24 Heures

28.07.2009

Travailler moins pour glander plus

Glander plusAvertissement : pour me laisser le temps de glander plus, cet articulet est exceptionnellement repris de combats.ch.

Voilà un slogan en complet décalage avec celui mis au goût du jour par le petit président du grand pays dans lequel j’ai découvert cette sculpture de Marc Buisson.

Faire l’éloge de la glande comme alternative au sacro-saint travail. Quelle idée subversive et indécente !

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23.04.2009

Euro‘pauper’-man

Europower-manUne connaissance travaillant dans le secteur de la menuiserie m’a remis copie d’une offre qui est tombée sur son télécopieur. Il s’agit d’une publicité d’Europower-man, une mystérieuse agence roumaine d’intérimaires basée à Miercurea-Ciuc qui, manifestement, essaye de placer des travailleurs du bâtiment en Suisse.

Mon interlocuteur flaire le dumping salarial et me confie le document comme s’il s’agissait d’une pièce à conviction de la première importance. Je n’en sais absolument rien, mais vu le côté ringard de la typographie et le tampon très officiel, mais sentant bon le faux, de la télécopie qui semble provenir de France, je prends ses soupçons au sérieux.

Que l’on soit bien clair, ses soupçons, et ceux qu’il a déclenchés en moi, pèsent sur une société qui pourrait bien employer des travailleurs roumains pour pas cher – euphémisme – et se faire ainsi des thunes sur leur dos, tout en permettant à des entreprises suisses de frôler ou de d’outrepasser les limites.

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09.02.2009

Nicod, ni maître

paresseVallotton.jpgDans un de ces fameux articles du Matin dans lequel les gens en vue s’expriment sur leur relation à l’argent, Laurent Donzel a donné la parole au Dieu local de l’immobilier le très imbu de lui-même Bernard Nicod.

À la question «Qu’estimez-vous payer trop cher?», le magnat constructicole répond : «Le travail des gens.» Et il ajoute : «J’ai une idée sur le droit au travail : il y a des gens qui ont du travail mais qui ne le méritent pas. On a perdu le respect du labeur en Suisse.»

On connaissait déjà le salaire au mérite, mais v'là-t’y pas que le nabab du trois-pièces-cuisine veut remettre d’actualité le droit au travail ! En clair : le travail n’est pas un droit, mais une récompense destinée aux plus méritants ou, plutôt, aux moins coûteux ou si possible les deux.

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14.04.2008

Règlement pour les fileuses logées

Règlement pour fileuses logéesLe règlement reproduit ci-dessous est celui des filatures H. Bertrand de Saint-Jean-du-Gard dans le Gard en France. Il a été en vigueur entre 1918 et 1921.

Article I. – Les fileuses doivent obéissance et soumission aux personnes chargées de les surveiller, tant à la maison qu’à la filature.

Art. II. – Au premier coup de sirène, c’est-à-dire à 5 heures _ du matin, les fileuses devront se lever et procéder à leur toilette, afin d’arriver à la filature cinq minutes avant le commencement du travail, c’est-à-dire à 6 heures précises.

Art.III. – Il est expressément défendu de manger ou de garder des comestibles dans le dortoir, qui doit être tenu dans un état de propreté absolu. Toutes les semaines, deux ouvrières seront désignées, à tour de rôle par la surveillante, pour balayer les locaux et vider les eaux sales.

Art. IV. – Les fenêtres des dortoirs devront être tenues ouvertes pendant la journée ; les lits seront découverts pour permettre l’aération de la literie jusqu’à 8 heurs du matin.

Art. V. – Pendant le repos du matin, de 8 à 9 heures, chaque ouvrière devra faire son propre lit, et secouer avec soin les draps et couvertures.

Art. VI. – Pendant les repos, les ouvrières peuvent se promener et se distraire dans la cour attenant à leur logement ; elles ne doivent aller en ville que pour faire les achats qui leur sont indispensables, après en avoir obtenu l’autorisation de leur surveillante.

Art. VII. – Il est absolument défendu d’aller en ville, la nuit sous aucun prétexte.
La porte de la maison donnant sur la rue sera fermée à 6 heures l’hiver, à 8 heures l’été, celle donnant sur la cour à 8 heures l’hiver, à 9 heures l’été. Celles qui, après les heures indiquées, iraient en ville sans autorisation préalable de M. le Directeur, seraient congédiées et perdraient leur droit au voyage aller et retour.

