27.12.2008

Si pas Beaulieu, casser tram !

Place du Tunnel Et de trépigner et de couiner comme un môme à l’âge des caprices. C’est à peine si les porte-parole du commerce et de l’industrie lausannois ne menacent pas d’arrêter de respirer s’ils n’obtiennent pas satisfaction.

C’est pourtant bel et bien l’attitude qu’a adoptée la très respectable Société industrielle et commerciale de Lausanne pour infléchir le débat qui porte sur le tracé du futur tram qui reliera le Flon à la Blécherette.

Et ils n’y vont pas de main morte les bougres : le tram passera par Beaulieu ou il n’y aura pas de tram. Un point c’est tout. Les représentants de l’économie sont prêts, au cas où le tram s’aviserait de passer par le Tunnel et la Borde plutôt que par Beaulieu, à lancer un référendum cantonal quitte à faire capoter tout projet d’axe fort en direction de la Blécherette.

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18.09.2008

Un tramway nommé désir

Rue de la Borde, LausanneLausanne résonne des discours et des flonflons de l’inauguration du m2. Pendant ce temps, le débat sur la façon de relier le plateau de la Blécherette à la place de l’Europe stagne.

En fait, deux visions s’affrontent. A ma gauche (?) : la Municipalité de Lausanne, dont le désir est un tramway souterrain passant par Beaulieu. A ma droite, les autres, dont probablement le Conseil d’Etat, pour qui la solution réside dans un tram de surface passant par Saint-Martin et la Borde.

Cette variante est d’ailleurs celle qui se dégage nettement du volumineux rapport de l’ingénieur Roland Ribi, le papa un peu oublié, voire maltraité, du m2. Un rapport rédigé à l’intention des autorités de l’agglomération et du Conseil d’Etat qui précise clairement que «le passage par Beaulieu n'apporte pas de véritable gain d'efficacité mais impose un tracé souterrain sensiblement plus onéreux …» et qui ajoute un peu plus loin «Ce sont principalement des considérations portant sur des questions d'image […] qui pourraient être formulées en faveur d'une desserte de Beaulieu […]»

Un mot important est lâché dans ce rapport technique : image. Il en va de l’image du Centre de congrès et d'exposition de Beaulieu qui nécessitera bientôt la bagatelle de 100 millions pour un lifting lui permettant d’affronter le futur centre de congrès de l’EPFL. Un centre qui péclote, dont les produits d’exploitation stagnent depuis 2002 et qui est sur le point de s’associer avec la Messe Basel pour sortir de la gonfle. Mais, surtout, un centre qui n’a pas besoin d’un tram souterrain pour véhiculer ses visiteurs. Sauf … pour l’image.

Une image de tramway que les habitants de Saint-Martin, de la Borde et de Bellevaux, qui eux en ont besoin, pourront toujours se repasser le soir en s’endormant.

Article publié dans le Lausanne Cités du 18 septembre 2008.

11.08.2008

Le dernier tram

Le dernier tramAlors que le m2 va bientôt embarquer ses premiers passagers, un petit retour en arrière s'impose. C'était il y a presque quarante-cinq ans, Lausanne disait adieux à son dernier tramway. Un tram de la ligne n° 7.

Voici une extrait du livre Les tramways lausannois 1896-1964 (ISBN 2-88 125-000-9) qui rapporte les faits de l'époque.

Les impératifs routiers liés à l'Exposition nationale suisse de 1964 exigeaient l'aménagement des principales artères de la ville. Le tramway n'avait plus sa place dans l'intense trafic qu'allait engendrer cette manifestation durant près de six mois. La dernière ligne de tram fut donc victime de l'Expo.

Primitivement prévue pour le 4 décembre 1963 déjà, la dernière course eut lieu le lundi 6 janvier 1964, jour des Rois.

Pour la chronique, signalons qu'une cérémonie officielle marqua l'après-midi du 6 janvier 1964, en présence des autorités communales intéressées et des représentants des Tramways Lausannois. Il y eut des discours et la fanfare de la compagnie interpréta différents morceaux. La dernière course officielle quitta La Rosiaz à 16 h 09. Elle était assurée par la motrice N° 171 (construite en 1932) tractant la remorque N° 127 (1931), toutes deux bondées. Une foule considérable assistait à l'événement le long du parcours. Le conducteur (M. Gaillard) et le contrôleur (M. Mercier) avaient revêtu des uniformes historiques des débuts de l'exploitation. Un public nombreux s'était massé sur Saint-François pour y accueillir les deux voitures ornées de fanions et de banderoles. «On n'a jamais vu ça!» répétait-on à la vue d'une telle foule ...

Et c'est ainsi que Lausanne dit adieu à ses trams. Pour l'anecdote, la toute dernière course quitta La Rosiaz à 19 h 37. La motrice 171 et la remorque 127 n'eurent plus qu'à regagner le dépôt une dernière fois (Prélaz dépôt, arr. 19 h 58 selon l'horaire). C'était la fin d'une ère qui avait duré soixante-sept ans, quatre mois et vingt jours. Les Tramways Lausannois avaient vécu.

Les réactions du public à cette disparition furent diverses. Interrogée au micro de la Radio Romande, une ménagère affirma préférer les trams, le trolleybus étant «plus anonyme». Dans l'ensemble, la population regrettait un élément quasi «folklorique» de la vie locale. Un lecteur de la Feuille d'Avis releva, non sans nostalgie, que certains pays avaient mieux compris le rôle du tramway.

C'est presque sans s'en rendre compte que Lausanne fut donc amenée à renoncer aux services de ses tramways. On n'entend plus le fracas du 7 dévalant l'avenue de Béthusy, on ne voit plus le tram du Jorat monter le Bugnon, on a perdu l'habitude des coups de sonnette à Saint-François, du sable projeté dans les rails, des voyageurs de midi entassés jusque sur les marchepieds ...

Le tramway, symbole d'une époque ? Pourquoi pas ? Une époque heureuse, où, selon la formule, on savait prendre le temps de vivre ...

18.06.2008

De la Serpentine à Cristal

179685220.jpgLa Municipalité de Lausanne se chamaille avec le Conseil d’Etat pour savoir par où faire passer le métro - ou le tram - qui desservira le plateau de la Blécherette.

En même temps, l’exécutif lausannois vient d’annoncer qu’il abandonne le développement de la Serpentine faute d’industriels intéressés à investir dans ce véhicule électrique alimenté par induction à partir d’une voie active enfouie dans la chaussée, sans contact direct avec le véhicule.

Pendant ce temps, tout près d’ici, à Strasbourg, une ville de 270000 habitants qui fait figure de laboratoire de la mobilité urbaine, se développent les modules Cristal qui évoquent par leur forme les défuntes Serpentines.

Selon l’urbaniste Thierry Chanard, ces petits véhicules électriques seront à la ville ce que les caddies sont au supermarché : des moyens de transport que l'on prend et que l'on rend au gré des besoins. Ces modules, qui occupent une place la plus faible possible et qui peuvent rouler en convoi si nécessaire, permettent de combler le vide qui existe entre les transports publics comme le métro, le tram ou le bus et la voiture individuelle. Ils devraient contribuer à désengorger les centre-villes et à en diminuer la pollution et le bruit.

Une idée que les villes de Lausanne et de Genève pourraient creuser, car comme le dit Jean-François Argens, le directeur de la société qui va fabriquer et développer ce véhicule : «Le système Cristal est tout à fait applicable sur des villes comme Lausanne ou Genève».

Messieurs les Syndic et Maire, ne serait-il pas temps de lorgner vers le pays de la choucroute ?

La suite du débat sur Les Urbanités de la RSR.