présence d’un certain Björn Ivens, professeur de marketing à la HEC de l'Université de Lausanne. Un professeur qui, à temps perdu, s’adonne, paraît-il, à une passion dévorante : la colombophilie.