03.03.2009
Attention chaussée glissante
Si vous êtes passé, aujourd’hui, par la place de la Riponne, la rue de l’Université ou la place du Château, vous aurez remarqué que des grandes manœuvres s’y déroulent.
Non, non, rassurez-vous – ou ayez des regrets, selon votre degré d’amour pour la «grande muette» -, ce ne sont pas des hordes de soldats, mêmes miliciens, qui vont venir faire joujou avec leurs FAS, leurs chars ou autres gadgets virils, ce sont juste les 128 concurrents de la Red Bull Crashed Ice qui vont s’affronter sur une patinoire en pente longue de 400 mètres qui se prépare à relier l’esplanade du Château à la Riponne.
Le principe est simple, sur une dérupe recouverte de glace et parsemée d’embûches, quatre par quatre, des quidams équipés comme des hockeyeurs s’efforcent de descendre le plus vite qu'ils peuvent tout en restant le plus longtemps possible sur leurs patins. Frissons garantis !
17:04 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (36) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lausanne, vitesse, publicité, glace, red bull crashed ice, red bull, crashed
03.12.2008
Le TCS n’aime pas les éléphants
Dans le monde féroce dans lequel nous vivons, le TCS vient de trouver une nouvelle proie pour ses Homo automobilus de membres : les camions et leurs routiers accusés de se livrer à « des courses d'éléphants ».
Il est vrai qu’un camion de 40 tonnes – et peut-être bientôt de 60 tonnes – a de quoi foutre des complexes d’infériorité au bon père de famille – ou au jeune freluquet à la pédale lourde - qui survole les autoroutes du haut bas de son cockpit automobile.
Et puis franchement, c’est quoi ces routiers pas sympas qui se permettent de ralentir l’inexorable progression de l’Homo automobilus vers son travail ou son loisir, vers son destin. Un destin qui vaut bien entendu beaucoup plus que celle du routier qui lui ne fait que transporter les marchandises plus ou moins utiles que chacun se doit de posséder dans notre belle société de surconsommation.
Ce n’est pas parce que le routier livre des pièces de rechange pour mon carrosse de tôle, des asperges du Mexique pour mon repas ou une télévision pour mon « temps de cerveau disponible » qu’il a le droit de s’interposer, comme ça, entre ma voiture et mon horizon que je souhaite j’exige infini.
Place le routier, je veux passer !
La gestion à flux tendu, l’utilisation des camions comme entrepôts de stockage sur pneus, les délais de livraison, la fatigue de la route, les essaims d’automobilistes qui tournoient autour des « gros culs », le TCS s’en fiche. La route est à la voiture, les camions n’ont qu’à rester sagement alignés sur la voie de droite et tant pis pour l’heure de livraison, tant pis pour les attentes devant les quais de déchargement, tant pis pour le temps de repos, tant pis pour le camionneur.
Tant pis pour cet être nuisible qui ne pense qu’à livrer sa marchandise dans les temps pour respecter les désirs exigences de ses commanditaires pour qui chaque seconde que passe une marchandise dans un camion est autant de perte de profit.
Le camionneur ne dépassera plus. D’abord sur certains tronçons particulièrement fréquentés puis, peut-être, partout.
Camion, tu es et tu resteras sur la voie de droite, à 80 km/h, pour que puissent doubler à 120 km/h, ou plus, les chevaliers de tôle de la route. Il faut dire, camionneur, qu’en dépassant tu crées des bouchons et que tu ralentis la circulation. Tu ralentis la vie. Ma vie.
Les camions s’entasseront à droite pendant que les membres du TCS fileront vers leur destin à gauche. Tout ça pour, paraît-il, améliorer la sécurité et la fluidité du trafic.
Pour améliorer la sécurité et la fluidité du trafic ? Il y a une autre solution qui, en plus, permettrait d’économiser le précieux or noir : tout le monde à 80 km/h.
Mais ça, les hormones mâles de l'Homo automobilus ne le supporteraient pas !
- Crédit image : J.-C. Curtet.
12:03 Publié dans Transports | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : astag, camion, dépassement, tcs, vitesse, voiture
13.07.2008
Au ralenti
Dans un monde où tout va très - trop - vite, on commence en entendre parler par-ci, par-là de ralentir, ou du moins, de freiner.
Explosion du prix du pétrole et des carburants pour véhicules oblige, certains commencent à se dire qu’il serait bien de ralentir un peu le rythme.
C’est ainsi que, sur le lac Léman, la Compagnie générale de navigation (CGN) envisage de diminuer la vitesse de ses prestigieux bateaux à vapeur de 25 km/h à 15 km/h.
Dans Le Monde de ce jour, un article explique que, d’ici 2040, nos cieux risquent bien d’être parsemés de paisibles et lents géants : les dirigeables. Pour le conseiller régional Vert de l'Ile-de-France Jean-Marc Brulé qui a commandé une étude sur les dirigeables gros porteurs capables de transporter plus de cent tonnes : «On entre dans la société de la lenteur».
Toujours chez nos voisins de l’hexagone, de grandes enseignes de la distribution, telles qu’Auchan, Carrefour, Ikea ou Leroy-Merlin viennent de signer un accord avec la préfecture du Rhône pour transférer dans les prochaines semaines 16000 tonnes, soit l’équivalent de 2000 camions, de la route vers les voies fluviales. Les péniches sont plus lentes, mais économisent de grandes quantités de CO2 et sont sans doute profitable à l'image de l'entreprise.
Il n’y a pas de miracle, la vitesse nécessite de l’énergie, donc du pétrole. Et le pétrole : on commence à s’inquiéter de son manque.
On s’inquiète de son manque, mais pas partout. En tout cas pas au Conseil national ou, en 2004, Josef Zisyadis avait déposé une Initiative parlementaire intitulée «Canal Rhin-Rhône» qui a été balayée par 131 voix contre 25 avec la bénédiction de la Commission des transports et des télécommunications. En parallèle, plusieurs terrains, déclarés inconstructibles pour garantir le tracé du canal, ont été déclassés.
De ce fait le projet de canal Rhin-Rhône a pris l’eau.
Mais qui sait, il est peut-être susceptible de ressurgir pour une raison plus impérative que les éventuelles atteintes écologiques d’un projet de cette envergure : la nécessité de ralentir.
Personnellement cette notion de ralenti, cette nécessité de freiner, ça me parle. Pas vous ?
- Crédit photographique : ouhdeyeah sous licence Creative Commons.
19:21 Publié dans Transports | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : canal, dirigeable, lenteur, péniche, ralenti, rhin-rhône, vitesse



