04.01.2010
Vers une nouvelle bataille urbanistique ?
Les clients du restaurant « Le Byblos » et toutes les personnes qui fréquentent le haut de la rue Centrale ont pu constater l’apparition de gabarits juste avant les fêtes de fin d’année.
Comme il se doit, ces gabarits préfigurent les angles et la volumétrie d’une future construction. Une bâtisse qui semble s’inscrire dans la suite logique de l’aménagement de la rue Centrale et du quartier du Rôtillon, mais dont il n’a jamais vraiment été question à l’époque du référendum (2002).
07:22 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : construction, rôtillon, rue centrale
30.09.2009
Sauvons Looping !
Dans un peu moins d’un mois, l’exposition consacrée à l’art des jardins en ville Lausanne Jardins 2009 fermera ses portes, si l’on peut dire.
Pour la plupart des 34 réalisations, la date fatidique du 24 octobre marquera le début de la fin de leur existence. Parmi elles seules quelques réalisations devraient être pérennisées. Actuellement, selon la presse, deux réalisations passeront l’hiver et dureront: le jardin potager de Praz-Séchaud et Hosepipe Garden de la station m2 du CHUV.
Parmi les autres réalisations qui mériteraient de durer un peu plus longtemps que ce que durent les roses, il y en a une qui a retenu l’attention des Amis de la Cité: Looping.
Looping est le jardin installé sous les arches du tunnel de la Barre, dans des niches qui accueillaient auparavant des espaces publicitaires ou une exposition de poubelles du service de l’assainissement. Le tout dans une ambiance lumineuse triste à mourir.
13:31 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amis de la cité, fossiles, lausanne jardins 2009, looping, scilla, tunnel, tunnel de la barre
26.05.2009
La Grande Pomme à pied
Empêcher un Etasunien de rouler avec sa voiture jusque dans les magasins est à peu près aussi inconscient que d’essayer d’apprendre à un poisson rouge à marcher.
Et pourtant, il y en a un, et pas des moindres, qui a réussi à contraindre les New-Yorkais à remiser leurs voitures au garage : Michael Bloomberg, le maire de New York.
Un politicien transfuge des Démocrates qui a rejoint les Républicains en 2002 et qui les a déjà quittés parce qu’il se fiche, semble-t-il, des partis. Un maire qui a une certaine conscience écologique et sociale puisqu’il s’oppose aux agrocarburants susceptibles d’affamer une partie de la planète et qu’il veut diminuer les émissions de CO2 dans la Grande Pomme de 30 % d’ici 2030 tout en y plantant 1 million d’arbres.
Rien que ça !
19:32 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bloomberg, broadway, circulation, new york, piéton, times square, voiture
25.02.2009
Clause du besoin
Hier soir au Conseil communal, à la question de savoir pourquoi le bâtiment de la gare routière des bus de la place du Tunnel faisait actuellement l’objet d'une mise à l’enquête pour sa démolition, le Municipal des Travaux Olivier Français a répondu que sa destruction se justifiait car il est en réflexion sur les toilettes publiques. Des WC qui semblent visiblement poser des problèmes à l’élu radical. De là à dire que le Municipal trône sur ses incertitudes, il n’y a qu’un pet pas.
En voilà une raison qu’elle est bonne ! C’est un peu comme si le propriétaire de votre maison la faisait démolir sous prétexte que vos lieux d’aisance sont bouchés. C’est ce qu’on appelle de l’urbanisme à la masse. Ou de l’urbanisme à coup de masse si vous préférez.
Alors que la place du Tunnel fait l’objet d’une réflexion – du moins on l’espère – sur son réaménagement suite au départ de l’interface des bus pour la Sallaz lui-même consécutif à l’introduction du Réseau 08 des tl, il est pour le moins curieux de commencer par détruire cet objet architectural qui a toute sa valeur et qui pourrait faire l’objet d’une réaffectation et d’une rénovation.
Cet abri, qui renfermait autrefois une salle d’attente et un guichet des tl, a été construit vers 1950 et constitue un exemplaire intéressant de ce genre de construction de l’immédiat après-guerre. Malgré l’intérêt que l’on peut lui porter, il n’est malheureusement pas recensé à l’inventaire cantonal. Mais ça pourrait changer, qui sait ?
Par contre, ce que le Municipal a oublié de dire, c’est que l’espace dégagé par la démolition de l’édicule pourrait accueillir des véhicules de la société Hertz qui se trouve juste à côté et semble se trouver à l’étroit.
Pour le Municipal fouisseur, la vie est simple : remplacer des chiottes par des chiottes ne pose visiblement aucun problème.
18:46 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : abri, bus, démolition, gare routière, olivier français, tunnel, wc
23.01.2009
Contorsions municipales
Sur le plan de l’urbanisme, la Municipalité de Lausanne n’en finit plus de patauger dans une mare de contradictions. Jugez plutôt.