Art. VIII. – Conformément à l’Article VII ci-dessus, seraient aussi renvoyées les ouvrières qui se feraient remarquer par une tenue et une conduite peu convenable.

Art. IX. - Après 9 heures du soir, les lumières seront éteintes, tant au dortoir qu’au réfectoire, et les ouvrières devront être couchées et garder le silence.

Art. X. – Les ouvrières doivent assister aux offices le dimanche et les jours fériés.

Art. XI. – Toute infraction au nouveau règlement sera sévèrement réprimée, soit par une amende, une corvée supplémentaire ou l’exclusion.

Signé : H. BERTRAND


À votre avis, qu’est-ce qui fait que les conditions de vie et de travail des travailleurs, des travailleuses, des employés et des employées se sont considérablement améliorées - du moins en Europe occidentale - depuis presque cent ans ?

La volonté et le courage des syndicats et de leurs membres ou la générosité et l'humanisme des employeurs ?

11.04.2008

SMIG vaudois : la gauche en léger froid

logo salaire minimum vaudoisÀ gauche toute ! vient de lancer son initiative pour un SMIG vaudois. L’objectif est de fixer dans la Constitution vaudoise le principe d’un salaire minimum cantonal garantissant à toute personne salariée un revenu décent.

Certes, l’initiative ne fait que suggérer un montant de 3500 francs net par mois sur 13 mois. Mais si ce montant n’est pas fixé dans le texte de l’initiative, c’est bien évidemment parce que cela imposerait une modification de la Constitution pour chaque revalorisation du salaire minimum vaudois. Cela est bien évidemment impossible.

En cas de succès de l’initiative, c’est donc au Grand conseil qu’il reviendra de fixer ce montant et ce sera aux partis de gauche et aux syndicats de mouiller leurs chemises et de se "décarcasser" pour que ce montant apporte un véritable plus aux employés les moins bien lotis.

Et c’est là que le bât blesse. Les Verts, le PS et les plus gros syndicats ont refusé de rejoindre le comité d’initiative au motif que l’initiative populaire est une voie trop lente pour obtenir gain de cause et que l’initiative ne contient pas de montant indicatif. C’est en substance ce qu’expliquait samedi dernier à 24 heures le chef du groupe socialiste Grégoire Junod :

Avec cette proposition, la cause des employés n’avance pas d’un pouce, s’agace le député socialiste et syndicaliste Grégoire Junod. Il aurait au moins fallu mettre un montant indicatif dans l’initiative. Sur le fond, le Parti socialiste a toujours soutenu le principe d’un salaire minimum. Mais nous aurions préféré une solution rapide et efficace pour le mettre en place.


En clair, dans un premier temps, on ne soutiendra pas cette initiative avec laquelle on est d’accord sur le fond, parce que la voie – de l’initiative populaire – choisie est trop lente. Mais bien entendu, on montera dans le train à la veille de la votation populaire quand vous aurez fait le gros du travail, c'est-à-dire récolter les signatures. Je prends bonne note et je m’interroge …

Dans ce cas, pourquoi le parti socialiste a-t-il choisi le 9 décembre 2003 d’introduire un salaire minimum pour les employés de la Ville de Lausanne ? Et surtout, pourquoi a-t-il choisi de fixer le montant de ce SMIG au niveau du plus bas de la plus basse des classes de salaires créées pour cause de rigueur budgétaire ?

Certainement parce que c’était une solution rapide et efficace … pour donner l’impression que l’on s’intéresse au sort des employés de la Ville victimes de l’austérité financière de la majorité rose-verte de la Municipalité lausannoise.

P.S. 1) Un membre d'un parti de droite rencontré après rédaction de ce billet m'a avoué que notre initiative avait deux avantages : relancer la croissance (!) et inciter les personnes les moins bien payées à travailler. Il serait donc assez tenté de la signer, mais en cachette !
2) SMIC = Salaire minimum interprofessionnel de croissance
SMIG = Salaire minimum interprofessionnel garanti
J'aime mieux le deuxième.