06.01.2009
Une modeste victoire qui fleure bon le gaz
Lorsque vous faites de la politique dans les rangs de la «gauche de la gauche», il est assez rare d’obtenir des succès. C’est pourtant ce qui m’est arrivé dans le cadre du Conseil intercommunal de l’Association de communes de la région lausannoise pour la réglementation du service des taxis.
Suite à une motion que j’ai déposée le 24 avril dernier, le Comité directeur de l’association précitée a décidé de prendre des mesures incitant la flotte des taxis lausannois à recourir à des véhicules fonctionnant au «gaz naturel».
Ainsi, la société Gaznat octroiera une subvention supplémentaire de 500 francs – qui vient s’ajouter à l’actuelle de 1000 francs – pour l’achat d’un véhicule neuf fonctionnant au gaz. Pour leur part, les Services industriels de la Ville de Lausanne consentiront un rabais de 5 % sur ce carburant. Enfin, pour tous les véhicules utilisant des sources d’énergie alternative, la taxe annuelle de 88 francs, due au Service intercommunal des taxis, est abrogée.
07:21 Publié dans Transports | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gaz, méthane, pollution, taxi, ville
14.08.2008
Un taxi à Pékin
Ou Xiari nuan yangyang, c’est d’abord le titre d’un film de Ning Ying qui a obtenu le Don Quixote Award en 2001 et qui raconte les tribulations d’un chauffeur de taxi amoureux, très amoureux ...
Mais un taxi à Pékin, c’est surtout un doux euphémisme, parce que des taxis il y en a 70000 à Pékin.
Septante mille taxis ! C’est comme si toute la ville de St-Gall n’était peuplée que de chauffeurs de taxis. Pour un membre du Conseil intercommunal des taxis de la région lausannoise qui compte, en tout et pour tout, 250 «taxis gris», cela laisse songeur.
Notons tout de même au passage que la ville de Pékin, qui compte donc 70000 taxis pour 12 millions d’habitants, dispose d’un taxi pour 170 habitants. La région lausannoise qui dispose de son côté de 250 taxis pour environ 275 mille habitants ne dispose que d’un taxi pour 1100 habitants. Il faut cependant reconnaître que le taux de motorisation est, pour l’instant, beaucoup plus important à Lausanne qu’à Pékin.
Évidemment, quand une ville de cette taille possède un tel nombre de taxis, on est pratiquement face à une société dans la société. Une société qui doit avoir beaucoup à dire, à raconter.
Voici quelques éléments à propos des taxis pékinois glanés ici et là.
Première anecdote, pour toute la durée des JO, les chauffeurs de taxis auront l’interdiction d’avoir le crâne rasé ou de porter la barbe. Quant aux femmes, elles n’auront pas le droit d’arborer des coupes de cheveux «trop extravagantes». Question d’image paraît-il …
Par contre, toujours pour la bonne image, les taximen ont été priés de revêtir l’uniforme pour cette grande occasion olympique : chemise jaune, cravate rayée et pantalon bleu. Et peu importe la chaleur. Les récalcitrants, même par 40°C et 80% d’humidité, devront s’acquitter de la «modique» somme de 200-500 yuans (20-50 euros) en guise d’amende.
Catherine Mercier, journaliste de Radio-Canada envoyée à Pékin, nous apprend que d’autres directives encore plus strictes s’appliquent. Pendant le grand branle-bas olympique, les chauffeurs auront l’interdiction de manger dans leurs véhicules, même s’ils y passent 14 heures par jour, et auront l’obligation de se brosser les dents après avoir mangé de l’ail.
Pour permettre à leurs chauffeurs de communiquer facilement avec les amateurs de sport du monde entier qui vont déferler sur la ville chinoise, il semblerait que les centres de contrôle des taxis aient décidé d’utiliser les fonctions linguistiques des GPS. Mais toute cette électronique embarquée aurait aussi pour but de mettre sur écoute les passagers.
À vrai dire, mieux vaut être sur la bonne longueur d’onde avec les chauffeurs pékinois, car comme le rapporte Annie Poulin, une stagiaire journaliste québécoise : «À Pékin, le chauffeur demande au client s’il est capable de lui expliquer le chemin. Si le client doute, c’est fini… dehors ! Et j’exagère à peine.»
Au fait, je ne saurais terminer ce billet sans souligner qu’il y avait plusieurs modèles de taxis pékinois : le Xiali qui est petit et rouge, le Fukang qui est une Citroën ZX et les «taxis noirs» appelés ainsi car ils sont illégaux. Il est bien clair que, pour cause de Jeux, ces anciens modèles ont été condamnés pour être remplacés par de rutilitantes Hyundai Sonata sud-coréennes mais fabriquées à Pékin.
Les taxis pékinois constituent tout un monde que le Syndic de Lausanne n’aura pas, ou peu, eu l’occasion de fréquenter. Voiture mise à disposition par le CIO oblige. Dommage pour lui.