Alors qu’elle affirmait urbi et orbi que le projet «Métamorphose» comportait des points non négociables, dont le déménagement du Stade de la Pontaise vers les bords du lac, on vient d’apprendre cette semaine que l’exécutif veut construire un stade d’athlétisme à la Tuilière. On peut se féliciter de cette marque tardive d’ouverture, mais on peut aussi douter que les choix initiaux découlaient d’une analyse très pertinente de la situation. A moins que ce soudain revirement ne soit qu’une pirouette politique face à l’initiative populaire aboutie qui demande le maintien d’infrastructures sportives dans le nord de la ville.
08:48 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : circulation, city-management, lausanne, métamorphose, municipalité, parking, urbanisme
08.11.2008
Les gadgets qui font vendre
Quand j’étais petit, que j’étais chez ma grand-maman et qu’elle m’emmenait faire des courses, nous allions à la boucherie du pont du Galicien pour y acheter des «Joujoux chips». Si si ça existait déjà dans les années soixante.
Puis vint l’époque des «Sanagol», ces bonbons carrés que ma maman vendait dans son kiosque et qui étaient accompagnés de petites images des footballeurs des équipes suisses de l’époque.
Se succédèrent ensuite, dans le désordre, Pif et son gadget, les «Kinder surprise» et j’en passe.
Selon le Pupaza din tei, un journal roumain écrit par des enfants, on trouverait même des chewing-gums emballés dans des papiers comportant des dessins d’écolières nues …
La raison de la présence de ces petits cadeaux, qui n’ont pas grand-chose à voir avec le produit qu’ils accompagnent, est simple : faire acheter en appâtant le consommateur.
Il arrive même parfois que le gadget d’appel supplante le produit du point de vue commercial. C’est ainsi, par exemple, que les bonbons «Sanagol» ont disparu depuis longtemps, malgré leurs vignettes de footballeurs gratuites, alors que l’éditeur des vignettes payantes Panini en fait un commerce florissant depuis de nombreuses années.
De nos jours, les petits cadeaux et les gadgets accompagnent tout et n’importe quoi, notamment les journaux qui s’accompagnent de CD, de DVD, de livres et parfois même de casseroles ! Le succès de ces «plus produits», comme les mercaticiens les appellent, est parfois tel que c’est le gadget ou le joujou qui détermine le succès d’un produit auquel il est associé.
C’est sans doute une optique similaire qui a conduit les promoteurs du futur projet de Musée des beaux-arts à Bellerive à présenter jeudi à la presse le projet de soucoupe flottante devant relier le port d’Ouchy à Bellerive : quand un produit est mauvais, il suffit de l’accompagner d’un excellent et séduisant «plus produit» pour vendre le tout.
Pour ma part, comme quand j’étais petit, je continuerai à préférer le joujou aux chips qui l’accompagnent comme je continuerai à préférer la soucoupe flottante au bunker de Bellerive. Mais comme j'ai grandi, j'éviterai d'acheter le second pour avoir le premier.
- Crédit image : © 24 heures.
13:23 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bellerive, gadget, lac, musée des beaux-arts, plus produit, soucoupe
28.06.2008
Le nMBA est gros comme …
C’est avec une certaine violence que les partisans du nouveau Musée cantonal des beaux-arts au bord du lac ont accueilli le visuel que l’on retrouve sur les feuilles de signatures du référendum : représentation mensongère, exagération, malhonnêteté intellectuelle, j’en passe et des meilleures. Et pourtant, nous n’avons fait que recouvrir virtuellement les gabarits qui ont été réellement posés sur le site.
Mais soit, prenons note et faisons mieux. Nous avons donc essayé de trouver, à Lausanne, un bâtiment existant ayant des dimensions similaires – je dis bien similaires – à celles du projet de nMBA à Bellerive.
Et nous avons trouvé … le bâtiment de la Poste à l’avenue de la Gare.
Si vous ne l’avez pas bien dans l’œil et que la photo ci-contre ne suffit pas à vous rafraîchir la rétine, allez le voir de près et vous comprendrez vite qu’il est urgent de signer le référendum.
Pour les amateurs de chiffres, voici quelques précisions.
Projet de musée à Bellerive-Lausanne
Diagonale perpendiculaire à la rive du lac : 95 m
Diagonale parallèle à la rive : 52 m
Façade face au lac : 22 m
Longueur des 5 autres façades : 62 m / 43 m / 27 m / 21 m / 59 m
Longueur totale bâtiment + socle : 138 m
Débordement sur le lac : 12 m
Hauteur du socle : 6.5 m
Hauteur en-dessus du socle : 24 m
Hauteur depuis terrain naturel actuel: 30.5 m
Hauteur totale depuis la surface moyenne lac : 31.7 m
Poste de la Gare de Lausanne, avenue d’Ouchy 4-6 (à titre de comparaison)
Plus grande diagonale : 98 m
Longueur façade : 96.8 m
Façade face aux voies CFF : 15.5 m
Hauteur du socle depuis le 2e sous-sol : 6.5 m
Hauteur depuis la terrasse -> corniche attique : 24.1 m
Hauteur totale depuis le 2e sous-sol : 30.6 m
Hauteur depuis les rails CFF : 31.8 m
08:56 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : beaux-arts, bellerive, nmba, ouchy, poste
14.02.2008
Débat : pour ou contre le Musée cantonal des beaux-arts à Bellerive ?
