19.05.2008

Les roues de la fortune

1443902170.jpgAvant de choisir un nouveau modèle de voiture, avant d’en acheter une, avant de se décider à passer son permis de conduire, avant de s’installer au volant pour aller chercher la tresse du dimanche, avant de tourner la clé de contact dans sa serrure, il y a un chiffre – ou plutôt un nombre – qu’il faut avoir à l’esprit : 8 milliards.

Huit milliards c’est le montant annuel des coûts externes de la route. Sur ces 8 milliards, 4,6 sont à mettre sur le compte de la seule voiture, ce qui correspond à 850 francs par voiture.

Les coûts externes d’un mode de transport sont les montants qui ne sont pas supportés par celle ou celui qui utilise ce mode de transport et qui le sont, donc, par l’ensemble de la collectivité. C’est ainsi, que chaque habitant – nouveau-nés et vieillards compris – paie chaque année, plus ou moins directement, 610 francs pour les coûts externes de la voiture et un peu plus de 1000 francs pour l’ensemble des transports routiers. Les coûts externes du rail ne coûtent, eux, que 60 francs par an à chaque habitant.

Parmi les coûts externes, l’Office fédéral du développement territorial (ARE), qui vient d’actualiser son étude pour l’année 2005, évoque les dépenses engendrées par les accidents, le bruit, les atteintes à la santé par la pollution, les atteintes climatiques ainsi que celles à la nature et au paysage. Parmi ces différents domaines, ce sont bien évidemment les coûts des accidents et ceux des dégâts à la santé dus à la pollution de l’air.

En comparant les résultats entre 2000 et 2005, l’ARE a constaté que les coûts externes de la route et du rail réunis ont grimpé de 6,9 à 8,5 milliards de francs, soit une augmentation de 24,2% répartie ainsi : 25% pour le trafic routier et 9 % pour le trafic ferroviaire.

Pour terminer ce billet, voici encore quelques comparaisons qui, même si elles ne sont pas raisons, devraient inciter à la réflexion. Huit milliards de coûts externes pour la route, c’est un milliard de plus que le budget des CFF, c’est approximativement le budget de la République et Canton de Genève et c’est deux milliards de plus que la dette cumulée du Canton de Vaud à fin 2006.

15.05.2008

Bonjour ozone

Carte ozoneLa pollution atmosphérique, c’est un petit peu comme le prêt-à-porter. Il y a la collection automne-hiver et la collection printemps-été. Après un hiver consacré aux particules fines, nous voici à la veille d’un nouvel été, un de plus, consacré à l’ozone.

Au fait c’est quoi l’ozone ? L’ozone, O3, est un composé de l’oxygène qui comporte trois atomes de cet élément, soit un de plus que celui du gaz qui nous permet de vivre et dont la formule est O2. Et c’est cet atome supplémentaire qui fait toute la différence. C’est cette structure qui confère à l’ozone ses propriétés oxydantes qui sont mises à profit dans la désinfection de l’eau potable ou de celle des piscines.

Par contre, lorsqu’on respire de l’ozone, ses propriétés oxydantes se manifestent désagréablement – c’est le moins que l’on puisse dire – sur notre système respiratoire : on enregistre une inflammation de ce dernier. Cette inflammation est bien évidemment particulièrement néfaste pour les personnes âgées et les petits enfants ainsi que pour celles qui souffrent de problèmes respiratoires.

L’ozone est un gaz très paradoxal : en l’absorbant, il nous protège, du rayonnement ultraviolet dans la stratosphère, alors que, comme nous venons de le voir il est toxique au niveau du sol. Indispensable en haute altitude et indésirable dans la troposphère.

En altitude, l’ozone est formé par la réaction photochimique entre les molécules d’oxygène. Au niveau du sol, l’ozone est produit essentiellement à partir des composés organiques volatils (COV) et des oxydes d’azote, les fameux NOx. Et, devinez quoi, les COV et les NOx sont produits par la circulation automobile et les activités industrielles.

On pourrait croire que les améliorations technologiques soient capables de diminuer les émissions de ces polluants précurseurs de l’ozone. Il n’en est cependant rien. C’est en tout cas ce que relève l’Office fédéral de l’environnement qui reconnaît que « l’augmentation du trafic réduit ces efforts quasiment à néant ».

En attendant que l’on envisage peut-être, une fois, un jour … ou l’autre de diminuer le trafic, vous pouvez toujours regarder les cartes animées montrant les taux d’ozone jour après jour. Vous constaterez d’un air perplexe que les normes OPair sont systématiquement dépassées année après année.

Un petit conseil : si vous avez des problèmes respiratoires, si vous êtes trop jeune, trop vieux, asthmatique, évitez de trop respirer …