18:24 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, pékin, taxi
25.04.2008
Du gaz ? De l’air !
La politique est souvent difficile, voire, parfois, conflictuelle et ingrate. Cependant, de temps en temps elle procure des petits plaisirs. Même s’ils sont modestes, ils n’en font pas moins du bien.
Après la séance du Conseil communal de Lausanne où je me suis fait traiter de poujadiste – parce que je défends la cause des commerçants opposés à la city-taxe – et d'opportuniste ou de « communiste à la mémoire courte » – parce que je m’étonne que la Municipalité de Lausanne participe à la grande mascarade politico-économique des J.O. de Pékin –, j’ai trouvé excessivement agréable la séance de l’Association de communes de la région lausannoise pour la réglementation du service des taxis.
Cette association – qui réunit les communes de Lausanne, Pully, Belmont, Epalinges, Paudex, Le Mont, Crissier, Prilly, Renens, Ecublens, Chavannes-près-Renens et Bussigny-près-Lausanne – a pour but de mettre sur pied une réglementation du service des taxis sur le territoire des communes associées, d'appliquer cette réglementation et d'en contrôler le respect.
Hier soir, se tenait la séance semestrielle du Conseil intercommunal qui réunit des élu-e-s délégués par chacune des communes de l’association. Cette séance m’a donné l’occasion de déposer une motion demandant au Comité directeur de l’association d’étudier les moyens permettant de faire en sorte que la flotte des taxis de la région lausannoise s’oriente dans les meilleurs délais vers l’usage de véhicules à gaz naturel.
Eh bien, figurez-vous que cette motion a été acceptée à l’unanimité. À l’unanimité ! Une chose qui ne m’était jamais arrivée tant certains politiciens ont tendance à s’opposer, par principe à toute proposition émanant de la gauche de la gauche.
Dans ces conditions je n’ai qu’une chose à dire : merci aux membres du Conseil intercommunal et bonne étude au Comité directeur.
Voici le texte de la motion* en question.
Motion : « Du gaz ? De l’air ! »
Les émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques, sont, en Suisse en grande partie imputables au trafic automobile. La pollution automobile et la production de gaz à effet de serre est étroitement liée au type de carburant utilisé.
Selon une étude de l’EMPA et de l’EPFZ publiée en novembre 2007 et portant sur la comparaison des différents modes de propulsion des véhicules automobiles, il apparaît que :
Les plus propres sont les voitures à gaz naturel. Leurs émissions de CO2 sont de 21 pour-cent inférieures à celles des voitures à essence et de 11 pour-cent à celles des voitures Diesel et ce sont aussi elles qui contribuent le moins à la formation d’ozone.
Si le gaz naturel n’est pas le combustible miracle qui évite toute pollution, il semble cependant être actuellement celui qui permet d’économiser au maximum les ressources de la planète et la planète elle-même.
Du point de vue des réserves de gaz naturel, Les SIG de Genève relèvent :
Le gaz naturel est issu de gisements souvent liés, mais pas toujours, aux réservoirs pétroliers. C’est donc une énergie fossile. Toutefois, contrairement au pétrole, la découverte de nouveaux gisements continue et les réserves de gaz sont aujourd’hui supérieures aux réserves de pétrole.
Le gaz est aussi mieux réparti géographiquement et n’exige pas d’installations de raffinage compliquées.
Une fois extrait du sol, on débarrasse le gaz de la vapeur d’eau, du soufre et de certains hydrocarbures lourds qu’il contient. Puis il est acheminé par gazoduc ou méthanier vers les stations où il est comprimé.
Par ailleurs, plusieurs grandes villes voient leurs taxis s’équiper de véhicules à gaz naturel. Parmi elles, citons les villes d’Allemagne, dont Berlin.
Du point de vue du coût d’exploitation, un véhicule à gaz permettrait d’économiser, selon Gazmobile, environ 700 francs par année pour 15'000 kilomètres.
Enfin, et ce n’est pas à négliger, par son Service du gaz, la Ville de Lausanne commercialise du gaz naturel et met à disposition 5 stations de remplissage en ville.
Pour toutes ces raisons, la présente motion demande que le Comité de direction de l’Association de communes de la région lausannoise pour la réglementation du service des taxis :
étudie les moyens permettant de faire en sorte que la flotte des taxis de la région lausannoise s’oriente dans les meilleurs délais vers l’usage de véhicules à gaz naturel.
Lausanne, le 24 avril 2008 Alain Hubler
*Une motion qui fait suite à la réponse donnée par la Municipalité de Lausanne à une question écrite posée par ma collègue de parti Andréa Eggli
- Crédit photographique : Ville de Lausanne.
07:14 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : carburant, gaz, ozone, pollution, taxi, voiture