Histoire d'essayer de voir clair dans la problématique de l'implantation du Musée cantonal des beaux-arts, À Gauche toute! organise un débat contradictoire.
Ce débat opposera la vision de Michel Thévoz, ancien directeur du Musée de l'art brut, et Bernard Fibicher, actuel directeur du Musée des beaux-arts et aura lieu le mercredi 20 février à 20h15 à la Maison du peuple, place Chauderon 5, salle Jean Villard Gilles.
P.S. Pour l'orthographe du nom de Jean Villard Gilles, voir le commentaire de Sylvie Freymond à ce billet de Lyonel Kaufmann.
14:55 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
29.11.2007
La Maison de paille tient bon !
Le texte ci-dessous émane du comité de soutien à la maison de paille. Comité dont dont je fais partie. Il m'a paru meilleur que tout ce que j'aurais pu écrire. Je le livre donc sans y toucher une virgule.
Je profite aussi de ce billet pour rappeler la Manifestation de soutien à la maison de paille qui aura lieu samedi 1er décembre à 14 heures à la Place de la Palud et pour vous mettre un petit lien sur un extrait de l'émission Forums de vendredi dernier, émission lors de laquelle j'ai eu l'occasion de confronter ma vision de la maison de paille avec celle de Philippe Barraud pendant 6 minutes et 14 secondes.
Extrait de Forums du 23 novembre 2007
Le plus grand accomplissement de la maison de paille, c’est son existence en actes.Par son emplacement dans un quartier sinistré par la construction de bâtiments hideux, elle rappelle à tous ceux qui voudraient nous le faire oublier, que Lausanne, comme Bruxelles, est un cas d’école en matière de catastrophe urbanistique.
La maison de paille est une accusation envers l’affairisme des promoteurs, la démagogie des responsables politiques et la cupidité des architectes.
Par son fonctionnement au jour le jour, elle a redonné vie à une partie abandonnée de la ville, permis des rencontres, inspiré des projets d’autoconstruction.
La maison de paille est une démonstration qu’une ville peut être autre chose qu’un lieu de consommation et de transit des hommes et des marchandises.
Parce que c’est une maison qui ne pollue pas, dont la technique de construction est conviviale, elle est un espoir pour ceux qui cherchent à imaginer un antidote à la crise écologique et sociale que connaît l’humanité, dont l’urbanisme n’est pas le moindre des aspects.
Depuis des décennies, à coups de grands ensembles, de villes nouvelles, de plans de rénovation de quartier, de rues piétonnes, on nous a vendu le bonheur préfabriqué.
Aujourd’hui, nous constatons les résultats : une extension infinie de la banlieue, des centres-villes nettoyés des classes populaires, livrés en pâture aux enseignes des multinationales.
Nous ne croyons pas aux boniments des planificateurs. L’avenir ne naîtra pas d’une é-nième mégalomanie d’experts ou de bureaucrates, « métamorphose ou autre », mais d’initiatives simples, inventives, décentralisées.
Pour ces raisons, il faut que la maison de paille vive. Et puis, tout simplement, par ce qu’en matière d’architecture, elle est ce qui est arrivé de mieux à Lausanne depuis belle lurette.
Ensemble construisons 10, 100, 1000 maisons de paille ! Le comité de soutien de la maison de paille
- Le comité de soutien de la maison de paille se réunit tous les 10 jours environ.
Pour tout renseignement, ou pour rejoindre le comité : Comité de soutien de la maison de paille c/o Alkémia, place du Vallon 18, 1005 Lausanne.
07:30 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
28.10.2007
Construction extraordinaire et constructions extraordinaires
Vendredi dernier, Daniel Brélaz, le syndic de Lausanne adoptait une position ferme par rapport à la maison de paille de Lausanne. Cette raideur était traduite en ces termes par Marco Danesi du quotidien Le Temps : «Le droit l'emporte sur la tolérance et l'anarchie.» et par la décision municipale de recourir, au besoin, à la force pour évacuer les habitants de la maison de paille.
Dans la même édition de ce journal, on apprenait par une dépêche reprise de l’ATS que «Bâtir hors des zones à bâtir [est] une habitude suisse». Selon l’Office fédéral du développement territorial (ARE), il y aurait ainsi en Suisse 150'000 bâtiments à usage d’habitation construits hors zone à bâtir et il s’en construit chaque année 740 nouveaux. Au total, c’est presque 30% des constructions qui sont implantées hors des zones à bâtir.
Bien entendu, la majorité de ces exceptions trouve une justification légale. Il ne reste donc plus à la municipalité de Lausanne qu’à chercher et trouver de bonnes raisons pour légaliser, au moins provisoirement, la construction écologique. Un peu d’imagination et de bonne volonté, c’est quand même plus élégant, et c'est un euphémisme, qu’une évacuation policière.
13:39 Publié dans Urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

